Marwah Rizqy de retour au parlement la semaine prochaine, mais pas forcément avec le PLQ

Près de quatre mois après avoir déserté l’Assemblée nationale en pleine tourmente, la députée Marwah Rizqy sera de retour au parlement la semaine prochaine à l’occasion de la reprise des travaux. Mais le doute subsiste sur sa réintégration possible au sein du Parti libéral du Québec (PLQ).
C’est son conjoint, Gregory Kelley, qui a confirmé son retour mardi en marge du caucus libéral. M. Kelley, qui est député de la circonscription de Jacques-Cartier, n’avait pas remis les pieds à Québec depuis l’éclatement sur la place publique du conflit opposant sa conjointe à l’ancienne chef de cabinet Geneviève Hinse et la crise qui en a découlé.
« Après des moments difficiles, je veux remercier mes collègues qui ont eu un accueil très chaleureux pour moi », a déclaré M. Kelley avant de s’adresser aux journalistes. Invité à définir ces « moments difficiles », M. Kelley a dit avoir été « fâché » par « le ton de l’ancien chef », Pablo Rodriguez, lorsqu’il interpellait sa conjointe dans l’espace public.
Oui, il souhaite que Marwah Rizqy réintègre le caucus libéral, mais il appartiendra au prochain chef de prendre la décision, dit-il.
M. Kelley a d’ailleurs affiché publiquement son soutien à Charles Milliard, qui est, de loin, le favori dans la course.
Le nouveau chef du Parti libéral doit être élu le 14 mars prochain. Pour l’heure, le seul adversaire connu de M. Milliard est l’agriculteur Mario Roy, qui avait récolté 0,8 % des votes lors de la précédente course.
Retour au caucus incertain
Rappelons que Mme Rizqy avait été formellement exclue du PLQ par son ancien chef Pablo Rodriguez au début du mois de décembre. M. Rodriguez avait alors invoqué un manque de loyauté de la part de la députée de Saint-Laurent.
Le chef libéral lui reprochait d’avoir congédié Geneviève Hinse sans le consulter et sans lui fournir d’explications sur ses motivations par la suite.
Deux semaines plus tôt, elle avait été suspendue du caucus et démise de ses fonctions de chef parlementaire en raison d’une rupture de confiance.
Mardi, le chef intérimaire Marc Tanguay n’a pas voulu dire s’il souhaitait que Mme Rizqy réintègre le caucus. Le cas échéant, ce sera une question qui sera débattue de concert avec le prochain chef et le caucus. »
Questionné sur la possibilité qu’elle ait perdu la confiance de certains anciens collègues, M. Kelley a dit que « certains » avaient déjà « exprimé » leur souhait que Mme Rizqy revienne. « Je suis prêt à tourner la page », a-t-il aussi mentionné. « Si des collègues viennent me voir pour exprimer comment eux se sont sentis, la porte est grande ouverte. »
Au Devoir, qui lui demandait s’il jugeait que le Parti libéral était « propre », M. Kelley a en outre répondu par l’affirmative. « Je vais dire “oui”, je pense que tous les militants qui militent pour nous ont de bonnes intentions. »
L’enquête du juge Fournier retardée de quelques jours
Le conflit opposant Mme Rizqy à Mme Hinse avait été suivi d’une série de révélations dans les médias remettant en cause l’intégrité des façons de faire du PLQ.
En plus de la poursuite devant les tribunaux de 500 000 $ opposant Mme Hinse à Mme Rizqy, une série d’enquêtes ont été déclenchées à ce sujet dans les semaines suivantes.
Le Parti libéral avait, en premier lieu, mandaté le juge à la retraite Jacques R. Fournier pour qu’il fasse une enquête sur les allégations du Journal de Montréal sur des échanges de messages textes compromettants en lien avec la course à la chefferie.
Attendu pour la fin janvier, le rapport du juge Fournier sera finalement remis un peu plus tard que prévu. « [M. Fournier] a demandé quelques jours additionnels le temps de bien compléter sa rédaction », a indiqué M. Tanguay.
Le chef intérimaire libéral a également dit être sans nouvelles de l’enquête lancée par l’UPAC sur son parti. M. Tanguay et les trois députés qui l’accompagnaient — Monsef Derraji, Filomena Rotiroti et Enrico Ciccone — ont tous soutenu qu’ils n’avaient pas été interrogés par l’UPAC. Ils se sont par contre engagés à le faire savoir s’ils étaient sollicités par les enquêteurs.



