«C’est très aléatoire ici, on ne sait jamais quand on va avoir de l’électricité»: une Québécoise à Cuba s’inquiète de la panne d’électricité généralisée qui touche le pays

Cuba a été frappée lundi par une panne d’électricité généralisée, semant l’inquiétude sur l’île, déjà secouée par une crise énergétique profonde et mise sous pression par Washington.
« Ça m’inquiète […] C’est très aléatoire ici, on ne sait jamais quand on va avoir de l’électricité. J’ai beaucoup d’amis qui ont perdu toutes leurs denrées », a rapporté au Journal Marie-Josée Simard.
La Québécoise se trouve à Santa Lucia, dans la province d’Holguin, depuis le 28 décembre, afin de passer du temps dans son pays chouchou.
Son vol de retour, prévu pour février, a toutefois été annulé en raison de la crise qui touche le pays. Elle doit maintenant rester à Cuba jusqu’au 1er mai.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l’émission de Richard Martineau, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Des coupures récurrentes
Depuis plus de deux ans, le pays de 9,6 millions d’habitants est soumis à des coupures massives récurrentes, parfois durant plusieurs jours.
Mais cette nouvelle panne générale, la sixième depuis octobre 2024, survient dans un contexte particulièrement tendu.
L’économie cubaine est au bord du gouffre, paralysée par le blocus énergétique imposé par Washington après la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro début janvier.
« C’est un peuple résilient, mais on sent la panique. Je connais des familles qui mangent une journée sur deux. Ils n’ont plus aucune confiance en leur gouvernement », a affirmé Marie-Josée Simard.
Cet hôtel à La Havane, à Cuba, peut s’estimer chanceux de posséder une génératrice tandis que tous les autres bâtiments autour sont plongés dans le noir.
AFP
Elle espère assister au changement de régime, un espoir partagé par plusieurs Cubains.
Donald Trump a d’ailleurs dit lundi « croire » qu’il « aura l’honneur de prendre Cuba », sans préciser exactement ce qu’il entendait par ce verbe.
Aucune livraison de pétrole
Depuis deux mois, les livraisons de pétrole en provenance du Venezuela, principal fournisseur de La Havane, sont interrompues et l’administration Trump menace de sanctionner tout pays qui enverrait du pétrole à l’île des Caraïbes.
Cette situation a contraint le gouvernement cubain à rationner considérablement la distribution d’essence, ce qui perturbe durement tous les secteurs de son économie.
« On a eu 45 heures sans électricité la semaine dernière. Ça a été très difficile de gérer ça. J’ai une batterie de bateau et de scooter pour faire fonctionner la maison, mais elles étaient les deux à plat donc il a fallu emprunter une génératrice à essence sauf que l’essence coûte 9 $-10 $ le litre », raconte Marie-Josée Simard, qui doit s’en procurer illégalement.
Des personnes dans la rue à La Havane lors d’une panne d’électricité généralisée le 16 mars.
Photo AFP
Pour justifier sa politique, Washington invoque une « menace exceptionnelle » que ferait peser Cuba, île caribéenne située à seulement 150 km des côtes de la Floride, sur la sécurité des États-Unis.
La Havane accuse en retour Donald Trump de vouloir « asphyxier » l’économie du pays, sous embargo américain depuis 1962 et qui a subi ces dernières années un renforcement des sanctions américaines.
– Avec l’AFP
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