Direction de la CAQ | Il ne faut pas faire un troisième lien pour « l’ego » de Drainville, dit Fréchette

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Les candidats à la chefferie caquiste Christine Fréchette et Bernard Drainville ont croisé le fer et n’ont pas hésité à remettre en question des positions historiques du parti, que ce soit sur le troisième lien, sur la permanence dans la fonction publique, sur l’interventionnisme de l’état ou le gaz de schistes, samedi à Québec.
Publié à
10 h 28
Mis à jour à
14 h 24
Pas question de faire un troisième lien pour « l’ego » de Bernard Drainville
Les gants ont rapidement été jetés dans ce premier débat officiel de la course à la chefferie caquiste. Christine Fréchette a descendu en flammes la mouture actuelle de pont-tunnel autoroutier entre Québec et Lévis. À un coût supérieur à 10 milliards, le projet « dont personne ne veut dans le tracé actuel » est équivalent à la construction de « 325 écoles », a-t-elle dénoncé. Le parcours doit être choisi « pour les gens » de Québec et de Lévis, pas « pour toi et pour ton ego », a-t-elle lancé à son adversaire. Ce dernier a déploré ce qu’il estime être une « attaque personnelle » – et a répliqué que la proposition de Mme Fréchette de réaliser cette promesse phare de la Coalition avenir Québec (CAQ) en collaboration avec le secteur privé et dans l’est était une façon de l’enterrer sans le dire. M. Drainville a précisé que son ego « est de taille tout à fait normale et respectable ».
La fin de la permanence dans la fonction publique fait des flammèches
M. Drainville promet d’abolir la permanence dans la fonction publique. Lors de son passage à l’Environnement, il a coupé à regret des postes d’employés temporaires et occasionnels, des « jeunes », plutôt que des travailleurs moins performants et plus âgés. Il veut également libéraliser le secteur de la construction. « Il faut débattre de nos idées si on veut relancer notre parti », a-t-il expliqué d’entrée de jeu. Mme Fréchette de son côté veut des conséquences pour les hauts fonctionnaires qui ne « rencontrent pas les objectifs ». Mais la fin de la permanence, ce serait « injecter beaucoup d’arbitraires dans la fonction publique », et cela pourrait ouvrir la porte à de l’ingérence politique. Pour réduire la taille de l’État, dit-elle, il serait plus habile d’offrir des programmes de départ à la retraite.
PHOTO PASCAL RATTHÉ, COLLABORATION SPÉCIALE
Bernard Drainville
Tirer la plogue sur Northvolt
Bernard Drainville a pris soin d’encenser le premier ministre François Legault sur son entente historique avec Terre-Neuve sur l’électricité. Mais avant les fleurs, le pot : il est très critique de l’interventionnisme de l’état mis de l’avant par ce dernier et par Mme Fréchette, alors à l’Économie. M. Drainville résume sa vision ainsi : que « l’État se tasse du chemin », et laisse les entrepreneurs « créer de la richesse et des emplois ». Celle qui a remplacé Pierre Fitzgibbon comme « superministre » a répliqué qu’elle a « tirer la plogue sur Norhtvolt et Lion électrique ». Elle croit tout de même que le gouvernement a son rôle à jouer pour « aider les entreprises à développer leur carnet de commandes ». Elle propose elle-même de réduire au minimum les « prêts pardonnables » et de se concentrer sur l’aide aux petites et moyennes entreprises.
De l’eau dans le gaz
La proposition de Christine Fréchette d’ouvrir le débat sur l’exploitation des gaz de schistes a soulevé l’inquiétude de certains députés l’ayant appuyé, a-t-elle admis. Mais elle n’en démord pas : le nouveau contexte économique, notamment la guerre en Iran, force la réflexion, même si elle ne dit pas un « oui » inconditionnel à la fracturation hydraulique. Sa « conclusion n’est pas déjà écrite ». M. Drainville, lui, a férocement critiqué l’idée, qui ne passera pas selon lui en Montérégie et dans Lotbinière. « La fracturation hydraulique, c’est non. Si vous me demandez à choisir entre l’eau et le gaz, je vais toujours choisir l’eau », a-t-il lancé.
À qui donne-t-on notre énergie ?
Le gouvernement caquiste a été fortement critiqué par les partis d’opposition, car dans un contexte où les surplus énergétiques d’Hydro-Québec ont disparu, plusieurs entreprises québécoises n’ont pas été capables d’obtenir de l’électricité pour leurs projets de développement. M. Drainville a lancé une flèche à Mme Fréchette, qui était aux commandes : au lieu de prioriser les centres de données gourmands en énergie, le gouvernement devrait plutôt appuyer les projets miniers et les entreprises de région. Cette dernière a répliqué que la souveraineté numérique est importante, et qu’avec le Cloud Act, l’administration américaine a accès aux données du Québec lorsqu’elles sont hébergées par des entreprises américaines. « Ça nous met sérieusement à risque », a-t-elle dit.
PHOTO PASCAL RATTHÉ, COLLABORATION SPÉCIALE
Christine Fréchette
Accéder à la propriété
Sur l’habitation, Mme Fréchette a défendu sa proposition de rebrousser la taxe de bienvenue aux premiers acheteurs. M. Drainville a dit craindre une hausse du prix des maisons. Elle a répliqué que cette mesure n’est « pas inflationniste », puisqu’elle ne concerne que 12 à 15 % du marché immobilier. M. Drainville propose plutôt que l’État québécois prête la mise de fonds aux premiers acheteurs, se procurant une maison neuve. La somme serait financée par des institutions financières privées, comme avec le modèle d’aide financière aux études. Christine Fréchette a indiqué que les coûts de sa promesse, sans les chiffrer exactement, seraient épongés par l’enveloppe de 250 millions prévue pour le nouveau chef dans le récent budget Girard. Il a aussi promis un conseil des ministres de taille réduite, et nommerait Mme Fréchette vice-première ministre. Elle ne lui a pas rendu la pareille, et a plutôt indiqué qu’il serait toujours ministre si elle gagne la course.
Un vote le 12 avril
Il ne reste qu’un débat dans la course à la chefferie. Il aura lieu à Laval, samedi prochain, et abordera les thèmes de la santé, de l’éducation, de la sécurité, du logement et de l’itinérance ainsi que de l’immigration et l’identité.




