Laits infantiles : l’Association pour la santé des enfants annonce saisir la Défenseure des droits

Elle demande “une enquête approfondie sur les manquements possibles des autorités sanitaires et des industriels” qui aboutisse à “des recommandations fortes et contraignantes afin qu’un tel scandale ne puisse plus se reproduire”.
Publié le 06/02/2026 11:24
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La Défenseure des droits, Claire Hédon, le 13 novembre 2025. (LUDOVIC MARIN / POOL / VIA AFP)
“On joue à la roulette russe avec les bébés, c’est inacceptable”, dénonce dans un communiqué vendredi 6 février l’Association pour la santé des enfants (APS-Enfants). Elle annonce saisir officiellement la Défenseure des droits, Claire Hédon, après les nouveaux retraits et rappels de laits infantiles.
“Les nouveaux retraits et rappels de laits infantiles contaminés à la toxine céréulide, annoncés ces derniers jours, confirment l’ampleur et la gravité d’un scandale sanitaire qui s’installe dans la durée”, note l’association dans un communiqué. Elle pointe un problème : “L’abaissement des seuils de sécurité par les autorités entraîne de nouvelles mises en retrait de produits pourtant présentés comme sûrs quelques jours auparavant”.
Jeudi, Danone, géant français de l’agroalimentaire, a élargi ses rappels de lait infantile, avec 119 lots et 19 références de laits Gallia et Blédilait désormais concernés en France, pour répondre à la mise à jour par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) de ses recommandations concernant le seuil toléré de céréulide dans les préparations pour bébé, une toxine pouvant provoquer diarrhées et vomissements. “On découvre aujourd’hui que des laits donnés en toute confiance à des nourrissons ne respectent plus les seuils de sécurité fixés par les autorités”, déplore Quentin Guillemain, président de l’Association pour la santé des enfants. Ces “retraits en chaîne révèlent des failles systémiques”, poursuit l’association, estimant que les bébés ne doivent pas être “la variable d’ajustement des seuils toxiques”.
En saisissant la Défenseure des droits, elle demande “une enquête approfondie sur les manquements possibles des autorités sanitaires et des industriels, tant dans la prévention du risque que dans l’information des familles et la prise en charge des conséquences”. Elle souhaite que cette enquête “aboutisse à des recommandations fortes et contraignantes afin qu’un tel scandale ne puisse plus se reproduire”.
La céréulide, produite par certaines bactéries, a été détectée dans une huile riche en acide arachidonique (ARA) produite par l’industriel chinois Cabio Biotech, fournisseur de plusieurs géants de l’agroalimentaire. Ainsi, l’Association pour la santé des enfants “réclame” aussi une “transparence totale sur les laits ayant incorporé l’ARA de Cabio Biotech et les résultats d’autocontrôle”, un “contrôle renforcé et indépendant des matières premières destinées aux laits infantiles” et une “tolérance zéro pour la présence de toxines dans des produits destinés à des nourrissons”.
Danone a procédé à plusieurs rappels successifs depuis la mi-janvier, mais d’autres marques, comme Lactalis (Picot) ou encore Nestlé (Guigoz et Nidal) ont procédé à des rappels de dizaines de lots de laits infantiles de différentes marques dans une soixantaine de pays depuis début janvier.




