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“Achraf s’est sacrifié” pour le Maroc, que reste-t-il pour le PSG ?

Quel levier pour le PSG ? “Il y a un an, Dembélé montait en puissance et Kvara arrivait”

Video credit: Eurosport

Personne ne peut s’imaginer ce qu’a vécu Achraf Hakimi depuis le 4 novembre dernier. À cette date, Luis Diaz lui saccage la cheville quelques semaines seulement avant le rendez-vous le plus important de sa carrière : la CAN au Maroc. Il faut ici mesurer la pression qui l’a accompagné pour revenir dans des délais très courts. Hakimi n’est pas seulement le capitaine des Lions de l’Atlas, il est le symbole de la nouvelle puissance du Royaume, un pays qui grandit vite et qui a besoin de puissants symboles pour l’incarner. Marocain le plus connu au monde, derrière le roi Mohamed VI, en tête du classement des célébrités les plus aimées du pays, il était sur tous les panneaux publicitaires de Rabat et d’ailleurs, au centre de toutes les conversations.

Hakimi incarne les ambitions sans limite du Maroc et a dû vivre avec ce fardeau durant une compétition qu’il n’a joué qu’à 70%. Dès le 20 décembre, alors même qu’il n’était pas en état de jouer, il était invité à la première conférence de presse de la sélection pour rassurer tout le pays. Durant un mois, Walid Regragui n’a cessé de le mettre en avant : “On a un rêve et Achraf en est le porteur ! Il est en mission, celle-ci a commencé au moment de sa blessure.”

Hakimi

Crédit: Getty Images

On a un rêve et Achraf en est le porteur !

Face aux enjeux gigantesques et à l’attente d’un pays dingue de sa sélection, le défenseur du PSG ne s’appartenait plus vraiment et il n’a jamais été envisageable de faire sans lui. Renoncer à Hakimi, c’était avouer sa faiblesse, démolir une partie du gigantesque élan populaire qui a accompagné la sélection et fragiliser l’unité nationale dans un climat social tendu. Hakimi est un symbole du pays et un homme fort de l’Afrique. Pour s’en convaincre, il faut se souvenir que, comme la CAF n’a pu l’honorer du trophée du meilleur joueur ou du meilleur buteur, et pour cause, elle a sorti de son chapeau un trophée du fair-play dont on se demande encore comment il a pu terminer entre les mains du Parisien.

Soumis à pression de son pays, de ses fans, du continent et de tout le reste, Hakimi a dû serrer les dents même si lui-même partageait cette envie ardente de défendre son drapeau. Titularisé pour la première fois face à la Tanzanie en 8e de finale, il ne fut que l’ombre du génial latéral qu’il est au PSG.  “On n’a pas encore vu le prime d’Achraf Hakimi, il arrivera demain”, promettait Regragui à la veille du quart de finale. Le Maroc s’est qualifié mais son capitaine n’a pas plus convaincu.

Achraf Hakimi après la qualification du Maroc pour la finale de la CAN

Crédit: Getty Images

“Demain, je vous l’annonce il va être énorme”, tentait encore de se convaincre le sélectionneur avant la demi-finale contre le Nigeria. Mais Hakimi a traversé la compétition sans jamais peser sur elle. Dans un Maroc au jeu plus restrictif qu’à Paris, il ne peut avoir le même élan offensif ou la même liberté de mouvement. Il n’empêche, très vite, il fut assez clair qu’Hakimi n’était pas en état de donner la meilleure version de lui-même. Mais, même privé de ses super-pouvoirs, il devait être le héros.

Digérer toutes les émotions

“Achraf s’est sacrifié comme personne pour son pays”, répétait encore son sélectionneur avant la demi-finale. Son exemple, comme celui de Zinedine Zidane à la Coupe du monde 2002, rappelle que garder un joueur blessé, aussi important soit-il dans la sélection et dans l’espace médiatique, est rarement une bonne idée. Alors, à l’heure de reprendre les affaires courantes avec Paris contre Newcastle, la question est désormais de savoir de quelle version d’Hakimi va hériter le PSG. Car, en plus des interrogations entourant son physique, il lui faut aussi surmonter d’avoir failli à sa mission de remporter la CAN. Il lui a fallu aussi gérer l’humiliation face au Sénégal et les polémiques qui ont atteint l’image de son pays.

Comment a-t-il digéré ce mois et les émotions intenses qui l’ont traversé ? Paris se souvient qu’après la Coupe du monde 2022 jouée en pleine saison, il a recueilli des Kylian Mbappé, des Lionel Messi et des Neymar dont les performances n’avaient plus rien à avoir avec celles aperçues avant le Mondial. Luis Enrique connaît le danger : “Il a fait les trois derniers entraînements avec l’équipe. C’est plus un sujet physique ou mental parce que chaque joueur de retour a une histoire particulière. Il va parfaitement.”

Et lui, comment se sent-il ? Dans sa seule communication depuis dix jours, Hakimi n’est pas revenu sur ses états d’âme, son physique ou ses douleurs. C’est encore une fois comme porte-parole de son pays qu’il a posté sur ses réseaux : “Aujourd’hui, cette sélection marocaine est devenue une équipe forte, respectée et admirée, à l’image d’un pays qui avance avec confiance et qui montre au monde qu’il fait partie des grandes nations du football.”

Aujourd’hui, retourner dans le relatif anonymat d’un effectif dont il n’est ni le sauveur ni le symbole absolu est sans doute la meilleure chose qu’il peut lui arriver. C’est dans ce cadre moins exposé aux passions et à la déraison qu’il pourra retrouver sa forme. Quand ? C’est toute la question.  

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