Répercussions de la guerre: en route vers 2$ le litre d’essence

Le prix de l’essence devrait monter à 2 $ le litre dans les prochains jours à cause de la guerre au Moyen-Orient, dont les répercussions font mal au portefeuille des Québécois à la pompe, mais aussi à l’épicerie.
« Ça représente une baisse de 25 à 30 % de mes revenus. Je dois travailler plus et couper dans mes dépenses », déplore Bouzid Essakhi, un Montréalais rencontré alors qu’il faisait le plein.
Ce dernier ne peut pas se passer de sa voiture pour travailler puisqu’il est chauffeur d’Uber.
« Trump fait des conneries et moi j’en subis les conséquences », s’attriste-t-il. Samedi matin, il a déboursé 188,9 par litre d’essence dans une station-service du quartier Saint-Michel.
Le prix de l’essence s’élevait à 188,9 cents dans une station-service du quartier Saint-Michel à Montréal.
Photo Zoé Arcand
« Pire cauchemar »
Depuis les attaques américaines et israéliennes au Moyen-Orient, l’Iran a bloqué le détroit d’Ormuz par lequel passe 20 % de l’approvisionnement en pétrole au monde.
« C’est le pire cauchemar vécu par le marché pétrolier depuis des années. On est devant l’interruption physique de l’exportation de 20 millions de barils de pétrole par jour », souligne Yvan Cliche, spécialiste en énergie au Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal.
Au Québec, 25 % du pétrole est importé de l’extérieur du Canada et provient principalement du marché nord-américain, affirme l’expert.
C’est l’Asie, principal marché des pays du Golfe, qui souffre de problèmes d’approvisionnement, indique M. Cliche.
Mais le prix du pétrole est mondialisé, explique-t-il. Les prix augmentent donc à travers la province.
« Les stations-service sont libres de fixer leur prix, mais certaines taxes varient d’une région à l’autre », explique Nicolas Ryan, le directeur des affaires publiques de CAA Québec.
Moins cher à Québec
C’est pourquoi le prix de l’essence varie à travers le Québec. Il était plus bas dans la capitale nationale, à 1,73 le litre.
« C’est sûr que ça fait une dépense de plus, ça met de la pression sur les budgets », fait valoir, Sophie Victor, de Québec.
Cette dernière s’est rendue à la station-service parce qu’elle voyait les prix en augmentation ailleurs dans la province.
« Je suis choqué, mais je ne peux pas faire autrement que prendre l’auto pour aller travailler. En transport en commun, ce serait trop long », affirme Stan Michel, un père de famille de la métropole qui travaille sur la Rive-Sud.
Ce dernier n’a pas fini d’être choqué puisque le coût du litre d’essence devrait monter à 2 $ dans les prochains jours, selon Yvan Cliche. C’est du jamais vu depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
L’épicerie encore plus chère
Ce n’est pas seulement le pétrole qui est bloqué dans le golfe Persique, mais aussi les fertilisants azotés, produits essentiels à la production agroalimentaire dans la Belle Province.
« Avant 2022, le nitrate et l’urée [des engrais] venaient de la Russie. Le plan B c’étaient les pays du Golfe », explique Martin Caron, le président général de l’Union des producteurs agricoles.
Le blocage du détroit d’Ormuz a déjà un impact sur les prix de ces produits, qui ont déjà augmenté de 10 à 20 %, selon M. Caron.
Le prix du panier d’épicerie, qui ne donnait déjà pas de répit au portefeuille des Québécois, continuera donc d’augmenter.



