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Procès d’un entraîneur de cheerleading: «Ma première fois était dans un trip à trois»

« C’était la première relation sexuelle de ma vie. Ma première fois était dans un trip à trois. » Émotive, une présumée victime de Matthieu Martel a raconté au tribunal, jeudi, comment ses premières expériences se seraient passées avec ses deux entraîneurs de cheerleading, tous les deux des adultes, alors qu’elle n’avait que 14 ans.

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Justine* (nom fictif) était accompagnée d’un chien de soutien de la police pour parvenir à témoigner, jeudi, au procès de celui qui a été son entraîneur de cheerleading pendant quelques années.

Le sport aura été le point de départ de sa relation avec Matthieu Martel, mais l’homme, qui est de près de 20 ans son aîné, a été beaucoup plus que ça pour elle. À 14 ans, elle le voyait littéralement comme son premier amour, aussi malsain que cela puisse paraître aujourd’hui.

« J’étais sous son emprise totalement, j’étais en amour. C’est ridicule, je sais, mais j’étais obnubilé », a confié la femme, manifestement nerveuse de devoir raconter ces sombres pans de sa vie.

Pilule du lendemain

Elle se souvient parfaitement de la date du soir de novembre où elle a perdu sa virginité. Selon son récit, Amélie Dubé, qui entraînait au club Phoenix et qui cohabitait aussi avec Matthieu Martel, l’a ramenée à son appartement, où de premiers contacts sexuels seraient survenus. Puis, l’homme les aurait rejointes.

« Je me suis sentie vraiment pas bien. Et c’est là que Matthieu m’a pénétrée, pas de condom », a raconté Justine.

Une deuxième relation sexuelle aurait eu lieu avec Martel cette nuit-là. Puis, le lendemain matin, ses coachs l’auraient conduite à la pharmacie pour lui acheter la pilule du lendemain.


Les deux entraîneurs de cheerleading Matthieu Martel et Amélie Dubé font face à des chefs d’accusation de nature sexuelle.


Photo tirée de INSTAGRAM, MATTHIEU MARTEL

Le nom de Dubé revient souvent depuis le début du procès de Matthieu Martel cette semaine. La femme de 40 ans faisait initialement partie des plaignantes contre l’entraîneur, qui a été récemment acquitté du chef d’accusation d’agression sexuelle la visant au terme d’un premier procès.

Amélie Dubé a quant à elle plaidé coupable à des accusations d’agression sexuelle et de contacts sexuels pour les événements impliquant Justine. Elle est en attente de sa peine.

Témoignage suspendu

Après avoir expliqué que les échanges de photos intimes et les relations sexuelles avec son entraîneur se sont multipliés à la suite de cette première fois traumatisante, Justine a flanché.

Au retour de la pause du dîner, le procureur de la Couronne Louis-Philippe Desjardins a expliqué à la cour que la plaignante était dans un état psychologique tel qu’elle ne pourrait pas poursuivre.


Me Louis-Philippe Desjardins, procureur aux poursuites criminelles et pénales (DPCP), au palais de justice de Québec le 21 janvier 2025.


Photo PIERRE-PAUL BIRON

Elle doit revenir à la barre vendredi matin pour la suite de son témoignage.

Matthieu Martel a quant à lui informé le tribunal, par l’entremise de ses avocates, qu’il souhaitait formuler une demande de révision de sa détention, qui avait été ordonnée pour la durée des procédures.

« Ce n’est pas un simple caprice », a indiqué l’accusé, soulignant que certains éléments dans la preuve initialement déposée contre lui « disparaissaient ».

Le juge Charles-Olivier Gosselin a invité la défense à préparer une requête écrite, qui pourrait être déposée ultérieurement dans le cadre du procès prévu pour quatre semaines.

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