Sainte-Marie–Saint-Jacques | Le PQ recrute Philippe Schnobb pour les élections de l’automne

(Montréal) Ex-président de la Société de transport de Montréal (STM), Philippe Schnobb se présente sous la bannière du Parti québécois dans Sainte-Marie–Saint-Jacques pour corriger des années d’« improvisation » et de « manque de vision » du gouvernement Legault en matière de transport collectif.
Publié à
9 h 33
Mis à jour à
15 h 21
En conférence de presse mercredi à la Maison Théâtre, rue Ontario Est au centre-ville de Montréal, flanqué du chef du PQ Paul St-Pierre Plamondon, M. Schnobb a confirmé sa candidature lors des prochaines élections provinciales pour remplacer Manon Massé, députée depuis 2014. L’élue de Québec solidaire a déjà annoncé qu’elle ne sollicitera pas de nouveau mandat en 2026. La formation mise sur la présidente de Québec solidaire, Roxane Milot, pour prendre le relais.
M. Schnobb a été président du conseil d’administration de la STM pendant huit ans, à partir de 2013. Il avait auparavant œuvré comme journaliste et animateur à Radio-Canada durant près de 27 ans. Depuis mai, il effectuait un mandat afin de coordonner le suivi de la stratégie d’intervention collective pour le Village, toujours dans l’arrondissement de Ville-Marie.
« Pour le Parti québécois, c’est une candidature qui apporte humanisme, expertise, intelligence, rigueur, a déclaré M. St-Pierre Plamondon. Philippe démontre à nouveau que le Parti québécois attire et met au service du Québec les meilleurs talents dans tous les domaines. »
Freiné par la pandémie
C’est l’ex-maire de Montréal, Denis Coderre, qui avait nommé M. Schnobb au poste de président du conseil d’administration de la STM en 2013. Sa nomination avait été critiquée par l’opposition à Montréal puisque M. Schnobb faisait partie de l’équipe Coderre, mais avait mordu la poussière dans Saint-Jacques, dans l’arrondissement de Ville-Marie.
« Je voulais aider les gens à améliorer leur monde, je l’ai fait pendant les huit ans à la STM où j’ai tenté d’améliorer l’expérience client, a expliqué M. Schnobb. J’ai fait un constat dans les transports collectifs à Montréal et dans toutes les grandes villes du Québec : on a beau avoir la vision de ce qu’on veut développer, on n’a pas toujours les moyens de nos ambitions, parce que les décisions se prennent ailleurs. »
La pandémie est venue freiner « huit belles années de croissance », estime-t-il, mais le gouvernement de la Coalition Avenir Québec n’a pas su relancer la machine par la suite. « On s’est rendu compte qu’il y avait un gouvernement qui a littéralement saboté le plan de match qu’on avait élaboré tous ensemble. Le gouvernement a mis la hache là-dedans. »
Il estime qu’il se trouverait « à la bonne table », advenant l’élection du Parti québécois l’automne prochain, pour redresser la situation.
Il faut avoir une vision, une vision de développement pour le transport, une vision dans l’entretien des infrastructures […] Il faut revoir l’ensemble des modes de financement.
Philippe Schnobb
Son chef reconnaît qu’un gouvernement du PQ serait confronté à des « défis financiers réels » tant les besoins des sociétés de transport sont grands. « On ne rêve pas en couleur […] Mais en allant chercher des gens qui ont étudié, travaillé et se sont vraiment fait une bonne tête sur le sujet, on se dit “ça ne sera pas facile, mais au moins on aura les meilleures personnes pour améliorer cette situation.” »
En ce qui concerne l’indépendance du Québec, M. Schnobb s’est dit en faveur d’un référendum lors du premier mandat, comme le promet M. St-Pierre Plamondon. Il a décrit l’indépendance comme « un projet de société où tout est possible » qui permettrait au Québec « d’aspirer à mieux et de contrôler les principaux leviers ».
« J’ai pleuré en 80 en regardant les résultats du référendum et j’ai frissonné discrètement dans la salle des nouvelles de RDI en 1995 […] quand le Oui a été en avance pendant un moment, a-t-il relaté. Maintenant qu’on a recommencé à parler du projet, il y a un momentum et j’espère avoir le privilège de faire partie de l’équipe qui va réaliser ce projet essentiel. »
Chaude lutte
Sainte-Marie–Saint-Jacques a toujours été un château fort péquiste avant la percée de Québec solidaire, en 2014. Le dernier député du Parti québécois était Daniel Breton, de 2012 à 2014.
Le Parti québécois talonne d’ailleurs Québec solidaire dans la circonscription montréalaise, selon le site de Qc125. L’agrégateur de sondages donne pour l’heure un « gain probable » aux solidaires. Or, il y a du mouvement : Québec solidaire récolterait 39 % des voix et le Parti québécois, 29 %, en date du 3 février.
Même si M. Schnobb bénéficie manifestement de l’appui des ténors du Parti québécois, il y aura une course à l’investiture dans cette circonscription, à une date qui n’a pas été décidée, a précisé M. St-Pierre Plamondon. « Ça lui donne la chance de vendre des cartes de membres en prévision de cette investiture-là », a-t-il ajouté.
Avec Tommy Chouinard, La Presse




