Les tensions entre Trump et les sénateurs républicains s’intensifient

(Washington) Les relations entre le président Donald Trump et les républicains du Sénat ont frôlé le point de rupture cette semaine, alors qu’il a contrecarré leurs efforts visant à confirmer rapidement l’un de ses propres candidats et a déclaré qu’il ne signerait pas le renouvellement d’une loi clé sur la surveillance à moins qu’ils n’acceptent de nouvelles conditions.
Dans un message publié sur les réseaux sociaux dans la nuit de mercredi, Donald Trump a annoncé qu’il reportait la nomination de Jay Clayton au poste de directeur du renseignement national, quelques heures seulement avant l’audition de confirmation du procureur fédéral, ce qui a encore tendu les relations entre le Sénat et la Maison-Blanche, déjà en détérioration depuis plusieurs semaines.
Plus tard dans la journée, certains sénateurs républicains, qui avaient jusqu’alors hésité à s’opposer directement au président sur la question de la guerre en Iran, ont critiqué sans détour l’accord qu’il a conclu pour y mettre fin.
« C’est la pire erreur de politique étrangère depuis des décennies », a déclaré le sénateur Bill Cassidy, républicain de Louisiane, dans un message publié sur X.
Ces tensions manifestes marquent un revirement presque total par rapport à la situation d’il y a un an, lorsque les républicains du Sénat avaient collaboré étroitement avec Donald Trump dans le cadre d’un effort complexe visant à faire adopter son vaste programme de dépenses et de réductions d’impôts.
À l’époque, les critiques à l’égard du président étaient pratiquement inexistantes parmi les républicains du Capitole, et ceux-ci comptaient mettre en avant l’adoption de ce projet de loi lors des élections de mi-mandat.
Mais alors que les élections de novembre approchent et que les républicains tentent de défendre leur majorité, Donald Trump ne cesse au contraire de taquiner le Congrès avec ses exigences et ses revirements, poussant plusieurs sénateurs républicains à dénigrer publiquement ses actions pour la première fois.
« Je pense que personne n’explique au président toute la complexité de ce qu’il a fait ici, a indiqué mercredi le sénateur Thom Tillis, républicain de Caroline du Nord, après le report de la confirmation de Clayton. Je veux dire, bon sang. »
PHOTO J. SCOTT APPLEWHITE, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS
Le sénateur Thom Tillis, républicain de Caroline du Nord
Le lent effritement de ce qui semblait autrefois être une alliance à toute épreuve entre les pouvoirs exécutif et législatif dans un Washington dominé par les républicains s’étend à leurs priorités politiques.
Donald Trump semble avoir perdu tout intérêt pour la majeure partie du programme du Parti républicain et se concentre désormais presque exclusivement sur son projet de loi visant à exiger une preuve de citoyenneté pour voter, qui n’a pratiquement aucune chance d’être adopté.
Parallèlement, il a demandé aux membres du Congrès de financer certaines parties de son projet de salle de bal à la Maison-Blanche, d’accepter un directeur du renseignement par intérim qu’aucun d’entre eux n’apprécie et de céder leurs pouvoirs concernant la guerre contre l’Iran.
Des travaux du Sénat mis sur pause
Ce fossé grandissant a paralysé une grande partie des travaux du Sénat et mis sur la défensive les républicains qui se présentent à leur réélection cette année. Il a également mis sous pression le chef de la majorité au Sénat, John Thune, qui s’est montré franc avec Donald Trump quant à ce qu’il peut et ne peut pas faire au Sénat.
Donald Trump fait pression sur M. Thune au sujet d’un projet de loi sur le vote
Donald Trump a exercé une pression incessante sur John Thune pour qu’il supprime l’obstruction parlementaire et fasse adopter la législation stricte sur la preuve de citoyenneté, appelée « SAVE America Act ».
M. Thune, sénateur républicain du Dakota du Sud, a indiqué à Donald Trump, tant en public qu’en privé, qu’il n’y avait pas suffisamment de voix pour faire avancer l’une ou l’autre de ces mesures. Malgré tout, Donald Trump a continué à faire pression.
Dans un message publié jeudi sur les réseaux sociaux, Donald Trump a assuré qu’il serait « le dernier président républicain » si le projet de loi sur le vote n’était pas adopté.
« Le chef de la majorité au Sénat, John Thune, et le Sénat républicain ne doivent pas laisser ce “massacre” se produire, a dit Donald Trump. Ils passeront à la postérité du mauvais côté de l’Histoire, tout comme tous les républicains qui se sont contentés de rester les bras croisés. »




