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Fiasco SAAQclic | Malmené par le rapport Gallant, Malenfant rejette tout blâme

Malmené par le rapport Gallant, qui l’accuserait de copinage et d’avoir caché de l’information sur l’avancement de SAAQclic y compris aux politiciens, son ancien responsable, Karl Malenfant, rejette tout blâme.


Publié à
12 h 05

L’ancien haut fonctionnaire avait convoqué les médias dans un hôtel de Montréal mercredi, cinq jours avant la publication du rapport du commissaire Denis Gallant pour y présenter sa réplique en « huit piliers de vérité ».

En parallèle d’un exposé tortueux de plus d’une heure, où Karl Malenfant a rejeté une à une toutes les accusations dirigées vers lui, il a présenté sa réponse à l’avis « de conclusion défavorable » que la commission lui a acheminé durant les fêtes.

Ce genre d’avis était envoyé à toute personne potentiellement épinglée dans le rapport final du commissaire Denis Gallant afin de leur donner l’opportunité d’y répondre.

Or dans sa réplique, un touffu document de 112 pages, Karl Malenfant révèle faire l’objet de 48 « allégations » de la commission qui pourraient se retrouver parmi les conclusions du rapport tant attendu.

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

Karl Malenfant

On y reprocherait notamment à l’ancien haut fonctionnaire de s’être assuré « que la SAAQ dirige des contrats, sciemment et à l’encontre de diverses règles contractuelles vers certaines de ses connaissances ». Les noms de consultants ressortis durant les audiences de la commission, au printemps dernier, y sont tous.

IMAGE TIRÉE DES DOCUMENTS DE LA COMMISSION GALLANT

Organigramme produit par la division de la vérification interne de la SAAQ, à l’automne 2015, montrant les liens entre différents contractuels engagés par la SAAQ et son vice-président aux technologies de l’information à l’époque, Karl Malenfant.

Une allégation « épouvantable », a martelé Karl Malenfant, en répétant que « jamais personne n’a fait du cash sur le dos de la SAAQ ».

Les critères pour l’octroi de ces contrats de gré à gré étaient « tout à fait légaux », a-t-il affirmé, même que si seuls certains de ses anciens collègues pouvaient les remporter, comme l’avait suggéré un ancien vérificateur venu témoigner.

Contactée mercredi, une porte-parole de la CESIS, Joanne Marceau, n’a pas voulu confirmer que les allégations à l’endroit de Karl Malenfant dévoilées par le principal intéressé mercredi se retrouveraient bel et bien dans le rapport.

Parmi ces allégations, il est reproché à Karl Malenfant, tout comme à l’ancienne PDG de la SAAQ, Nathalie Tremblay et à d’autres employés de la société d’État d’avoir réalloué des sommes à l’intérieur de l’énorme contrat pour la réalisation de SAAQclic. Un geste « qui n’est pas fondé en droit ou en vertu des clauses contractuelles », peut-on lire.

En conservant la « maîtrise d’œuvre » du projet, la SAAQ et son ancien vice-président se sont liées les mains face au consortium des firmes LGS et SAP. C’est qu’il serait ensuite devenu très difficile de lui faire porter « les ratés dans l’exécution du contrat » qu’il avait remporté, conclurait le commissaire.

Fonctionnaire à la réputation immaculée, Nathalie Tremblay ferait aussi l’objet de plusieurs blâmes. Notamment, pour avoir caché de l’information à d’autres hauts fonctionnaires, y compris à l’ancien secrétaire du Conseil du Trésor, Éric Ducharme.

« Deux jours après que la SAAQ ait signé la Transaction impliquant des coûts additionnels de 247 millions […] Nathalie Tremblay et Karl Malenfant diront à Pierre E. Rodrigue (un autre haut fonctionnaire) et à Éric Ducharme que la livraison 2 se passe bien. »

Son successeur à la tête de la SAAQ, Denis Marsolais, n’est pas épargné non plus. Avec Karl Malenfant, il aurait fait une présentation à l’ancien ministre Éric Caire en octobre 2022 où il était indiqué que le budget de SAAQclic était respecté, ce qui était alors « assurément faux », conclurait le commissaire Denis Gallant.

À ce jour, Karl Malenfant affirme n’avoir jamais été contacté par l’Unité permanente anticorruption qui a ouvert une enquête criminelle sur cette affaire.

« Je ne suis pas dans le complot. […] la vérité, c’est que je ne comprends pas pourquoi, ce que je viens de vous expliquer, a existé. Depuis un an, je vis dans un monde parallèle », a-t-il maintenu, mercredi.

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