Bourses secouées par la guerre: les investisseurs sont nerveux

L’escalade du conflit en Iran a fait trembler les marchés mardi, où un craint une inflation galopante si la guerre s’éternisait.
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Les marchés boursiers ont commencé la journée en forte baisse mardi, secoués par la flambée du prix du pétrole et les craintes d’un retour de l’inflation.
La séance boursière a débuté brutalement à Toronto. L’indice principal S&P/TSX composite a rapidement glissé, en baisse d’environ 3,8 % en matinée.
Mais les marchés ont fini par récupérer une partie de leurs pertes. À Toronto, le S&P/TSX a terminé la séance en baisse d’environ 2,1 %, tandis qu’à New York le Dow Jones a reculé d’environ 1 % et le S&P 500, d’environ 0,8 %.
L’inflation, encore
La hausse du pétrole – qui a dépassé brièvement 85 $US le baril – ravive un vieux spectre : celui de l’inflation des prix de l’énergie qui pourrait ralentir l’économie mondiale.
Pour l’investisseur moyen, cette situation rappelle l’importance de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier, explique Étienne Bergeron, économiste à l’Industrielle Alliance.
Étienne Bergeron, économiste sénior à l’Industrielle Alliance.
Étienne Bergeron
« Le thème de la diversification des portefeuilles est toujours de mise pour les investisseurs. En ce moment, l’instabilité vient du Moyen-Orient, mais ça peut bouger ailleurs et on ne sait jamais où ça va mener. Pour couvrir ses arrières, c’est toujours bon de diversifier son portefeuille géographiquement dans ces temps-là. »
Les matières premières avantagées
« C’est un environnement qui est très positif pour les commodités en général. On le voit avec l’énergie ces jours-ci, mais les métaux aussi font très bien depuis quelques mois. Avoir cette exposition dans un portefeuille, je pense que c’est pertinent », dit Étienne Bergeron.
Le Canada pourrait d’ailleurs profiter en partie de cette dynamique, puisque la Bourse de Toronto est fortement exposée aux ressources naturelles.
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Le détroit d’Ormuz
La grande question demeure toutefois l’impact sur l’inflation.
« La situation actuelle peut faire monter l’inflation, mais pour l’instant le marché escompte quelque chose d’assez limité dans le temps, quelques jours ou quelques semaines », estime l’expert.
« Pour les chaînes d’approvisionnement aussi, il y a un défi. Pour l’énergie, c’est environ 20 % du pétrole mondial qui passe par le détroit d’Ormuz, mais d’autres matières premières transitent aussi par cette région. L’aluminium, par exemple, et plusieurs autres ressources passent par là », explique l’économiste.
« Si la situation devait durer longtemps, il pourrait y avoir des répercussions importantes dans les chaînes d’approvisionnement et éventuellement dans les prix. »
« Si l’inflation monte, les taux vont monter aussi, note aussi l’économiste. Mais il faut aussi se rappeler qu’une guerre coûte extrêmement cher. Les missiles utilisés aujourd’hui valent plusieurs millions de dollars chacun. Les dépenses militaires vont donc augmenter et les gouvernements devront emprunter davantage. »
Une hausse des prix du pétrole stimule généralement la croissance économique canadienne tout en alimentant l’inflation. L’Alberta, fortement dépendante du secteur pétrolier, en profite davantage sur les plans économique et budgétaire. À l’inverse, le Québec et l’Ontario subissent surtout une inflation plus élevée, sans bénéficier du même effet positif sur la croissance, estiment pour leur part les économistes de Desjardins.




