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«C’est dégueulasse»: un présumé fraudeur se présente au chevet d’une aînée atteinte de démence

Une Montréalaise dénonce l’ignominie des fraudeurs d’aînés après qu’un homme est entré dans le logement de sa mère alitée et souffrant de démence pour tenter de lui soutirer ses informations bancaires.

« C’est dégueulasse. Il est rentré dans sa maison, l’a vue dans son lit avec l’oxygène branché à son visage », s’indigne Mélanie Nadeau.

Elle raconte que sa mère Diane Prévost a reçu un appel peu avant 16 h mercredi lui disant que des transactions anormalement élevées avaient été détectées sur son compte bancaire.

« Il avait besoin de sa carte et de son NIP. Elle fait un peu de démence, elle est un peu mélangée et elle ne peut pas se déplacer. Le monsieur lui a dit : je vais vous envoyer mon collègue », soutient-elle.

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l’émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Filmé à côté du lit

Il n’a fallu que 20 minutes pour qu’un homme vêtu de noir et portant des lunettes fumées arrive au chevet de la dame confuse de 75 ans, dans son logement de Montréal.

La scène révoltante a été filmée par une caméra de surveillance que Mélanie Nadeau a installée près de sa mère, qui reçoit des soins à domicile, pour s’assurer qu’elle aille bien.


Photo Olivier Faucher

Il ne manquait que le NIP au fraudeur présumé pour que celui-ci ne réussisse son coup. Or, c’est Mélanie Nadeau qui le détenait         ; sa mère a donc dû l’appeler.

« Le monsieur est ici, je te le passe. C’est le monsieur pour la caisse populaire, non ? », entend-on dire sa mère dans la vidéo.

« Oui, pour la caisse populaire de Desjardins, et toutes les autres caisses », lui répond l’individu.


Olivier Faucher / JdeM

Celui-ci prend alors le téléphone de l’aînée et demande à sa fille donc si elle peut lui donner le NIP pour « éliminer les clones des cartes en circulation ». 

« Je lui ai dit qu’il devait quitter le logement et la police était déjà en chemin. Il m’a raccroché la ligne au nez et il est parti. »

Mme Nadeau a porté plainte au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) jeudi.

Explosion de ce type de crime

La porte-parole de Desjardins, Véronique Blais, a indiqué que cela s’apparente à un cas de faux représentant.

« Les employés de Desjardins ne se déplacent jamais chez les membres ou clients pour ce genre de transactions », a-t-elle fait valoir.


Photo courtoisie Mélanie Nadeau

Notre Bureau d’enquête révélait en septembre dernier que le nombre d’accusations pour ce type de crime était 14 fois plus élevé en 2024 qu’en 2019.

« Les gangs de rue se financent en grosse partie avec la fraude en ligne et la fraude chez les aînés, qui sont plus vulnérables », explique Sylvain Paquette, expert en prévention de la fraude travaillant pour la firme Pointages.

Cet exemple illustre à quel point être proche de ses parents peut permettre de déjouer les fraudeurs.

« Ça peut aider d’avoir des mots de passe, des codes entre nous et qu’on peut se donner [pour valider notre identité]. Aussi je pense que c’est mieux pour les aînés de retourner au téléphone plus simple, juste pour les appels et les textos, lorsque le téléphone intelligent n’est pas nécessaire », estime-t-il.


Infographie Le Journal

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