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Mahée Paiement sort de sa zone de confort et s’épanouit dans ce nouveau rôle!

Le temps nous transforme et nous bonifie. Pour Mahée Paiement, le temps qui passe est assurément source d’épanouissement. La comédienne aborde la vie sans se tourner vers le passé ni se projeter dans l’avenir. Depuis qu’elle s’est habituée au rythme de la garde partagée, elle savoure pleinement les moments avec ses trois enfants, puis réserve du temps à la femme en elle, apprenant à se déposer tout en comptant sur de solides amitiés.

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Mahée, le rôle qu’on t’a proposé dans Alertes te sortira de ta zone de confort, semble-t-il…

Vraiment, je suis super contente ! Je joue le rôle de Magalie Parenteau, une ancienne enquêtrice qui est tombée dans la drogue. Elle avait réglé son problème de consommation et tout allait bien, mais elle est passée de top enquêtrice à un retour chez sa mère, à Val-d’Or, où elle travaille comme barmaid. Presque toutes mes scènes sont avec la magnifique Sophie Prégent, qui comprend le désarroi et la détresse de mon personnage.

Au niveau professionnel, as-tu déjà eu à jouer ce genre d’intensité ?

J’avais joué une mannequin héroïnomane dans Diva à l’époque, mais je n’avais rien eu à jouer d’aussi intense que ces scènes-là. Ça faisait longtemps que je n’avais pas eu un rôle avec de la viande autour de l’os, comme on dit. J’adore jouer la comédie, mais je suis contente de faire quelque chose de dramatique. C’est un beau défi, parce qu’évidemment, ça ne me ressemble pas du tout. C’est très libérateur de jouer un personnage hyper trash. J’ai travaillé avec Mathieu Handfield, qui est le réalisateur d’Alertes, mais qui est aussi comédien. J’adore sa direction. Et c’est une super belle équipe.

TVA

Dans «Alertes», Mahée incarne une ancienne enquêtrice qui a surmonté ses problèmes de consommation.

Tu seras aussi de retour dans la 12e saison d’Un gars, une fille avec ton personnage de Mélanie…

Oui, nous allons tourner cet été, et j’en suis très heureuse. Les personnages demeurent attachants : c’est drôle, intelligent et touchant. De plus, c’est un plateau extraordinaire ! Sylvie Léonard et Guy A. Lepage sont rassembleurs   ; avec eux, on a le sentiment de former une famille et on joue toujours dans le plaisir. Je suis toujours la blonde de Martin Petit. Lui et moi, on est comme deux gamins. Mon personnage de Mélanie est adorable : c’est une amoureuse. Je fais également partie de la distribution de la troisième saison de Vestiaires. C’est un autre beau cadeau dans ma vie.

Qui campes-tu, cette fois-ci ?

Pamela est une nouvelle responsable du centre sportif et du vestiaire, reconnue pour être une gaffeuse. Cette grande blonde déborde de personnalité et fait preuve d’une empathie remarquable. Le personnage de Michel Charette a un véritable coup de cœur pour elle. Sur ce plateau, on travaille avec des acteurs handicapés vraiment formidables. Leur présence dans la série sensibilise le public à leur réalité tout en créant de nombreuses situations comiques. C’est un superbe projet qui offre une expérience extraordinaire et qui aide à remettre les choses en perspective.

Tu as eu 50 ans en janvier dernier. Ce cap force-t-il à dresser un bilan à certains égards ?

