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Militant nationaliste battu à mort en France | Macron appelle au calme, vers de premières inculpations

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(Lyon) Deux des suspects dans la mort d’un militant nationaliste en France ont été inculpés pour « homicide volontaire » a annoncé la justice, et un troisième, assistant parlementaire d’un député de gauche radicale, l’a été pour « complicité », dans une affaire qui a donné lieu à une passe d’armes entre la France et l’Italie.


Mis à jour hier à
14 h 36

Quatre autres suspects doivent encore être présentés aux juges d’instruction dans la soirée, a précisé le procureur de Lyon, Thierry Dran, à l’AFP

Quentin Deranque, 23 ans, est mort samedi d’un grave traumatisme crânien. Deux jours plus tôt, au cours d’une « bataille rangée » entre « membres de l’ultragauche et de l’ultradroite », selon une source proche du dossier, le jeune homme s’est retrouvé isolé. Jeté au sol, il avait été frappé à coups de pied, notamment à la tête, par « au moins six individus » masqués et cagoulés.

PHOTO SAMEER AL-DOUMY, AGENCE FRANCE-PRESSE

Des personnes tiennent des affiches montrant une illustration de Quentin Deranque, mercredi soir à Lyon.

Le procureur de Lyon avait indiqué un peu plus tôt requérir le placement en détention provisoire des sept suspects en raison notamment du « risque de trouble à l’ordre public ».

Ces derniers « contestent l’intention homicide », selon lui, même si « certains admettent avoir porté des coups » à Quentin Deranque « ou à d’autres victimes ».

Le jeune militant nationaliste avait été frappé le 12 février par plusieurs personnes, en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Il était venu assurer la sécurité de militantes du collectif identitaire Némésis qui manifestaient contre la venue de l’élue.

PHOTO AURELIEN MORISSARD, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Rima Hassan

Sur les onze personnes interpellées dans l’affaire, trois hommes et une femme qui étaient soupçonnés d’avoir aidé les autres à se cacher, ont été remis en liberté jeudi, selon le procureur.

Qui a ajouté que « l’identification des personnes présentes sur les lieux était difficile et à ce jour d’ailleurs il reste plusieurs personnes à identifier », a déclaré Thierry Dran.

La plupart sont liés à des mouvements d’ultragauche, et parmi eux figurent trois proches du député de gauche radicale Raphaël Arnault, fondateur du groupuscule La Jeune Garde Antifaciste, dissoute par décret en juin 2025 notamment pour des « violences ».

L’affaire a donné lieu à une passe d’armes entre responsables italien et français.  

La première ministre Giorgia Meloni, issue elle-même de l’extrême droite, avait qualifié mercredi sur X la mort de M. Deranque de « blessure pour l’Europe entière ».

Jeudi le président français Emmanuel Macron lui a demandé d’arrêter de « commenter ce qui se passe chez les autres ». En se disant « toujours frappé de voir que des gens qui sont nationalistes, qui ne veulent pas qu’on les embête chez eux sont toujours les premiers à commenter ce qui se passe chez les autres ».

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Jeudi, le bureau de Mme Meloni a réagi avec « stupéfaction » aux propos du président français, tenus depuis New Dehli. En assurant que les propos de la dirigeante étaient simplement destinés à exprimer « un signe de solidarité avec le peuple français touché par ce terrible évènement ».

Le ministre italien des Affaires étrangères Antonio Tajani, a renchéri sur X en jugeant que la mort de Quentin Deranque est « un fait grave qui nous concerne tous et que nous condamnons sans hésitation ».

L’affaire enflamme par ailleurs la scène politique française, en pleine campagne pour les élections municipales de mars.

Elle met surtout la pression sur le parti de gauche radicale La France Insoumise (LFI), trois des suspects étant des proches du député LFI Raphaël Arnault.  

Ce dernier est le fondateur du groupe d’ultragauche La Jeune Garde, au cœur des suspicions dans l’enquête et en cours de dissolution pour de précédentes accusations de violences.

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