« Nos problèmes sont vos problèmes » : à Paris, les policiers tractent pour dénoncer leurs conditions de travail

Parfois pas besoin de longs discours pour convaincre. En une vidéo, les passants étaient sidérés. Les policiers parisiens venus tracter à la gare de Lyon (XIIe arrondissement) ce jeudi matin, afin de leur demander de participer à la mobilisation citoyenne prévue le 31 janvier par le syndicat Alliance n’avaient qu’à dégainer leurs téléphones portables pour montrer l’état de vétusté des commissariats et l’urgence de la situation. Ce matin-là, leurs collègues affectés au commissariat du XIIIe arrondissement se sont retrouvés avec 5 cm d’eau partout dans leurs locaux.
« C’est une fuite et ils ont dû tout évacuer, seuls, à la fin de leur service, déplore Fabien Bogais, responsable DOPC pour Alliance PN. Mais franchement ce n’est pas le pire. Dans d’autres endroits, il y a des cafards partout, y compris à la machine à café. À la police des transports, les toilettes sont constamment bouchées… »
Depuis une semaine et chaque jour jusqu’au 31, plusieurs policiers tracteront ainsi dans les rues de Paris pour dénoncer leurs conditions de travail. « Nos problèmes sont vos problèmes », indiquent-ils à ceux qu’ils croisent.
Aux plus curieux, les policiers indiquent la baisse des effectifs. « Il y a eu 200 policiers en moins depuis les Jeux olympiques dans les équipes dédiées à l’ordre public et la circulation », indiquent-ils. Aux transports, ce seraient près de 150 policiers de perdus depuis l’été 2024.
« Entre un viol et une femme qui a un problème et risque de mourir, on ne peut abandonner personne »
« Cela fait environ 40 patrouilles que l’on n’a plus, donc autant de gares qui ne sont plus sécurisées ou d’interventions qui ne peuvent pas être assurées, reprend Fabien Bogais. Et le problème c’est que l’on ne peut faire l’impasse sur rien. Entre un viol et une femme qui a un problème et risque de mourir, on ne peut abandonner personne. »
Mais le pire, estiment les policiers en dialogue avec les Parisiens, c’est « l’abandon des investigations ». Un citoyen s’étonne. « On n’a pas le temps, on est submergé », poursuit un policier.
« Il faudrait avoir à Paris une police municipale armée »
Parmi les propositions avancées pour tenter de dégager du temps pour les forces de l’ordre, le classement automatique de certaines procédures comme les vols, car les victimes ne viennent déposer plainte que pour faire jouer leur assurance, sans pouvoir préciser la date ou le lieu des faits.
Et puis, il y a toutes les missions qui devraient, estiment-ils, incomber davantage à la sécurité privée : les concerts, les mouvements de foule lors d’inaugurations de magasins ou de produits…
« Il faudrait aussi avoir à Paris une police municipale armée et qui fait réellement un travail de police municipale, estime-t-on au syndicat de police Alliance. Mais le problème est sans doute politique. » Le syndicat a écrit à tous les maires d’arrondissements ainsi qu’aux principaux candidats aux municipales. « Sans avoir de réponse de personne », indique Fabien Bogais.
Un élément qui attriste Véronique lorsqu’on le lui rapporte : « On est derrière la police, on a besoin d’eux, martèle cette quinquagénaire sortie promener son chien. On ne se sent plus autant en sécurité qu’avant à Paris. C’est un sujet d’importance. Je vais essayer de venir à la manifestation. »




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