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Chronique de François Gagnon : Panique évitée, espoirs ravivés

MONTRÉAL – Dimanche dernier, le Canadien était dans le trouble. Deux buts rapides des Bruins venaient de transformer ce qui avait les allures d’une victoire importante contre un rival immédiat en défaite en temps réglementaire.

Il n’y avait pas de quoi paniquer. Du moins pas encore. Mais après deux gains consécutifs et seulement trois victoires à ses huit derniers matchs (3-4-1), la troupe de Martin St-Louis donnait des signes d’essoufflement à un bien mauvais moment. Un signe d’essoufflement dont le Lightning et les Red Wings profitaient pour s’éloigner tout en haut du classement de la section Atlantique. Pis encore, un essoufflement dont les Sabres et les Bruins profitaient pour rejoindre le Tricolore.

Le spectre de trois revers contre les toujours solides Golden Knights, contre la meilleure équipe de la LNH et l’équipe qui surfe sur la meilleure séquence de la Ligue ouvrait la porte à une glissade qui aurait alors pu soulever la grogne des partisans et attiser un brin ou deux un début de panique.

Une semaine plus tard, des victoires aux dépens des Golden Knights, de l’Avalanche qui a fait renaître les Nordiques le temps d’une escale au Centre Bell et des Sabres de Buffalo qui auraient pu être les premiers à battre le Canadien à trois reprises cette saison ont non seulement permis d’éviter le vent de panique qui menaçait de souffler, mais ont raviver les espoirs des partisans et la confiance de leurs favoris.

Fort de ce renversement complet de situation, le Canadien peut mettre le cap sur le Minnesota et Winnipeg, où il disputera mercredi son dernier match avant la pause olympique, sans être étreint par la pression étouffante qu’il aurait ressentie s’il n’avait gagné qu’une seule des trois parties. Ou pire, s’il avait été blanchi au cours de cette semaine qui s’annonçait difficile.

Car historiquement, le Canadien est loin d’avoir du succès au domicile du Wild. Depuis le retour de la LNH au Minnesota, en 2001, le Canadien n’a signé que trois gains en 16 visites (3-11-2). Il est rendu à 11 revers consécutifs (0-10-1) alors que son dernier gain – une dégelée de 8-1 – a été célébré le 20 mars 2011. Ce résultat est l’exception qui confirme la règle lorsque les deux clubs se croisent au Xcell Energy Center, car le Wild a inscrit 63 buts au fil des 16 affrontements entre les deux clubs (près de 4 buts par match) alors que le Tricolore n’a marqué que 37 fois (2,25 buts par match).

Dobes : en état de grâce

À quoi attribuer cet éveil aussi important qu’opportun du Canadien?

Les performances de Jakub Dobes viennent en tête de liste.

Dobes n’a pas tout fait seul. Loin de là. Ses coéquipiers ont disputé trois matchs solides devant lui. Mais Dobes a fait sa part. Il a même fait plus que sa part comme en témoignent les 94 arrêts effectués sur les 101 tirs qu’il a affrontés. Mais plus encore que les statistiques solides associées à ses performances – 2,29 buts alloués par match, efficacité de 93,1 % – les moments où Dobes s’est imposé pour priver l’adversaire de buts qui auraient pu leur servir de tremplin auréolent les trois dernières sorties du gardien tchèque.

« Nous avons obtenu autant d’occasions en or de marquer ce soir, mais leur gardien nous a empêchés de marquer alors qu’ils ont déjoué le nôtre », que l’entraîneur-chef Jared Bednar a convenu après la victoire de 7-3 du Canadien et de Dobes aux dépens de l’Avalanche, jeudi.

La technique de Dobes est loin d’être la plus rassurante autour de la LNH. Il est souvent en déséquilibre lors de déplacements qui le déportent trop souvent à la gauche ou à la droite de son but, ce qui complique son travail.

Mais en ce moment, il est en état de grâce. Comme l’an dernier lorsqu’il a contribué à la relance du Tricolore avec cinq victoires consécutives après son rappel après la pause des Fêtes; comme en début de saison lorsqu’il a signé six gains consécutifs; comme en ce moment, alors qu’il est rendu à huit victoires à ses neuf dernières sorties (8-0-1).

Pas spectaculaire, mais gagnant : Dobes assure Nos experts décrivent la prestation de Jakub Dobes et son efficacité devant la cage du Tricolore.

