Le système de santé québécois devrait être géré par Loto-Québec!

Au moins, les choses seraient claires : tu t’achètes un billet et tu espères que le système pige ton numéro. C’est déjà pas mal ça, la réalité. Faut être chanceux actuellement pour obtenir les soins auxquels on devrait avoir droit.
Le système de santé est conçu pour décourager les Québécois. Et ça marche. On ne compte plus les patients qui, faute de soins chez nous, se font soigner ailleurs.
Daniel Couillard ne voulait pas attendre encore 18 mois pour une chirurgie cardiaque. Surtout que pour le faire patienter sur la liste d’attente, son médecin lui avait prescrit des médicaments qui lui causaient d’autres enjeux de santé. « Je commençais à voir trouble. » Il a donc sorti 30 000 $ de son REER et s’est fait opérer dans un hôpital privé à Marseille, a d’abord rapporté Le Devoir cette semaine. On parle de 21 500 $ pour la chirurgie plus les frais pendant 15 jours.
Photo courtoisie Catherine Landry
Son conseil : « Mettez des sous de côté pour quand vous serez malade. J’ai payé des impôts en masse comme propriétaire d’entreprise, j’ai créé des emplois. Malgré ça, j’ai dû payer pour garder ma santé. Le système n’est pas là pour nous. »
Des tonnes de témoignages
Daniel s’est vidé le cœur à mon émission à QUB et son histoire a suscité de vives réactions d’auditeurs qui m’ont contacté pour raconter leur histoire. « Comment économiser pour des soins au privé ? » demande Laura, de Blainville. « J’arrive déjà pas avec l’épicerie et le loyer. Je peux pas mettre une cenne de côté au cas où je serais malade, ça n’a pas de bon sens ! »
Marcel, 68 ans, n’a été hospitalisé que quatre jours dans toute sa vie. « J’ai pas coûté cher au système. Là, pour une arthroplastie du genou, je vais devoir payer 23 500 $ au privé. »
François, de Belœil, raconte que sa belle-sœur devait se faire opérer aux deux hanches. Au public, c’était deux ans d’attente. Elle s’est dit « pas le choix, je vais au privé ». Chaque hanche lui a coûté 28 000 $, dit-il ! Chick-e-chick, sur la carte de crédit !
Une dame qui veut garder l’anonymat attend depuis juillet 2022 qu’on règle son problème de descente de vessie. « Cette chirurgie-là n’est pas du tout considérée comme prioritaire. Ça touche pourtant la santé sexuelle de bien des femmes. »
Yvan, de Sainte-Thérèse, rêve d’un lavage calcique de l’épaule depuis novembre 2023. Pas urgent, ça non plus, ça a l’air. « Mon médecin a relancé ma requête en janvier. J’attends encore. »
Il y a des maudites limites à prendre son mal en patience à ce point-là.
Rendez-nous notre argent !
Le système oublie pour qui il travaille, perdu entre les réformes, les conventions collectives, les mauvais plis, les caprices des uns et des autres. Chacun tire la couverte. Le patient est nu face à un réseau qui est incapable d’apprendre de ses erreurs, qui fonctionne encore à coups de fax et qui épuise son monde, tout en coûtant toujours plus cher.
Daniel Couillard veut qu’on lui rembourse sa chirurgie cardiaque. « Je vais contacter ma députée, c’est la caquiste Agnès Grondin. Pas pour longtemps, je crois ! »
Normand, lui, aimerait se désaffilier de ce système qui le condamne à payer deux fois. Comme bien des Québécois, il n’est pas dupe. « Si je suis obligé de me prévoir un budget santé, suis-je dispensé de payer mes impôts ? »
Bonne question, cher Normand. Elle mérite une sérieuse réflexion.




