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Victoire de Montréal | Bonheur et blasphèmes

(Québec) Il était 15 h, jeudi, quand Kati Tabin a reçu l’Appel. Avec un grand A.


Publié hier à
15 h 48

Quand elle a répondu à l’appel vidéo, tous les entraîneurs de l’équipe olympique canadienne sont apparus à l’écran. C’est Kori Cheverie, son entraîneuse-chef avec la Victoire, qui lui a annoncé la grande nouvelle : elle avait fait sa place dans l’alignement pour les Jeux olympiques de Milan-Cortina.

« Je pense que mes premiers mots ont été : Holy shit ! », a raconté la défenseuse, samedi midi, après l’entraînement de la Victoire au Centre Vidéotron de Québec.

« Désolée de blasphémer ! a-t-elle ajouté. J’étais évidemment vraiment excitée, juste super heureuse. »

Pardon accordé, bien sûr. Qui n’aurait pas réagi ainsi en apprenant, à 28 ans, avoir percé l’alignement de son équipe nationale pour la première fois de sa vie ? L’équipe nationale olympique, qui plus est.

Tabin a immédiatement appelé sa famille, sans qui elle « ne serait pas là ». Puis elle a reçu des coups de fil de ses coéquipières, toutes plus heureuses pour elle les unes que les autres.

« Je pense que j’étais en train de parler avec Renata Fast. Nous étions en plein appel FaceTime, et je lui ai dit : “Désolée, t’es de l’histoire ancienne, je dois appeler Kati” », a raconté Erin Ambrose. « Je suis aux anges pour elle. C’est assez surréel. »

PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, ARCHIVES LA PRESSE

Erin Ambrose

Ambrose, qui en sera à ses deuxièmes Jeux olympiques, s’est souvenue du repêchage de Tabin avec la Victoire, en septembre 2023. Un choix de cinquième tour, 30e au total.

« Je me suis tournée vers Pou [Marie-Philip Poulin] et Stace [Laura Stacey] en disant : “Holy fuck, nous en avons une très bonne !” », a-t-elle relaté avec un sourire de fierté.

Elle n’avait pas tort. Deux saisons et demie plus tard, Tabin est un des piliers de la Victoire à la ligne bleue. Et une membre de l’équipe canadienne.

Une progression en accéléré

La progression de Tabin, ces dernières années, est notable. Samedi, l’entraîneuse-chef Kori Cheverie et toutes les joueuses qui se sont succédé devant les journalistes n’ont cessé de l’encenser.

Cheverie a souligné son maniement de la rondelle, sa robustesse, le timing de ses mises en échec, ajoutant que « sa vitesse la sépare des autres joueuses » du circuit Walter. « J’ai vu plus d’améliorations chez Kati dans les quatre derniers mois que dans les trois dernières années », a ajouté la coach.

« Elle est rendue à un point où elle sait qu’elle a la capacité de changer un match à elle seule chaque soir, de dire Ambrose. Sa confiance a atteint le bon niveau, parce qu’elle est une des meilleures défenseuses au Canada, au monde. Quand Kati comprend ça, c’est là qu’elle joue son meilleur hockey. »

Vendredi, lors d’une disponibilité médiatique à la suite du dévoilement de l’équipe canadienne, Marie-Philip Poulin a affiché le plus large sourire lorsque La Presse l’a questionnée sur sa coéquipière.

PHOTO GRAHAM HUGHES, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Marie-Philip Poulin, Laura Stacey (7) et Kati Tabin (9) seront toutes trois de l’équipe canadienne aux Jeux olympiques de Milan-Cortina.

« On est super fières d’elles, a commenté la capitaine. On l’a vue évoluer ces trois dernières années. Elle a le désir de faire une différence année après année. »

De toute évidence, Tabin a bénéficié de l’arrivée de la Ligue professionnelle de hockey féminin (LPHF). C’est son travail avec la Victoire qui a attiré l’attention des dirigeants de Hockey Canada.

Ann-Renée Desbiens, qui en sera à ses troisièmes Jeux olympiques, a justement souligné l’occasion qu’offre la LPHF à certaines joueuses de « faire la preuve de leurs habiletés, de grandir et de compétitionner à un haut niveau ».

« Elle est un pilier pour nous à Montréal, a soutenu Cheverie. Elle joue beaucoup de minutes. Je ne pense pas qu’on serait là où nous sommes sans Kati. »

Au sommet

En septembre dernier, Kati Tabin avait confié au Toronto Star avoir arrêté le hockey lorsque sa carrière universitaire s’était terminée de façon prématurée en raison de la pandémie de COVID-19. Elle avait même trouvé un emploi dans le domaine du marketing, quand elle a finalement décidé de revenir au jeu pour tenter sa chance dans la défunte Premier Hockey Federation (PHF).

Avec le Six de Toronto, en 2021-2022, elle a inscrit 18 points en 22 rencontres. À l’arrivée de la LPHF, elle a été repêchée par Montréal. Trois ans plus tard, elle vient de réaliser son « rêve de toujours ».

« Avec le recul, c’est fou de repenser à quand j’ai lâché le hockey. Je pense que j’ai toujours eu ce feu à l’intérieur de moi, pour être honnête. J’ai toujours voulu être la meilleure version de moi-même, me pousser autant que possible. »

« Ultimement, je me suis rendue au sommet. »

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