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Que devient Janny Sikazwe, l’arbitre controversé du rocambolesque Mali – Tunisie de la CAN-2022

Au coup d’envoi, samedi 3 janvier, du huitième de finale de la CAN 2025 entre le Mali et la Tunisie, les supporters des deux équipes auront certainement à l’esprit les images folles d’une précédente confrontation de ces sélections en Coupe d’Afrique des nations.

Il y a trois ans, lors de l’édition organisée au Cameroun, le match était rentré dans l’histoire de la compétition par les actions non pas des joueurs, mais par celles de l’arbitre zambien Janny Sikazwe. Alors que le Mali menait 1 à 0 lors du premier match du groupe F de la CAN 2022 face à la Tunisie, la fin de la rencontre s’était transformée en comédie.

Sans raison, Janny Sikazwe avait arrêté une première fois le match à la 85e minute. Après avoir visiblement transformé ce coup de sifflet trop précoce en pause fraîcheur, il avait ensuite fait reprendre le match, avant de le stopper pour de bon à quelques secondes de la fin de la 90e minute, avant même le début du temps additionnel.

Cette décision avait provoqué l’indignation dans le camp tunisien qui espérait pouvoir égaliser dans ces précieuses dernières minutes. La délégation des Aigles de Carthage s’était précipitée sur le terrain pour demander des explications. Le quatuor arbitral avait dû sortir sous escorte. Des images qui ont fait le tour du monde.

Le sélectionneur tunisien Mondher Kebaier, au centre, fait un geste vers l’arbitre zambien Janny Sikazwe, affirmant qu’il a mis fin au match prématurément lors de la rencontre de football du groupe F de la Coupe d’Afrique des nations 2022 entre la Tunisie et le Mali au stade Omnisport de Limbé, au Cameroun, le mercredi 12 janvier 2022. AP – Sunday Alamba

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“J’aurais pu rentrer dans un cercueil”

Quelques semaines plus tard, interrogé par le journal l’Équipe, l’arbitre zambien avait fourni quelques explications. Il s’était alors justifié affirmant qu’il avait été victime “d’un coup de chaud”. “Quand je suis arrivé à Limbé (Cameroun), il faisait très chaud, avec un taux d’humidité terrible, de plus de 80 %. Dès mon échauffement, c’était dur”, avait-il raconté. “J’avais beau prendre de l’eau, j’avais l’impression d’avoir toujours aussi soif. Et ça s’est détérioré au fil des minutes”.

Au retour des vestiaires, Janny Sikazwe s’est retrouvé, selon lui, dans un état de confusion : “Je n’entendais plus mes assistants qui m’ont dit qu’ils essayaient de me joindre, de m’aider car ils voyaient que quelque chose n’allait pas. Je n’ai même pas eu l’impression qu’ils me parlaient. Je n’en ai aucun souvenir. J’étais dans mon monde, coupé de mes assistants”.

“À 5 minutes près, je pouvais tomber dans le coma, m’ont-ils dit à l’hôpital. J’aurais pu rentrer dans un cercueil. Car c’était très dangereux ce qui s’est produit”, avait-il également ajouté, assurant qu’il n’avait jamais rien vécu de tel dans sa carrière.

Janny Sikazwe, qui arbitrait alors sa cinquième CAN, était pourtant expérimenté. Il avait par le passé participé à la Coupe du monde 2018 et arbitré des finales de coupes africaines des clubs. Mais l’arbitre zambien n’en était pas à sa première polémique.

Lors de la CAN 2019, le sélectionneur du Sénégal Aliou Cissé avait dénoncé son arbitrage “catastrophique” lors de la défaite en phase de poules contre l’Algérie. Il lui avait reproché notamment un pénalty non sifflé. Il avait également été suspendu après un match de Ligue des champions d’Afrique où il officiait pour “suspicion de corruption”, selon le communiqué de la CAF à l’époque. Mais faute d’éléments probants, cette suspension avait été levée.

L’arbitre Janny Sikazwe montre un carton jaune au Belge Thomas Meunier lors du match de football du groupe F de la Coupe du monde entre la Belgique et le Canada, au stade Ahmad Bin Ali de Doha, au Qatar, le mercredi 23 novembre 2022. AP – Hassan Ammar

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Une participation au dernier mondial avant la retraite

Malgré le couac de la rencontre Tunisie-Mali, Janny Sikazwe avait ensuite officié lors de la dernière Coupe du monde organisée au Qatar en 2022 lors de la rencontre entre la Belgique et le Canada. Là encore, il avait été accusé d’avoir oublié de siffler deux pénalties pour les Canucks.

Un mois plus tard, en décembre 2022, il avait finalement annoncé sa retraite. “Je ne l’ai pas décidée il y a quelques jours. C’était déjà avant la Coupe du monde. Certaines personnes ont dit que je me retirais à cause de la pression, mais je ne vois pas de quelle pression ils parlent. J’approche des 45 ans. Le coup de sifflet du Mondial 2022 a donné le coup d’envoi de la préparation de celui de 2026. Il faut laisser la place aux jeunes”, avait-il confié lors d’une conférence de presse en Zambie.

Depuis cette rencontre rocambolesque en 2022, le Mali et la Tunisie se sont affrontés à trois reprises. La dernière confrontation a eu lieu lors de la CAN 2024, où les deux sélections s’étaient quittées sur un match nul en phase de poules (1-1).

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