Le bilan, je le fais constamment. Je le faisais à 30, à 42, à 49 ans. Je le fais encore à 50, et je vais le faire à 51 ans. S’il y a bien une chose que je remarque, c’est que j’arrive de plus en plus à lâcher prise. Avant, j’avais tendance à m’acharner. Mais tranquillement, je sens quand c’est le moment non pas de lâcher ou d’abandonner, mais de me dire qu’il arrivera ce qui arrivera, parce que j’ai le sentiment d’être allée au bout et d’avoir fait ce qu’il fallait. Mais je ne vais jamais être zen. Ça n’arrivera pas. (Sourire) Cependant, sans être zen, je trouve intéressant de me rendre compte que dans différentes situations de vie au quotidien – que ce soit au travail ou dans ma vie personnelle, avec mes enfants –, je ne réagis plus de la même manière. C’est sûr que c’est une période intense, surtout pour les femmes. Il y a une certaine pression exercée sur nous. Heureusement, je trouve que le fait de vieillir pour les femmes est quand même plus accepté maintenant. Je suis fière de moi, parce que je me sens plus douce et bienveillante envers moi-même.

Est-ce que je me trompe en disant que tu sembles aussi un peu moins exigeante ?

Non, tu ne te trompes pas. Je demeure intègre, je veux être élégante, mais je ne suis pas toujours en train de me demander de quoi j’ai l’air. C’est plus organique, plus spontané. Je suis coquette, c’est sûr, mais mes standards évoluent. Les plus grands changements sont intérieurs. Avant, j’avais beaucoup de mal à être dans le présent. Je me projetais dans le futur. Souvent, je vivais dans le passé. Je ressentais de la nostalgie. Le fait d’accepter d’être ici et maintenant m’aide beaucoup. Il y a également des changements au niveau de l’énergie, au niveau physique, mais tout le monde vieillit. Toutes les femmes de la Terre vieillissent.

Marï photographe

Ta vie familiale fait-elle en sorte que tu as plus de temps pour toi ?

Oui, j’ai vraiment plus de temps pour moi parce que j’ai mes enfants en garde partagée, une semaine sur deux. Quand l’adaptation est terminée et qu’on a fait son deuil de la famille nucléaire ou traditionnelle – ce qui n’est vraiment pas évident à faire –, on commence à lâcher prise sur le format et à réaliser qu’il y a des avantages. Il peut arriver qu’un jeudi soir, j’aille souper avec mes copines ou que je regarde une série. Jean-François et moi, nous avons une structure, une stabilité, mais aussi une belle flexibilité.

Vous êtes rendue dans une phase où tout s’est apaisé…

Oui, et ça faisait un moment que ce n’était pas arrivé. On est vraiment de bonne foi et bienveillants. C’est très agréable. Pour moi, la garde partagée a nécessité une grande adaptation. Il faut voir le bon côté des choses. S’il y a bien une chose que je peux vous dire aujourd’hui et que je ne vous aurais pas dite il y a quelques années — ou même quelques mois —, c’est que je ne me sens pas mal de me déposer. Je suis quand même une fille d’action, j’ai toujours besoin que ça bouge, mais maintenant, je suis à l’aise dans le fait de me reposer, et parfois même de ne rien faire. Des fois, je refuse des sorties. J’ai juste besoin d’être dans ma vie.

Tout le monde a donc trouvé son rythme, y compris tes enfants…

Oui, et parfois, je les vois même quand ce n’est pas ma semaine et vice versa. Jean-François et moi sommes flexibles, et c’est très bien ainsi. Nous habitons tout près l’un de l’autre, ce qui est génial. Pour les enfants comme pour moi, c’est beaucoup plus simple. Mais je remarque que ça passe super vite. Mes enfants sont à l’âge où ils ont leurs amis et beaucoup d’activités. Ma fille a un agenda présidentiel ! Les garçons font beaucoup de sport. À 9 et bientôt 11 ans, ils jouent au hockey et ont leurs amis. Ils s’amusent. Mes enfants ne sont plus toujours à la maison.

Trouves-tu ça inspirant de voir tes enfants devenir autonomes, indépendants ?