Dobes ne pouvait rien faire sur les deux buts des Sabres samedi soir. Sur le premier, il a eu la vue voilée. Sur le deuxième, Phillip Danault et Jake Evans ont bien mal couvert le haut de la zone défensive. Dobes les a « sauvés » en effectuant un arrêt sensationnel aux dépens de Ryan McLoed qui a eu tout le temps et l’espace au monde de décocher un bon tir de l’enclave, mais Noah Ostlund a profité du retour pour donner les devants 2-1 aux Sabres en fin de deuxième à la toute fin d’une attaque massive.

Est-il maintenant le gardien numéro un du Canadien? Est-il un vrai gardien numéro un? Ou est-il même capable d’assumer un tel rôle?

On devrait se ficher éperdument des réponses à ces questions et des débats futiles qui entourent ces questions : Dobes gagne. Il est en état de grâce. Il serait donc bien bête pour le Canadien de se priver de cette séquence. Samuel Montembeault a eu la chance de reprendre son filet et de le garder. Il a bousillé cette chance au profit de son coéquipier. Montembeault aura la chance de se reprendre un moment donné. Mais pas maintenant!

Goal Caufield!

Jeudi, contre l’Avalanche, et encore samedi, à Buffalo face aux Sabres, la défensive du Canadien a été très solide.

Impérial jeudi alors qu’il était jumelé à Kaiden Guhle pour freiner le plus possible Nathan MacKinnon et le gros trio de l’Avalanche – MacKinnon, Necas et Lehkonen n’ont pas seulement été blanchis, mais ils ont terminé la rencontre avec un différentiel combiné de moins-8 – Mike Matheson a été tout aussi solide samedi.

Vrai qu’il était sur la patinoire pour les deux buts des Sabres. Mais quand on analyse ce qu’il a accompli au fil de 27 minutes 32 secondes qu’il a passé sur la patinoire – dont 5 minutes 54 ssecondes sur les 7 minutes 40 secondes des Sabres en attaque massive – il est clair que les bons coups du vétéran ont fait très largement contrepoids aux moins bons.

À l’attaque, Kirby Dach a disputé une bonne rencontre à la droite de Nick Suzuki et Cole Caufield. Il a été plus visible. Plus présent. Plus impliqué. C’est d’ailleurs une bataille gagnée le long de la bande à la droite du gardien Alex Lyon qui a mené au deuxième but du match et huitième but gagnant de la saison de Cole Caufield.

« Dach a une belle progression du côté de jouer la game » Point de presse de Martin St-Louis au terme de la victoire des Canadiens face aux Sabres.

Le petit Cole joue du grand hockey cette saison. Les statistiques le confirment avec éloquence : 32 buts; 13 au mois de janvier. « Goal » Caufield surfe sur une séquence de 11 buts et 14 points à ses huit derniers matchs. C’est impressionnant!

Mais plus impressionnant encore est le fait que de ses 32 buts, 18 ont permis au Canadien de prendre les devants par un but au cours d’un match (quatre fois en prolongation pour confirmer des victoires) et cinq autres ont permis au Tricolore de niveler les chances.

Tous les buts sont importants. C’est bien sûr. Mais certains le sont plus que d’autres. Et c’est exactement ce que « Goal » Caufield a fait 23 fois jusqu’ici cette saison.

Tout ça en jouant avec Nick Suzuki, ce qui veut dire que Caufield doit aussi affronter les meilleurs trios des équipes adverses. Tout ça, sans vraiment avoir profité d’un complice régulier sur le flanc droit avec qui développer une chimie et des habitudes permettant de mousser davantage ses performances.

Les samedis soirs appartiennent à Caufield! Près du filet d’Alex Lyon, Cole Caufield redirige habilement la rondelle au fond du filet et crée l’égalité avec son 31e but de la saison.

Cela dit, Kirby Dach a remplacé Alexandre Texier qui a dû déclarer forfait avant la rencontre pour une blessure, possiblement à l’aine.

Et Dach, au risque de me répéter, devrait obtenir les mêmes chances que Josh Anderson, Zachary Bolduc, Alexandre Texier et tous les autres qui ont défilé à la droite du premier trio avant et après que Juraj Slafkovsky eut rempli ce rôle. À moins que Martin St-Louis et l’état-major du Tricolore aient déjà décidé que c’est au sein d’un troisième trio que l’avenir de Dach se concrétisera avec le Canadien. Ou avec une autre formation…

Mais si c’est la deuxième option qui prévaut, le Canadien a plus intérêt encore à placer Dach avec ses deux meilleurs attaquants histoire de faire fluctuer à la hausse sa valeur autour de la LNH.

Bon dimanche!

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