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Mission Artemis II | Une Canadienne assurera la liaison vocale entre la Terre et l’espace

(Washington) Jenni Gibbons a toujours été fascinée par les étoiles. Cette astronaute originaire de Calgary s’apprête à participer à la mission Artemis II de la NASA, qui enverra des humains sur la Lune pour la première fois depuis plus de 50 ans.


Publié le
29 mars

Kelly Geraldine Malone

La Presse Canadienne

« Une grande partie de notre vie est rendue possible grâce à l’espace », a souligné Mme Gibbons lors d’une entrevue avec La Presse Canadienne.

Jenni Gibbons est l’astronaute de réserve du Canadien Jeremy Hansen. Si tout se passe comme prévu, elle ne sera pas à bord de la fusée, mais elle jouera tout de même un rôle essentiel au sein de la mission.

La NASA a fixé la date de lancement d’Artemis II au 1er avril, avec une fenêtre de lancement de six jours s’étendant jusqu’au 6 avril.

L’agence spatiale avait tenté d’envoyer les quatre astronautes depuis le Centre spatial Kennedy, en Floride, pour un survol de la Lune de dix jours en février, mais le lancement avait été retardé par des fuites de carburant à l’hydrogène et des problèmes de débit d’hélium.

S’il n’y a pas de problème la semaine prochaine, Jeremy Hansen, 50 ans, originaire de London, en Ontario, sera le spécialiste de mission d’Artemis II et deviendra le premier non-Américain à voyager au-delà de l’orbite terrestre basse. Il sera accompagné des astronautes chevronnés de la NASA Reid Wiseman, Victor Glover et Christina Koch.

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

L’astronaute canadien Jeremy Hansen

Mme Gibbons a été désignée comme astronaute de réserve afin de garantir que le Canada conserve sa place dans la mission au cas où M. Hansen ne pourrait pas décoller, a indiqué l’Agence spatiale canadienne.

Bien que Mme Gibbons rêve de voyager dans l’espace depuis son enfance, elle a raconté qu’elle était proche de M. Hansen et de sa famille et qu’elle était honorée de jouer un rôle de soutien dans la mission.

« Je souhaite plus que tout voir son rêve se réaliser et le voir voler dans l’espace lors d’une mission couronnée de succès », a-t-elle souligné.

Une préparation semblable aux autres

En tant qu’astronaute remplaçante, Mme Gibbons a suivi pendant des années la même formation que ceux qui embarqueront à bord de la fusée.

Avant le lancement prévu la semaine prochaine, elle doit rester prête et se mettre en quarantaine avec les autres astronautes.

Dans les jours et les heures précédant le décollage, Mme Gibbons entrera également dans la capsule pour s’assurer qu’elle est prête à emmener les astronautes.

Pendant que la fusée fera le tour de la Lune, Mme Gibbons assurera la liaison vocale entre la Terre et l’espace. Elle fera partie de l’équipe qui guidera M. Hansen et les autres astronautes sur les objectifs clés de la mission.

L’équipe attend le décollage avec impatience tout en se concentrant sur l’exécution du plan sur lequel elle travaille depuis des années, a-t-elle mentionné.

L’équipage est prêt. Je suis vraiment fière de la façon dont ils ont mûri et se sont préparés pour cette mission, et l’équipe est prête à les soutenir elle aussi », a-t-elle indiqué.

Jenni Gibbons, astronaute originaire de Calgary

Ce sera un moment historique pour cette enfant des Prairies dont les explorations du paysage de sa région natale durant son enfance lui ont fait prendre conscience des possibilités illimitées de l’univers.

Alors que tout le monde s’émerveille devant le ciel nocturne, rares sont ceux qui deviennent astronautes. