Plus rien de sacré à CBC/Radio-Canada

Il n’y a plus rien de sacré à CBC/Radio-Canada: ni la mort de la reine, ni celle du pape, ni la tragédie de Tumbler Ridge et surtout pas les Olympiques.
Jadis diffusés avec dignité, réserve et solennité, ces moments historiques sont maintenant une simple occasion d’entrée de fonds. Le diffuseur public est insatiable. Ce qui était autrefois moment de recueillement ou de réjouissances n’est plus que prétexte à vendre de la publicité.
Je sais très bien que la diffusion de pareils événements coûte un bras. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’État fédéral se déleste d’un milliard et demi de nos impôts chaque année en faveur du diffuseur public. Sans parler des généreux ajouts annuels dont Ottawa a pris l’habitude depuis l’élection de Justin Trudeau en 2015.
Comme des millions de Canadiens, je suis les Jeux olympiques à la télévision. Nous étions 16 millions, semble-t-il, à regarder la cérémonie d’ouverture. Serge Denoncourt et Guillaume Dumas n’ont pas été des narrateurs transcendants, mais ils ont fait mieux que Céline Galipeau et Martin Labrosse aux Jeux d’été de Paris.
Une orgie de pubs
Selon les statistiques de CBC/Radio-Canada, il y a eu moins d’interruptions publicitaires pour cette cérémonie que pour celle de Paris. Le problème, c’est qu’on a «paqueté» de messages la première heure de diffusion (environ 15 minutes). Ce quart d’heure a suffi à gâcher le magnifique spectacle conçu par le champion des cérémonies d’ouverture, l’Italien Marco Balich. C’était son 16e concept de cérémonie olympique!
Radio-Canada a poussé à la limite du tolérable le principe de l’écran partagé, la cérémonie occupant la moitié de l’écran et la publicité l’autre moitié. Le problème avec cette technique, c’est que même avec un grand écran (le mien fait 72 pouces), la cérémonie est tellement réduite qu’elle n’a plus beaucoup d’intérêt.
Cette orgie de publicités ne fut qu’un avant-goût de la suite. Non seulement il faut accomplir des prouesses pour naviguer entre Radio-Canada, RDS et les diverses plateformes où sont présentées les compétitions, mais celles-là sont tellement entrecoupées de messages publicitaires que de guerre lasse, on finit par fermer la télévision pour passer à autre chose.
Trop de produits à la minute
S’il faut en croire le diffuseur public, il y aurait environ deux minutes de pub de moins pour ces Jeux que pour ceux de Paris. Ce que CBC/Radio-Canada oublie – comme tous les autres diffuseurs –, c’est que les messages publicitaires durent maintenant 10, 15 ou 20 secondes plutôt que 30 secondes ou une minute comme autrefois.
Au lieu de présenter un ou deux produits à la minute, la publicité en présente donc cinq ou six, ce qui devient vite exaspérant, d’autant plus que les messages étant de plus en plus coûteux à produire, les agences de pub n’en produisent que deux ou trois qu’elles répètent à l’infini. Parfois même d’une saison à l’autre.
Qu’est-ce qu’on attend pour réagir? Que les téléspectateurs apprennent à éviter les pubs en enregistrant l’émission ou qu’ils la regardent par le biais d’un VPN sur des chaînes publiques étrangères qui la présentent sans publicité?




