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Véhicule du SIM | Cambriolé pendant un match de hockey

Le Service de sécurité incendie de Montréal (SIM) s’est fait voler pour près de 150 000 $ d’équipement quand un pompier a utilisé son véhicule de fonction pour assister à un match de hockey de son fils, a appris La Presse. L’évènement, survenu il y a quelques semaines, provoque des remous à l’interne et une enquête est en cours.


Publié à
5 h 00

L’évènement s’est déroulé le 20 février. Ce jour-là, les équipes du SIM avaient été appelées à assister la Gendarmerie royale du Canada (GRC) dans le cadre d’une perquisition dans un laboratoire de drogues de synthèse, sur la Rive-Sud de Montréal.

Une fois l’intervention terminée, un pompier-lieutenant a demandé l’autorisation à son directeur d’arrêter à l’aréna de Sainte-Julie, où son fils jouait au hockey. La direction lui a alors donné le feu vert, malgré le fait qu’il avait un véhicule de fonction.

Mais tout ne s’est finalement pas passé comme prévu. Pendant le match, des voleurs sont parvenus à accéder à l’intérieur du camion, en démontant les poignées de porte, puis ont volé plusieurs équipements de sécurité incendie. En coulisses, on soupçonne que l’employé aurait pu avoir été « filé » depuis la scène policière.

L’employé, spécialisé en matières dangereuses, conduisait alors un camion appartenant à l’unité de sauvetage en milieu urbain. On appelle aussi cette section la « Task Force 6 ». Elle est financée en grande partie par le gouvernement fédéral et n’est censée être déployée qu’en cas de catastrophe majeure.

Au moment des faits, le véhicule contenait des équipements d’une grande valeur, comme un détecteur de gaz à la fine pointe de la technologie, dont la valeur est estimée à 100 000 $.

D’autres équipements ont également été volés, pour une valeur totale de 130 000 $. Selon nos informations, ce chiffre pourrait toutefois être sous-estimé. De précédentes estimations faisaient plutôt état de 200 000 $.

« Manque de sérieux »

Deux investigations distinctes sont présentement menées sur cet évènement. D’abord, le SIM mène une enquête administrative, mais aucun détail ne peut encore être fourni, nous a indiqué le chef de division aux communications, Guy Lapointe.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Guy Lapointe en 2020, alors employé de la Sûreté du Québec

Chez les policiers, une enquête a été ouverte par la Régie intermunicipale de police Richelieu–Saint-Laurent (RIPRSL), qui couvre 17 municipalités sur la Rive-Sud, dont Sainte-Julie.

Selon l’agent sociocommunautaire au RIPRSL Éric Boulianne, aucune arrestation n’a encore été effectuée.

« Il y avait des caméras, donc on est en train de les visionner. Il y en avait sur l’aréna et dans le stationnement à côté », s’est-il limité à dire.

À l’Association des pompiers de Montréal (APM), un syndicat qui représente 2400 membres, le président Chris Ross ne mâche pas ses mots.

Ça démontre un manque de contrôle et un manque de sérieux, puis d’imputabilité de la part du SIM, comme on voit dans de nombreux dossiers.

Chris Ross, président de l’Association des pompiers de Montréal

M. Ross dénonce d’ailleurs le flou autour du groupe de la « Task Force ». « Il y a des millions qui vont là-dedans en subventions depuis des années, mais l’équipe n’est toujours pas réellement fonctionnelle. On ne comprend pas où on s’en va avec ça. »

« Ils ont un hangar incroyable avec des équipements impressionnants, comme si on était prêts pour la guerre mondiale. Mais on ne s’en sert pas. Et chaque fois qu’on pose des questions, c’est très nébuleux », ajoute-t-il.

En pleines négociations

Tout cela survient alors que les négociations avec la Ville ont toujours lieu pour le renouvellement de la convention collective des pompiers, échue depuis la fin de 2024.

Les discussions sont entre autres marquées par des pénuries d’équipements. L’administration Martinez Ferrada prévoit investir environ 67,3 millions pour remplacer l’équipement du service d’incendie dans la prochaine décennie, soit d’ici 2035.

À la fin de janvier, La Presse avait rapporté que la Ville de Montréal a dépensé près de 19 millions en heures supplémentaires l’an dernier pour rappeler au travail des employés à l’uniforme propre, faute de pouvoir laver à temps les habits de combat de ses pompiers.

Ce dossier remonte à 2020 à la suite d’une modification des normes sur la décontamination des habits de combat. Une décision qui a entraîné un décret de la CNESST forçant le SIM à décontaminer les habits de ses pompiers après chaque intervention, peu importe sa nature.

Or, Montréal ne dispose toujours que d’un site où les habits de combat de ses pompiers sont décontaminés, soit au centre de formation du SIM rue Notre-Dame Est, dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve.

Avec la collaboration de Vincent Larin, La Presse

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