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Michel Bergeron tire un trait sur sa longue carrière

L’heure de la retraite a sonné pour Michel Bergeron. L’ami Bergy tirera sa révérence au printemps, vraisemblablement après le premier tour des séries de la Coupe Stanley. En juin, il célébrera ses 80 ans.

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La décision n’a pas été prise sans tourmenter cet homme passionné. Il y pensait depuis quelques années. Maintenant que c’est fait, il est en paix avec lui-même. Il sait que le moment était venu.

« Ça n’a pas été facile, avoue-t-il.

« Ça faisait un bout de temps que j’en parlais avec Michèle [son épouse] et les enfants. On tournait autour du pot, on tournait autour du pot… »

Maître de ses décisions

Ce serait plus approprié de dire que c’est Michel qui tournait en rond. Ses enfants lui disaient depuis deux ans qu’il en avait assez fait.

« J’ai toujours pas mal décidé de mes actions dans ma vie, dit-il.

« Quand je suis devenu entraîneur à Trois-Rivières, c’était ma décision. Quand les Nordiques m’ont appelé, c’était ma décision. Quand je suis allé à New York, c’est parce que j’avais été échangé, nuance-t-il en riant.

« Quand je suis revenu à Québec, c’est parce que Marcel Aubut m’avait fait des promesses qu’il n’a pas tenues. »


Michel Begeron était toujours actif derrière un banc.
Septembre 1986
PHOTO LES ARCHIVES / LE JOURNAL DE MONTREAL


Le Journal de Montreal

Un demi-siècle d’émotions fortes

Bergeron tourne la page sur 54 années d’une vie passionnante dont il n’avait jamais rêvé avant de devenir entraîneur des Jets de Pointe-aux-Trembles, dans la Ligue de hockey métropolitaine junior B. L’été, il dirigeait l’équipe de baseball de la même organisation dans la Ligue Montréal junior.

Michel gagnait sa vie comme camionneur pour Laniel Amusement, un fournisseur d’appareils pour centres d’amusement. Il se plaisait dans son métier.

« C’était ma vie, je n’avais pas d’ambitions particulières, raconte-t-il.

« Mon père était mécanicien, moi, je suis devenu camionneur. Il n’y avait pas de honte à ça. »


Michel Bergeron et Jacques Demers aimaient se dire qu’ils étaient deux camionneurs de métier qui s’étaient rendus à la Ligue nationale de hockey.
DANIEL MALLARD/ARCHIVES/AGENCE QMI


DANIEL MALLARD/ARCHIVES/AGENCE QMI

C’est une partie de sa vie qu’il aimait se remémorer avec Jacques Demers, lui-même camionneur pour Coca-Cola avant qu’un concours de circonstances ne le conduise lui aussi au rôle d’entraîneur.

« On se disait en riant qu’on était deux anciens truckers qui s’étaient rendus à la Ligue nationale », relate-t-il.

Les deux compères avaient raison d’être fiers, car les entraîneurs francophones ne mouillaient pas à l’époque dans la grosse ligue. Les deux avaient joué au hockey jusque dans les rangs intermédiaires. Ils ont été des pionniers.

Heureux hasard

La carrière sportive de Bergeron, qui était aussi receveur au baseball, avait pris fin en raison d’une blessure à un genou. Il se trouvait un jour chez Ménick, le barbier des sportifs sur la rue Masson, lorsque son ami a reçu un appel téléphonique qui allait changer sa vie.

« C’était Jean Trottier [Comité des jeunes de Rosemont], qui se cherchait un entraîneur, se remémore Bergeron.

« Il m’avait dirigé dans le hockey mineur. Alors que j’entendais la conversation entre lui et Ménick, j’ai dit que je le prendrais, le poste, moi. Je n’avais aucune idée de ce que je disais.

« Trottier m’a engagé. J’avais 26 ans. »

Bergeron a mené son équipe à la conquête du championnat midget canadien. Une grande aventure s’en est suivie dans le coaching puis dans le monde des communications.

« La route a été longue avec tout ce que ça comporte, les victoires et les défaites, les joies et les peines. Me semble que je n’ai jamais arrêté. »

• Écoutez aussi cet épisode balado tiré de l’émission de Benoit Dutrizac, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Choyé et chanceux

Bergeron a vécu une carrière grisante. Il est le premier à dire qu’il a été choyé et chanceux. C’est difficile de mettre un point final à une telle histoire. Mais comme il l’a dit souvent dans la généreuse entrevue qu’il m’a donnée : « On est rendu là. »

Michel a de bons mots pour Louis-Philippe Neveu, qui assume les fonctions de vice-président des opérations dans les secteurs de l’information générale et sportive au sein du Groupe TVA.

« L.P. a été bien correct avec moi, l’encense-t-il.

« Ça faisait deux ans qu’on discutait. Il m’a toujours dit que la décision me revenait. Je ne dirais pas que je suis soulagé, mais on est rendu là. Je suis en paix avec ma décision.

« Je ne voulais pas m’accrocher non plus et devenir une personne à qui on accorderait un petit cinq minutes en guise de faveur. »


Michel Bergeron, à titre de président d’honneur de la campagne de financement du Centre de recherche de l’institut de cardiologie de Montréal. Le Dr Marcel Boulanger, qui est directeur des services professionnels, est heureux de remettre à Bergeron un tableau intitulé « Tigre dégriffé ».
PHOTO CLAUDE RIVEST / LES ARCHIVES / LE JOURNAL DE MONTREAL


Le Journal de Montreal

L’importance d’être en santé

Le facteur santé a pesé aussi dans la balance.

« Je suis en forme en ce moment, mais avec les problèmes que j’ai connus, je ne peux pas minimiser ça, continue-t-il.

« Autrefois, je passais trois semaines à un mois en Floride pendant la période des Fêtes. Ce temps-là est fini. »

Bergeron ne réalisera peut-être pas à sa sortie de TVA Sports au printemps qu’il sera à la retraite. Ça le frappera probablement plus lorsque le hockey reprendra à l’automne.

« Je vais m’ennuyer, mais cela dit, j’espère faire des activités qui me garderont actif. Quand tu regardes beaucoup la télévision, tu deviens paresseux. Ma femme va me tenir occupé. »

Bergeron mise sur le Canadien pour égayer ses soirées.

« Il sera agréable de suivre le Canadien avec tout ce qui se passe en ce moment. Cette équipe est excitante. On a vu ce que Suzuki et Slafkovsky ont fait aux Jeux olympiques et avec tous ces jeunes qui s’affirment, l’avenir est prometteur. »

Qui aurait prédit que le Tigre redeviendrait partisan du Canadien un jour ?

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