Épreuves de qualifications olympiques en 2028 | Une très grosse prise pour le sport montréalais

Montréal, ville de sports ?
Publié à
10 h 15
Mis à jour à
10 h 44
Le Comité international olympique (CIO) en est convaincu. Tellement qu’il vient d’accorder à la ville l’organisation d’une grande compétition internationale en 2028 : l’Olympic Q-series.
C’est quoi ?
C’est le petit nouveau dans le calendrier olympique. Présenté pour la première fois en 2024, c’est un regroupement d’épreuves de qualifications pour plusieurs sports, sur un même site, quelques semaines avant les Jeux olympiques. Montréal, Tokyo, Shanghai et Orlando seront les villes hôtes au printemps 2028, dernière étape avant les JO de Los Angeles.
Montréal recevra l’élite mondiale de quatre sports parmi le volleyball de plage, le flag football, le basketball à 3 contre 3, la planche à roulettes, l’escalade et le BMX. Les compétitions seront présentées sur l’esplanade du Stade olympique, et possiblement au stade Saputo.
Pour Tourisme Montréal, qui a piloté le dossier de candidature, c’est un coup de circuit. L’organisme attend près de 500 athlètes de haut niveau, 1500 accompagnateurs, et jusqu’à 75 000 spectateurs. Les retombées dépasseront toutefois les ventes de billets et de milliers de nuitées d’hôtels.
L’Olympic Q-series améliorera grandement le positionnement de Montréal au sein du mouvement olympique, au moment où le Comité olympique canadien nourrit de grandes ambitions pour le retour des Jeux au pays.
« Il y a un beau rapprochement qui se fait avec le CIO. Cinquante ans après les Jeux de Montréal, nous en sommes très contents », m’a indiqué la vice-présidente, ventes et services aux congrès chez Tourisme Montréal, Mylène Gagnon. « S’il peut y avoir une récurrence, on sera aussi preneurs. On veut faire ce mariage-là avec [le CIO]. On a une très, très belle relation. »
De la musique aux oreilles des patrons du Comité olympique canadien. Souvenez-vous qu’aux Jeux de Milan, en février dernier, ils avaient confié travailler sur une demi-douzaine de scénarios pour assurer le retour des Jeux au Canada. Montréal se trouvait au cœur de deux hypothèses : des Jeux d’été conjoints avec Toronto, et des Jeux d’hiver avec la ville de Québec. Dans les deux cas, on miserait sur le vaste parc d’installations déjà existantes. L’horizon reste lointain : d’ici 2050.
Dans les discussions de corridor, les membres du COC privilégiaient l’étapisme. Donc accueillir plusieurs compétitions multisports, avant de déposer un dossier de candidature. L’Olympic Q-series faisait partie des rendez-vous ciblés par le COC.
Tourisme Montréal et le COC ont travaillé étroitement sur le projet. Les deux dirigeants des deux organismes s’étaient rendus à Budapest, en 2024, pour assister aux premières Olympic Q-Series. Ce qu’ils ont vu les a enthousiasmés. Dès leur retour, ils ont planché sur un dossier de candidature. « On n’a pas seulement levé la main. On a levé les deux bras ! », raconte Mylène Gagnon.
Qu’est-ce qui a convaincu le CIO ? Le passé olympique de Montréal. Son savoir-faire dans l’accueil de grandes compétitions internationales. Ses installations, dont nous aimons nous plaindre, mais qui ont la cote à l’étranger. D’ailleurs, dans son analyse technique de la candidature de Montréal pour la Coupe du monde de soccer, la FIFA lui avait attribué des notes supérieures à la moyenne pour la qualité des transports et du Stade olympique – avant les rénovations.
L’offre culturelle et la gastronomie ont aussi été mises de l’avant auprès du CIO.
Et combien ça coûtera, tout ça ?
Le mois dernier, la Ville de Montréal estimait le projet à près de 28 millions. Le budget n’est pas encore définitif, m’assure-t-on. Les trois ordres de gouvernement participeront au montage financier. Le fédéral a d’ailleurs annoncé la semaine dernière qu’il débloquait une enveloppe de 50 millions sur cinq ans pour faciliter l’accueil de grandes compétitions internationales.
L’Olympic Q-series viendra embellir le portfolio sportif déjà bien rempli de Montréal. Des championnats du monde de cyclisme à ceux de patinage de vitesse en passant par le tennis, la F1, le volleyball de plage, le marathon, le plongeon, le Canadien, les Alouettes, le CF Montréal et tous les autres clubs professionnels qui ont poussé depuis la pandémie, il y en a maintenant pour tous les goûts.
Montréal, ville de sports ?
Qui en doute encore ?
Elles ont dit
Nous avons hâte de voir l’esprit olympique prendre vie dans une ville qui possède déjà un énorme héritage olympique et de réunir des athlètes et des partisans de classe mondiale à l’occasion d’un moment marquant sur la route vers les Jeux olympiques de 2028 à Los Angeles.
Kirsty Coventry, présidente du Comité international olympique
Quelle belle nouvelle ! Que Montréal soit choisi dans la même catégorie qu’Orlando, Tokyo et Shanghai est une preuve inestimable que notre ville est une grande métropole sportive.
Soraya Martinez Ferrada, mairesse de Montréal
Les grands évènements sportifs comme celui-ci représentent des moteurs de développement pour notre industrie touristique. La confiance du CIO envers notre destination démontre que l’expertise du Québec pour l’organisation de tels rassemblements est reconnue.
Amélie Dionne, ministre québécoise du Tourisme




