Chine | Les exportations de graines de canola et de bœuf bientôt en route

(Ottawa) La Chine s’empresse d’importer du canola et du bœuf canadiens suite à l’accord conclu entre Ottawa et Pékin visant à réduire les droits de douane, a déclaré mardi le ministre fédéral de l’Agriculture, Heath MacDonald.
Publié à
16 h 12
M. MacDonald a indiqué aux journalistes à Ottawa qu’un importateur chinois avait commandé 60 000 tonnes métriques de semences de canola et qu’il était au courant qu’une entreprise expédierait sa première cargaison de bœuf canadien en Chine la semaine prochaine.
Il s’agirait des premières importations de semences de canola et de bœuf canadiens par la Chine depuis l’imposition de mesures de blocage sur ces produits.
PHOTO ADRIAN WYLD, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE
Le ministre fédéral de l’Agriculture, Heath MacDonald
« Tout ce processus s’est déroulé à une vitesse fulgurante, a souligné M. MacDonald. Dès que l’occasion s’est présentée, elle s’est présentée. »
M. MacDonald a fait ces déclarations en annonçant qu’Ottawa entamait une série de consultations en vue d’un nouvel accord qui financera le secteur agricole et offrira des programmes à partir de 2028.
Ces nouvelles concernant les expéditions prévues surviennent alors que le Canada réévalue ses relations commerciales avec la Chine.
Lundi, la Chine a levé son embargo sur les importations de bœuf canadien après la découverte d’un cas atypique d’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), aussi appelée maladie de la vache folle, dans une ferme de l’Alberta en 2021. L’ESB est une maladie cérébrale mortelle chez les bovins, et les souches atypiques ne présentent aucun risque pour la santé humaine.
La semaine dernière, Pékin a réduit les droits de douane sur les semences de canola canadiennes et a suspendu, au moins temporairement, les taxes sur le tourteau de canola, le homard, le crabe et les pois. En contrepartie, Ottawa a consenti des concessions sur les droits d’importation appliqués aux véhicules électriques chinois.
Selon M. MacDonald, la levée de l’embargo sur le bœuf par la Chine, conjuguée à la réduction ou à la suppression des droits de douane sur les produits agricoles, permet au Canada d’accéder à davantage de marchés et de stimuler sa croissance économique.
Les agriculteurs et les transformateurs alimentaires canadiens contribuent chaque année à hauteur de 150 milliards, soit 7 %, au PIB du pays, a-t-il ajouté.
L’Association canadienne des bovins s’est félicitée du rétablissement de l’accès au marché chinois.
« Nous sommes ravis de constater le retour de l’accès au marché chinois, l’un des plus importants marchés d’exportation pour le bœuf. Chaque marché est important pour les éleveurs de bœuf canadiens ; il contribue à la résilience et à la croissance de notre industrie », a déclaré Tyler Fulton, président de l’association, dans un communiqué.
M. MacDonald a indiqué qu’il reste du travail à faire concernant le porc canadien, qui continue de se heurter aux droits de douane chinois.
« Nous devons mieux cerner la situation avec la Chine […] afin de nous assurer que nous répondons à leurs exigences et qu’ils répondent aux nôtres », a-t-il affirmé.
Au sujet de l’expédition de semences de canola, M. MacDonald n’a pas précisé la date d’exportation, bien que les droits de douane sur cette culture doivent être réduits le 1er mars.
Les agriculteurs ont fait preuve de patience, a-t-il ajouté.
« Les consultations et le professionnalisme dont ils ont fait preuve à notre égard, en tant que représentants du gouvernement, ont été exemplaires », a expliqué M. MacDonald.
Le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, dont la province produit plus de la moitié du canola du pays, a remercié une fois de plus le premier ministre Mark Carney d’avoir conclu cette entente.
Mardi à Saskatoon, M. Moe a assuré aux journalistes que l’accord était « énorme » pour les économies de la Saskatchewan et du Canada.
« Cet accord avec la Chine est l’un des plus importants que j’aie vus depuis mon élection, a-t-il affirmé. Il est aussi important pour un éleveur que pour un producteur de canola. »
Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a critiqué l’accord, arguant qu’il menaçait davantage le secteur automobile de sa province, déjà fragilisé par les droits de douane imposés par le président américain Donald Trump. L’accord autorise l’importation au Canada de 49 000 véhicules électriques chinois à un taux tarifaire considérablement réduit de 6,1 %.
M. Moe a précisé que ce chiffre représente 3 % du marché canadien des véhicules électriques.
« Dire que cet accord favorise une province au détriment d’une autre est tout simplement faux, a expliqué M. Moe. Il s’agit d’une décision prise dans l’intérêt supérieur du Canada. »




