News CA

Une percée espagnole ravive l’espoir contre l’un des cancers les plus redoutés

Le cancer du pancréas reste l’un des plus redoutés. Il progresse
vite, résiste aux traitements et échappe souvent aux premiers
diagnostics. Face à cet ennemi tenace, les avancées sont limités et
les espoirs mince. Pourtant, une équipe espagnole vient de tester
une thérapie prometteuse qui, chez la souris, a permis d’éliminer
complètement la tumeur.

Pourquoi le cancer du pancréas reste l’un des plus difficiles à
traiter

Parmi les maladies les plus redoutées,
le cancer du pancréas occupe une place à part. En Espagne, plus
de 10 300 cas sont détectés chaque année. Pourtant, moins de 10 %
des patients survivent au-delà de cinq ans. Ce constat s’explique
par plusieurs facteurs. Souvent, la maladie avance sans signal
d’alerte. De plus, les options thérapeutiques restent limitées. Et
les cellules malades apprennent vite à résister. Même les
inhibiteurs ciblant le gène KRAS n’apportent qu’un sursis. Ce gène,
altéré dans près de 90 % des cas, reste une priorité. À Madrid, il
est au cœur des recherches menées par le Centre national sur le
cancer.

Jusqu’ici, les médicaments dirigés contre KRAS ralentissaient la
progression de la tumeur pendant quelques mois, avant qu’elle ne
reprenne. Cette capacité d’évasion est devenue l’obstacle majeur à
contourner, poussant les chercheurs à repenser entièrement leur
approche. Le professeur Mariano Barbacid, pionnier des modèles
murins du cancer pancréatique, dirige l’équipe espagnole qui a
tenté une stratégie radicalement différente.

Une thérapie triple qui bouleverse les résultats
expérimentaux

Pour contrer la résistance, les chercheurs du CNIO ont testé une combinaison
de trois molécules. Ils ont utilisé un inhibiteur expérimental du
gène KRAS appelé daraxonrasib. À cela s’ajoute l’afatinib, déjà
prescrit contre certains cancers du poumon. Enfin, ils ont intégré
le SD36, un agent capable d’éliminer des protéines
ciblées.L’objectif est de cibler plusieurs points de la cascade
moléculaire contrôlée par KRAS. Agir simultanément rend plus
difficile l’adaptation des cellules tumorales.

Les résultats, publiés dans PNAS, montrent une régression complète des
tumeurs chez la souris, dans trois modèles distincts. Ces effets
ont été obtenus sans toxicité significative, un point souligné par
Euronews. Plus frappant encore,
les tumeurs ne sont pas réapparues après l’arrêt du traitement. Une
telle rémission, rarement observée, laisse penser que les cellules
cancéreuses n’ont pas eu le temps de muter pour contourner les
trois verrous.

Les chercheurs comparent cette stratégie à une structure
suspendue : un seul point d’ancrage cède vite, mais trois points
solidifient l’ensemble. Appliquée à KRAS, cette méthode neutralise
la chaîne de signalisation à plusieurs niveaux, empêchant la
prolifération des cellules malignes.

Vers une nouvelle ère dans le
traitement du cancer pancréatique

Même si ces résultats chez la souris suscitent un réel espoir,
les chercheurs appellent à la prudence. Barbacid rappelle qu’il est
encore trop tôt pour envisager un essai clinique. Adapter cette
combinaison aux patients demande encore de nombreux réglages. Les
doses doivent être ajustées avec précision. Il faut aussi évaluer
les interactions possibles entre les molécules. La tolérance à long
terme reste également à tester. Les chercheurs précisent que cette
optimisation prendra du temps.

Les implications dépassent toutefois le cadre expérimental. En
démontrant qu’il est possible de contourner la résistance avec une
approche multi‑cibles, l’équipe du CNIO ouvre une nouvelle voie
pour d’autres
tumeurs réfractaires. Le financement du projet, assuré
notamment par la Fondation CRIS contre le cancer et le Conseil
européen de la recherche, illustre le rôle moteur des programmes
publics dans l’innovation.

Cette avancée ne permet pas encore de guérir, mais elle change
une situation figée depuis cinquante ans. Elle ouvre une nouvelle
approche des traitements, plus réfléchie et mieux structurée.
Désormais, les attaques deviennent des stratégies coordonnées qui
piègent les défenses du cancer. Ce changement pourrait, avec le
temps, rendre la maladie contrôlable. Peu à peu, il redonne de
l’espoir là où tout semblait perdu.

Related Articles

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Back to top button