Pourquoi le patinage artistique attire-t-il autant l’attention aux JO cette année?

À l’aréna de patinage de Milan, ce ne sont pas seulement les pirouettes et performances à couper le souffle qui attirent les regards sur les compétitions olympiques de patinage artistique. Aux Jeux, controverses et scandales captent particulièrement l’attention du public, et pas toujours pour les bonnes raisons. Tour d’horizon des événements récents.
L’or en danse sur glace
Dans le monde du patinage artistique, rien n’a fait couler plus d’encre dans les derniers jours que la médaille d’or en danse sur glace remportée par le duo représentant la France composé de la Québécoise Laurence Fournier Beaudry et de Guillaume Cizeron.
Ces derniers ont battu le couple des États-Unis formé de Madison Chock et d’Evan Bates, qui ont dû se rabattre sur l’argent même s’ils étaient favoris pour remporter le titre olympique. C’est le duo canadien composé de Piper Gilles et de Paul Poirier qui est monté sur la troisième marche du podium.
Mais c’est surtout la décision du jury d’accorder la victoire à la paire Fournier Beaudry-Cizeron plutôt qu’au duo Chock-Bates qui crée la polémique. Plus précisément, ce sont les scores attribués par la juge d’origine française qui attisent les tensions. Lors de la danse libre, elle a donné 137,45 points à l’équipe française, contre 129,74 à l’équipe américaine. Il s’agit du plus grand écart de points donnés par les juges entre les duos de patineurs. Lors de la danse rythmique, elle a aussi donné un plus grand score à la France.
Au cumulatif, l’écart entre les scores était minime : 225,82 points pour Fournier Beaudry-Cizeron et 224,39 points pour Chock-Bates. D’autres juges, dont celle d’origine américaine lors de la danse libre, ont aussi favorisé l’équipe représentant leur nation, mais pas à un degré aussi important que la juge française.
Dans plusieurs entrevues à la suite de la remise des médailles, Madison Chock et Evan Bates ont estimé qu’ils méritaient la victoire et dit avoir cru à l’honneur suprême couleur or jusqu’au tout dernier moment.
Dans la foulée de la controverse, l’Union internationale de patinage s’est portée à la défense du panel de juges, affirmant qu’il « est normal que les notes attribuées par les différents juges d’un même jury puissent varier ».
Le duo Fournier Beaudry-Cizeron sous la loupe
Mais une autre controverse entourant Laurence Fournier Beaudry et Guillaume Cizeron a débuté bien avant même le déclenchement des Jeux olympiques de Milan-Cortina.
En 2024, le patineur artistique dano-canadien Nikolaj Sørensen, conjoint et désormais ex-partenaire de danse de Laurence Fournier Beaudry, a été accusé d’agression sexuelle et son droit de compétitionner a été suspendu par Patinage Canada. La suspension, d’une durée de six ans, a été annulée en 2025 à la suite d’un appel et en raison d’une question de juridiction.
À la suite des accusations d’agression sexuelle, Laurence Fournier Beaudry, tout comme Guillaume Cizeron, a défendu Nikolaj Sørensen. Dans un récent documentaire diffusé sur Netflix, Glitter & Gold, la Québécoise a parlé des « dommages collatéraux » de cette situation, jugeant qu’à cause de cette suspension, sa propre carrière sportive était par le fait même terminée.
L’histoire en voulait toutefois autrement.
En effet, Guillaume Cizeron, qui avait remporté l’or en danse sur glace avec Gabriella Papadakis aux Jeux de Pékin, en 2022, et qui avait annoncé avoir accroché ses patins en décembre 2024, propose à Fournier Beaudry de reprendre la compétition en tant que paire.
En mars 2025, le duo annonce reprendre la compétition. C’est donc après environ 13 mois de patinage ensemble qu’ils ont remporté la gloire olympique suprême.
Généralement, en danse sur glace, les duos qui sont couronnés du titre olympique patinent ensemble depuis de nombreuses années. C’est le cas pour les deux autres paires qui complètent le podium.
Un mois avant les Jeux de Milan-Cortina, une autre tuile s’abat sur Guillaume Cizeron : son ancienne partenaire sur la glace, Gabriella Papadakis, publie ses mémoires, Pour ne pas disparaître, où elle accuse le patineur de comportements toxiques. « L’idée de me retrouver seule avec lui me terrorise. […] Sa froideur me glace le sang », écrit-elle notamment. Guillaume Cizeron a démenti les propos de l’ouvrage.
Ilia Malinin, le « quad god »
Bien sûr, qui dit Jeux olympiques dit performances sportives. Sur ce plan, c’est particulièrement l’athlète américain Ilia Malinin qui retient l’attention.
Âgé de 21 ans, celui que l’on surnomme le « quad god », comme il est le premier patineur de l’histoire à avoir réussi un quadruple axel lors d’une compétition officielle, en est à ses premiers Jeux olympiques. Et il porte déjà une médaille d’or au cou : sa performance lors de l’épreuve de patinage artistique dimanche dernier a donné la victoire à l’équipe des États-Unis.
Mais, vendredi, les spectateurs n’avaient qu’une question en tête, se demandant si Ilia Malinin allait devenir la première personne à réaliser un quadruple axel dans un contexte olympique. Bien qu’il ait tenté d’effectuer l’impressionnante figure, il n’est pas parvenu à la réussir. Celui qui était le favori pour l’or a dû se contenter de la huitième position au programme libre. Rendez-vous dans quatre ans pour une nouvelle chance.




