Métropole de Lyon. Un syndicat de police organise une marche citoyenne pour réclamer plus de moyens

« C’est une marche inédite, la première fois qu’on appelle la population, les associations, les élus et candidats, à se mobiliser, pour dire stop à l’insécurité, à l’effondrement de l’autorité. »
Le syndicat Alliance police nationale organise des marches citoyennes, dans 24 villes de France, dont Lyon, Grenoble et Clermont-Ferrand, samedi 31 janvier, pour envoyer « un message fort, avant que ce ne soit le chaos », insiste Alain Barberis, secrétaire régional du syndicat.
Lyon a été le théâtre de dix homicides liés au narcotrafic en 2025, Marseille vingt. Localement, « il n’y a pas assez de policiers sur le terrain, d’enquêteurs. En ce début d’année, la Métropole de Lyon vient de basculer du narcotrafic au narcoterrorisme », assène Alain Barberis, à l’appui de faits divers récents.
« On trouve énormément d’armes »
L‘interpellation d’un « commando colombien », dans la nuit du 18 au 19 janvier, à Lyon, d’abord. Ils sont suspectés d’être impliqués dans un règlement de compte , en novembre, à Écully, et auraient été sur le point de repasser à l’acte. « Cela montre que nous sommes dans une situation critique sur le narcoterrorisme », avec une internationalisation des acteurs.
Une victime a aussi perdu le 10 janvier plusieurs doigts sur un point de deal de Villeurbanne, au cours d’une agression à l’arme blanche, souligne aussi le représentant syndical. Il s’agirait de lésions de défense, alors que le jeune homme aurait tenté de se saisir du couteau, selon nos informations. Il a aussi été blessé à l’abdomen, sans pronostic vital engagé.
« Désormais, on trouve énormément d’armes, sur les points de deal comme lors des perquisitions , déplore Alain Barberis. L’insécurité n’est pas un sentiment. Les policiers sont surexposés par ces guerres de territoire. On craint qu’il y ait des Frank Labois bis », en référence au policier tué début 2020, à Bron. Il avait été fauché par le conducteur d’un fourgon qu’il tentait d’arrêter avec d’autres forces de l’ordre après un vol de fret.
« Il faut des actes concrets »
Dans l’agglomération lyonnaise, « ça défouraille toutes les semaines. Un jeune homme a pris une balle perdue dans la rue », à Villeurbanne, en décembre, s’alarme le représentant syndical. « Il est temps qu’il y ait une vraie volonté politique, il faut des actes concrets. Si on est en guerre contre le narcotrafic, on doit mettre des moyens humains, des budgets. »
« S’ajoute à cela l’ultra-violence du quotidien : des refus d’obtempérer, des vols à l’arraché… Les premières victimes sont les habitants de la Métropole de Lyon. 60 % des vols avec violence sont commis par des étrangers , souvent en situation irrégulière. Il y a une forme d’impuissance sur la problématique des OQTF (Obligations de quitter le territoire français). Les centres de rétention administrative sont pleins, avec des individus archiconnus, récidivistes voire fichés S. »
À Lyon, départ de la marche citoyenne place du Maréchal-Lyautey (6 e arrondissement) à 11 heures, samedi 31 janvier.




