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Élection partielle | Le Parti québécois reconquiert Chicoutimi

(Saguenay) Le Parti québécois reconquiert sans difficulté Chicoutimi, son ancien château fort, en faisant tomber la Coalition avenir Québec à huit mois des élections. Le Parti conservateur d’Éric Duhaime pourrait terminer deuxième, devant la formation de François Legault.


Publié à
20 h 32

L’ex-vice-rectrice de l’Université du Québec à Chicoutimi, Marie-Karlynn Laflamme, devient la septième députée du caucus du Parti québécois, qui peut se targuer d’avoir remporté une quatrième élection partielle depuis le scrutin général de 2022 (Jean-Talon, Terrebonne et Arthabaska).

« Merci de tout cœur aux gens de Chicoutimi et félicitations à Marie-Karlynn Laflamme, votre nouvelle députée ! », a lancé le chef Paul St-Pierre Plamondon sur le réseau X. Dans une salle de l’hôtel Le Montagnais, les militants convergeaient encore vers le rassemblement lorsque les réseaux de télévision ont confirmé la nouvelle, provoquant un tonnerre d’applaudissements.

La formation souverainiste, qui caracole en tête des sondages depuis deux ans, était largement favorite dans cet ex-bastion péquiste. Selon le site de l’agrégateur de sondages Qc125, le PQ avait 99 % des chances de l’emporter lundi.

Le suspense entoure davantage la deuxième place. Selon les résultats préliminaires, les troupes d’Éric Duhaime prendraient la deuxième place et la CAQ terminerait en troisième position. C’est tout un recul pour la formation de François Legault. Chicoutimi est la circonscription où il avait enregistré la plus forte majorité, en 2022, avec 62,3 %.

Le Parti conservateur du Québec (PCQ) a fait campagne en appelant les électeurs à barrer la voie à un référendum sur la souveraineté. Le chef Éric Duhaime a dénoncé à plusieurs reprises « l’obsession référendaire » de son adversaire péquiste. Les conservateurs ont misé sur l’ex-mairesse de Saint-David-de-Falardeau, Catherine Morissette.

« Si le PCQ va chercher une deuxième place, après la deuxième place dans la partielle d’Arthabaska, ça peut laisser présager des surprises pour les prochaines élections générales », faisait valoir à La Presse le fondateur de l’agrégateur de sondages Qc125, Philippe J. Fournier.

La partielle dans Chicoutimi a été forcée par la démission en septembre de l’ex-ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, qui a tenté de se faire élire à la mairie de Saguenay l’automne dernier, en vain. François Legault a déclenché l’élection partielle à la fin janvier, après avoir lui-même annoncé qu’il quittera ses fonctions ce printemps.

Les deux aspirants à sa succession, Christine Fréchette et Bernard Drainville, ont fait campagne avec le candidat dans Chicoutimi, Francis Tremblay, un employé du CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Or, M. Legault n’est pas venu lui prêter main-forte sur le terrain pendant la campagne. Lundi, les ministres Éric Girard et Samuel Poulin l’accompagnaient.

Le Parti libéral du Québec a présenté Tricia Murray, une attachée politique de la formation. Le nouveau chef Charles Milliard, qui devra regagner le vote francophone pour aspirer à former le gouvernement en 2026, s’était déplacé à Saguenay, lundi.

Québec solidaire a mis sur les rangs Jeanne Palardy, une travailleuse du milieu communautaire. Les deux porte-paroles, Sol Zanetti et Ruba Ghazal, étaient sur place.

La circonscription a porté les couleurs du Parti québécois de 1973 à 2018, avant la percée de l’ex-ministre Andrée Laforest de la CAQ. En 2022, c’est d’ailleurs ici que le parti de François Legault a obtenu son meilleur score à travers la province, avec 62,3 %.

Le taux de participation à 16 h 30 atteignait 24,5 %. À titre de comparaison, ce taux avait frôlé 60 % dans Arthabaska, alors que l’élection a eu lieu en plein été, à la mi-août, et 37,29 % dans la partielle de Terrebonne, en mars 2025. Le taux de participation moyen aux élections partielles est de 41,74 %, selon Élections Québec.

Les cinq circonscriptions du Saguenay–Lac-Saint-Jean (Dubuc, Jonquière, Chicoutimi, Lac-Saint-Jean et Roberval) ont été peintes en bleu caquiste en 2022. Depuis janvier 2024, au moment où prenait la tête dans les intentions de vote, le chef Paul St-Pierre Plamondon affirme qu’il vise « cinq en cinq » aux élections d’octobre 2026.


Consultez le résultat de l’élection

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