L’âme idéale | Magalie Lépine-Blondeau brille dans une comédie romantique française

Scénario inattendu s’il en est, la réalisatrice française Alice Vial nous arrive ces jours-ci avec une comédie romantique un brin surnaturelle, L’âme idéale, avec Magalie Lépine-Blondeau dans le rôle-titre. Entretien avec la principale intéressée, convaincante et convaincue par cette proposition fantaisiste.
Publié le
6 février
Disons-le d’emblée : le synopsis a de quoi faire sinon sourciller, du moins assurément nous surprendre. En résumé : Magalie Lépine-Blondeau incarne ici Elsa, médecin aux soins palliatifs dans un hôpital de Normandie. Elle a un don – ou une malédiction, au choix : elle voit et entend les morts. Son pouvoir a fait fuir plusieurs prétendants, à tel point qu’elle a fini par mettre une croix sur l’amour.
Tout bascule quand, après avoir été percutée en mobylette, son destin croise celui d’un certain Oscar (Jonathan Cohen). Leur rencontre est aussi magique, littéralement, qu’électrique, charnellement. On ne vous en dira pas plus, sauf que, sur papier, tout cela a l’air un brin ésotérique.
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Mais d’abord, réglons une question : comment diable l’actrice de Simple comme Sylvain se retrouve-t-elle au générique du premier long métrage d’une jeune réalisatrice française (César du meilleur court métrage en 2018, pour Les bigorneaux) ? Un film fort chaleureusement accueilli par la critique française, qui a salué le jeu de Magalie Lépine-Blondeau, qualifiée de « merveilleuse comédienne » (Technikart) au « formidable potentiel » (Libération).
« Le film de Monia Chokri a eu une belle trajectoire, qui s’est soldée par le César du meilleur film étranger en France », rappelle Magalie Lépine-Blondeau, rencontrée dans les lumineux bureaux du distributeur québécois, Immina films, la semaine dernière. « Cela nous a tous ouvert des portes. »
PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE
Jonathan Cohen, Magalie Lépine-Blondeau et la réalisatrice Alice Vial à la première nord-américaine en novembre dernier, à Cinemania
Quand elle a lu le scénario d’Alice Vial, Magalie Lépine-Blondeau a été à la fois « étonnée » et « charmée », poursuit-elle. « Je n’attendais pas Jonathan Cohen là du tout. Ça m’a plu qu’il explore ce territoire de la romance. » Le comédien, grand nom en France (La flamme, Le flambeau), s’est en effet plutôt fait remarquer pour son registre humoristique.
« Et j’ai aimé la proposition du film », enchaîne-t-elle.
PHOTO CHARLES WILLIAM PELLETIER, LA PRESSE
Magalie Lépine-Blondeau
Parce que sous le couvert de la comédie romantique, c’est un film qui parle de deuil, de réparation, de l’importance de partir dignement, et de vivre follement. C’est un film qui parle de la différence […] et de la solitude, évidemment. C’est la rencontre de deux solitudes.
Magalie Lépine-Blondeau
« C’est un film où la mort est omniprésente, mais qui parle essentiellement de la vie. »
Parlant de « différence », Magalie Lépine-Blondeau ne s’en cache pas : « Mon personnage, aux yeux des autres, valse avec la folie. […] Et c’est une des choses qui me touchaient dans le scénario. […] Elle a peur d’être perçue comme folle et pour se préserver […] elle se prive de toutes sortes de formes de liens intimes. »
PHOTO MARIE-CAMILLE ORLANDO, FOURNIE PAR IMMINA FILMS
Jonathan Cohen et Magalie Lépine-Blondeau dans une scène de L’âme idéale
N’empêche qu’elle parle bel et bien aux morts (avec un accent français parfait) et, de l’extérieur, cela frise effectivement une certaine folie. La ligne est d’ailleurs très mince entre la comédie et le fantastique, mais le scénario garde habilement le cap, « valsant » habilement entre les deux registres, pour reprendre son expression. Un pari audacieux, et Magalie Lépine-Blondeau le sait.
« Oh, il y avait beaucoup de pièges, confirme-t-elle en riant. Bien sûr qu’on les a vus ! […] Mais je préfère travailler sur quelque chose qui donne le vertige. On fait de l’art, on n’est pas là pour que ce soit confortable. […] Oui, le film flirte avec le fantastique, pourrait verser dans le pathos, il y a plein de passages où il pourrait verser dans le ridicule. Mais il ne le fait pas. »
Ou alors si ça l’est, c’est voulu, précise-t-elle, en allusion à cet étrange karaoké, où elle chante Sous le vent en duo avec Jonathan Cohen, telle Céline Dion et Garou. « Un petit clin d’œil à la maison ! »
PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE
Magalie Lépine-Blondeau et Jonathan Cohen
Un mot sur la chimie entre les deux comédiens, qui crève ici l’écran. Ça aussi, Magalie Lépine-Blondeau le sait. « C’est une des plus grandes rencontres de ma carrière, vraiment, insiste-t-elle. Jouer à ses côtés est un privilège, c’est tellement facile et fluide. Et cela facilite beaucoup le travail de ne pas avoir à créer cette complicité qui existe d’emblée ! Jonathan, c’est un sacré cerveau, un génie de la comédie, on s’est mutuellement élevés ! »
« J’espère toucher les gens, conclut-elle. Et j’espère que les gens auront encore cette envie de se rassembler pour vibrer au même diapason de quelque chose. Parce que je pense que c’est un film lumineux ! » Et qui n’a pas besoin de lumière ces jours-ci ? « Moi, j’ai plutôt envie et besoin de ça ! »
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