Hockey masculin | Du sang neuf qui fait – déjà – effet

(Milan) Connor McDavid s’invite régulièrement dans les montages de faits saillants, régulièrement pour ses feintes, moins régulièrement pour des mises en échec comme celle qu’il a servie à Lukáš Sedlák dès sa première présence.
Mis à jour le
12 février
Son compagnon de trio Tom Wilson a esquissé un large sourire quand la séquence a été mentionnée.
« Quand je suis revenu au banc, [Brad] Marchand m’a dit : “Belle mise en échec, Willy !” J’ai dit : “C’était Dave-O [McDavid].” Il répond : “On aurait dit que c’était toi.” Ça prend ça. Tout le monde fait ce qu’il peut. Quand c’est le temps pour toi de frapper, de bloquer un tir, tu le fais », a raconté Wilson, en mêlée de presse.
PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE
Connor McDavid et David Špaček
Cette séquence a donné le ton à une victoire pas très compliquée de 5-0 du Canada sur la Tchéquie, jeudi, dans le premier match du tour préliminaire des Canadiens.
McDavid et Nathan MacKinnon, avec une percutante mise en échec de dos 30 secondes plus tôt, ont donné le ton à un match où les unifoliés ont démontré que le jeu rude leur convenait.
PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE
Tom Wilson (à gauche)
Cet aspect a toutefois été incarné d’abord et avant tout par Wilson ; pas pour rien que Marchand était persuadé que c’était le colosse des Capitals qui se faisait aller les épaules. Wilson a enfilé les mises en échec percutantes pour mettre sous pression les pauvres défenseurs tchèques, constamment pressés dans leurs gestes.
Oser le changement
L’apport de Wilson est intéressant à noter. Alors que l’équipe canadienne féminine est essentiellement revenue avec la même formation qui s’est fait balayer par les Américaines à la Série de la rivalité, son pendant masculin s’est tout de même permis des changements, malgré la victoire à la Confrontation des 4 nations.
Or, ces ajouts ont tous joué un rôle dans la victoire de jeudi. Wilson a terrorisé les adversaires. Macklin Celebrini a inscrit le premier but, sans pour autant se faire déclasser physiquement, même si 298 des 299 autres joueurs ici présents sont plus vieux que lui. En deuxième période, la bataille qu’il a remportée le long de la rampe a permis à son équipe de passer une bonne quarantaine de secondes en zone offensive. Et quand Radko Gudas a frappé Celebrini, c’est justement Wilson qui est venu assurer le suivi.
Si Wilson et Celebrini ont joué un tel rôle, c’est que Jon Cooper ne les a pas seulement intégrés par la porte arrière au sein du quatrième trio ; il les a jumelés à Connor McDavid, ce qui a signifié plus de 15 minutes de jeu.
PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE
Macklin Celebrini
Wilson a réussi quelques grosses mises en échec et c’est bien de voir ça, les adversaires doivent jouer avec la tête haute. Il peut faire des jeux et être une présence au filet. Il nous complète bien.
Macklin Celebrini, à propos de son ailier
Bo Horvat, un autre exclu aux 4 nations, a quant à lui marqué en fin de deuxième période, sur un échange avec Brad Marchand en zone neutre que le duo avait tenté une première fois en première période. Même s’il a été limité à 10 minutes, Horvat a été visible.
PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE
Bo Horvat et Tomáš Hertl
Horvat et Wilson font d’ailleurs partie des joueurs que Cooper a nommés lorsqu’il a parlé de ce qui a permis à ses hommes de prendre leurs aises. « Un premier match aux Jeux, c’est toujours spécial. Tout le monde avait des papillons. Mais Wilson, [Sam] Bennett, Horvat ont commencé à montrer leurs muscles, et on a pris confiance avec ça. »
En fait, des quatre nouveaux venus, c’est peut-être Nick Suzuki qui a été le plus discret, mais il a trouvé une façon de marquer, même s’il a lui-même avoué qu’il a un peu accidentellement fait dévier la passe de McDavid.
PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE
Nick Suzuki devant le filet de Lukáš Dostál
La réponse de Binnington
Un gardien peut difficilement se retrouver au cœur de l’histoire d’une victoire aussi nette, surtout quand on voit l’allure des deux dernières périodes. Mais Jordan Binnington s’est montré solide quand son équipe a eu besoin de lui, soit en début de match. C’est là que les Tchèques ont été les plus incisifs offensivement, mais chaque fois, le gardien mal-aimé fermait la porte. Une soirée de 26 arrêts.
C’est sans oublier sa facilité déconcertante à sortir de son filet pour manier la rondelle et permettre à ses coéquipiers de relancer l’attaque.
PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE
Jordan Binnington
« On a eu de bonnes chances en première période. Si on avait marqué un ou deux buts, l’histoire aurait pu être différente », a rappelé Tomáš Hertl. Une remarque d’autant plus juste que l’amphithéâtre était peuplé en bonne partie de bruyants partisans tchèques.
Or, s’il y a un endroit où les dirigeants d’Équipe Canada ont fait preuve d’entêtement, c’est devant le filet. Et cet entêtement, Cooper l’assume. Malgré les difficultés de Binnington cette saison, malgré la quantité de graphiques peu flatteurs qui ont circulé, Cooper et ses patrons n’ont jamais abandonné celui qui a gagné aux 4 nations il y a près d’un an.
L’entraîneur-chef attendait visiblement la question sur Binnington. Quand a-t-il décidé qu’il serait son gardien partant ?
« Probablement il y a 358 jours, a rétorqué Cooper. Au bout du compte, tu dois performer, ce n’est pas de la loyauté. Mais j’ai la plus haute confiance en lui. Il a fait ses preuves. »
En rafale
Le défenseur Josh Morrissey a quitté le match en début de deuxième période, sans qu’il soit trop clair sur quelle séquence il s’est blessé. Cooper n’a donné aucun détail sur son état après le match.
Cooper a laissé entendre que Binnington pourrait obtenir congé pour le deuxième match en 24 heures, vendredi, contre la Suisse. C’est Logan Thompson qui était en uniforme à titre d’auxiliaire jeudi.
Mark Stone était encore ébahi par la passe soulevée que lui a servie Mitch Marner, également son coéquipier à Vegas, sur le deuxième but du Canada. « Ouf. C’était une passe parfaite, a jugé Stone. C’est un joueur spécial et tu dois toujours t’attendre à l’inattendu quand il a la rondelle. Si ton bâton n’est pas sur la patinoire, il va te faire paraître stupide, parce qu’il va te trouver. Il réussit beaucoup de jeux que d’autres ne font pas. » Du grand Marner.




