La cassette déjà usée de Charles Milliard

Le parti politique le plus prévisible du Québec, celui qui semble ne jamais apprendre de ses erreurs, vient donc de se donner un nouveau chef, qui nous sert aussitôt du réchauffé.
Charles Milliard semble intelligent et sûr de lui. Sa diction me plaît. Il s’exprime clairement.
Le voici aux commandes d’une redoutable machine électorale, qui bénéficie du vote en bloc de quiconque ne s’identifie pas au Québec francophone.
Lors de sa consécration dimanche dernier, au moins, il n’y avait que des fleurdelysés.
Ce changement de décor referme la parenthèse où, avec Pablo Rodriguez, le Parti libéral du Canada semblait « coloniser » feu le parti de Jean Lesage…
Gifles inévitables
Ottawa répond à toutes les demandes du Québec par des gifles depuis longtemps.
M. Milliard aura beau se donner des airs farauds, les gifles ne continueront pas moins de pleuvoir.
Ces gifles proviendront d’Ottawa.
Elles proviendront aussi de la part non négligeable de son électorat que toute politique nationale irrite.
Avec une base électorale souvent hostile aux lois linguistiques, comment pourra-t-il arrêter l’anglicisation du grand Montréal ?
Mark Carney sera d’autant plus sourd à d’éventuelles demandes du petit Québec que les braves gens du pays continuent de l’appuyer.
Peur
Au Parti libéral du Québec, on n’osera jamais froisser la nation des conquérants.
L’époque des vrais fédéralistes nationalistes à la manière de Benoît Pelletier est révolue.
La peur de l’indépendance du Québec est l’unique tremplin possible pour Charles Milliard.
Son parti a pour mission de nous garder endormis pendant notre déclin jusqu’à ce qu’il soit trop tard, à présumer que ce n’est pas déjà le cas. Après tout, un pharmacien comme lui connaît sûrement ça, les somnifères !