Oui, ils ont leur vie. J’aime parler de ça avec d’autres mamans, c’est précieux pour moi. Ça me nourrit énormément. C’est fou parce que toute notre vie, à partir de leur naissance, on essaie de rendre nos enfants autonomes et épanouis pour qu’ils arrivent, en fin de compte, à fonctionner un peu sans nous éventuellement. C’est vraiment incroyable de ne voir ma fille que quelques heures par semaine entre les amis, les devoirs et les cours de danse. Elle fait partie d’une troupe et fait, entre autres, du hip-hop et du breakdance. Elle est super occupée. J’aime que ses amis viennent à la maison, car ça me permet de la voir un peu. Sinon, je m’ennuie. Dans les faits, on aime garder un œil sur nos adolescents. Je trouve que ma fille a une belle maturité. Le temps passe super vite alors j’essaie d’en profiter, d’être dans le présent, parce que le temps nous glisse un peu entre les doigts…

Cette étape de votre vie te permet-elle d’avoir plus de temps pour l’amitié ?

Oui, vraiment. Cet aspect a repris une grande place dans mon quotidien. J’ai beaucoup de belles connaissances ou de copines que je vois de façon occasionnelle. Ça me remplit de bonheur. J’ai aussi des gens dont je suis très proche, comme mon meilleur ami, Jean-François Beaupré. Chaque fois qu’on se voit, on fait de la musique, on chante, on s’amuse. C’est un musicien exceptionnel, il a une voix magique ! C’est aussi un acteur formidable. Il est merveilleux.

Quasiment comme un frère…

Oui. Comme c’est un fils unique, il me dit souvent que je suis comme sa sœur. Moi, j’ai un grand frère qui habite en Ontario et que je ne vois pas souvent. Nous sommes malgré tout présents dans la vie l’un de l’autre. J’ai également une tante, Valérie, qui est la sœur de ma mère. Nous avons six ans de différence, mais c’est comme une grande sœur pour moi. Nous avons été élevées ensemble. J’ai aussi renoué avec une super belle gang de filles, un peu comme dans l’esprit de Sex and the City. Nous avons de belles conversations remplies de bienveillance. Aucune compétition. Nous nous tirons vers le haut. Nous sommes là les unes pour les autres, et c’est précieux.

La femme en toi occupe donc plus de place que jamais.

Oui, ça me laisse du temps pour moi, mais aussi pour accepter de très beaux projets. Comme mes enfants sont plus vieux, si je tourne, je peux m’organiser. Quand on me parle de conciliation travail-famille, je suis rendue à une étape où ce n’est pas compliqué. Et comme je m’entends bien avec leur père, c’est très facilitant.

Tout le monde y gagne, finalement !

Oui, mais je pense que ça demande beaucoup de compromis et de bienveillance pour y arriver. Jean-François a une blonde merveilleuse. Je suis contente que mes enfants aient eu une belle-maman comme elle.

Alors, c’est une belle décennie qui commence…

Oui, ma vie va bien. Comme tout le monde, j’ai de belles journées magiques où tout est fantastique, puis d’autres journées où c’est le chaos. Janette Bertrand a dit un jour que le bonheur ne venait pas frapper à notre porte et que, subitement, on était heureux. En vieillissant, je me rends compte que certaines grandes phrases que nos grands-mères disaient sont tellement vraies. Par exemple, que la vie passe vite, qu’il faut essayer d’être dans le présent, que le bonheur est dans les petites choses du quotidien… Pourquoi on ne les écoutait pas, à l’époque ? (sourire) Probablement parce qu’il faut expérimenter par nous-mêmes pour finir par comprendre. Aujourd’hui, si on me demandait d’échanger ma maturité émotionnelle, je ne le ferais pas. Je ne reviendrais pas en arrière. J’ai travaillé trop fort pour arriver où je suis. Et arriver à s’aimer et à s’accepter, ça ne se produit pas du jour au lendemain. C’est un processus. C’est fait d’allers-retours. Moi, j’ai choisi d’embrasser ce qui est là.

Alertes, mardi 20 h, à TVA et sur TVA+. Un gars, une fille et Vestiaires sont disponibles sur Tout.tv. Extra.

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