Hausse des tarifs d’Hydro-Québec de 3 % | L’électricité augmentera plus que l’inflation

La Régie de l’énergie a tranché : une hausse des tarifs d’électricité de 3 % s’appliquera aux clients résidentiels le 1er avril prochain et l’augmentation sera réduite de 4,8 % à 3,6 % pour les clients commerciaux et industriels pour les trois prochaines années.
Mis à jour hier à
17 h 29
À 3 %, la hausse des tarifs d’électricité est de nature à alimenter l’inflation, puisque selon Statistique Canada, l’Indice des prix à la consommation (IPC) est de 1,8 % au Canada et de 2,8 % au Québec.
La hausse de 3,6 % accordée par la Régie pour les tarifs commerciaux et industriels est inférieure à ce qu’Hydro-Québec avait demandé, soit 4,8 %. La décision a immédiatement été dénoncée par Hydro-Québec, qui pourrait la contester devant les tribunaux.
La société d’État réclamait une augmentation de 40 % de ses dépenses pour l’efficacité énergétique, une demande que la Régie a jugée exagérée et qu’elle a réduite de 13 %.
Au total, la Régie a accepté 98 % des dépenses totales réclamées par Hydro-Québec.
La société d’État affirme tout de même que la décision de la Régie de l’énergie compromet son Plan d’action 2035 qui vise à augmenter la production d’électricité. « Les ajustements imposés envoient un signal préoccupant et auront des conséquences concrètes pour les clients, particulièrement en matière de fiabilité du réseau et d’efficacité énergétique », a fait savoir Hydro-Québec, qui dit « examiner les options qui s’offrent à elle » pour la suite des choses.
Pour les consommateurs résidentiels, la hausse de 3 % se traduira à compter du 1er avril par une augmentation de 2,30 $ de la facture mensuelle pour un logement de 68 mètres carrés et de 5,46 $ par mois pour une maison moyenne de 158 mètres carrés.
La Régie a par ailleurs refusé le tarif plus élevé proposé par Hydro-Québec pour les clients résidentiels qui consomment 3,5 fois plus d’énergie que la moyenne et qui auraient payé plus cher pour chaque kilowattheure. Sans être contre ce principe, la Régie a demandé à Hydro-Québec de refaire ses devoirs et de refaire une proposition mieux étoffée.
La hausse de 3 % des tarifs résidentiels sera répartie de façon à favoriser l’utilisation responsable de l’énergie, a toutefois décidé la Régie. L’augmentation sera deux fois plus importante sur le prix de la deuxième tranche d’énergie que sur la première, qui couvre les besoins de base.
La proposition d’Hydro-Québec d’imposer des frais de 1,40 $ pour continuer d’envoyer des factures papier a aussi été rejetée par la Régie de l’énergie.
Moins pire que prévu
Pour les clients commerciaux et industriels, qui faisaient face à une augmentation du coût de l’électricité de 4,8 % pour chacune des trois prochaines années, la hausse de 3,6 % est à la fois un soulagement et une autre mauvaise nouvelle à absorber.
« C’est mieux que ce qu’on craignait », admet Jocelyn Allard, porte-parole des grands consommateurs industriels d’électricité. « Ce n’est quand même pas une situation idéale d’apprendre que nos coûts d’électricité vont augmenter de 3,6 % par année pour les trois prochaines années », a-t-il réagi.
PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE
Jocelyn Allard, porte-parole des grands consommateurs industriels d’électricité
La Régie de l’énergie a ramené de 4,8 % à 3,6 % la hausse réclamée par Hydro-Québec pour les clients commerciaux et industriels en invoquant le climat économique difficile qui nécessite de maintenir des tarifs compétitifs pour l’électricité.
Si le gouvernement Legault et Hydro-Québec ne nous écoutent pas, au moins la Régie de l’énergie nous entend.
Jocelyn Allard, porte-parole des grands consommateurs industriels d’électricité
Les petites entreprises québécoises avaient aussi dénoncé le fait d’avoir à supporter des hausses du coût de l’électricité disproportionnées, qui s’appliquent aussi aux écoles, aux hôpitaux et aux institutions publiques dont les budgets sont serrés ou réduits.
La décision de la Régie est un soulagement, a fait savoir François Vincent, vice-président pour le Québec de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, « mais elle laisse tout de même un arrière-goût amer pour les entrepreneurs ».
« Cette augmentation pour les trois prochaines années demeure l’une des plus fortes en quinze ans », a-t-il souligné, alors que les PME sont sous pression. La hausse des tarifs d’électricité s’ajoute à l’augmentation du prix de l’essence et du poids de la taxe carbone unique au Québec, « un cocktail déjà nocif pour les petites entreprises ».




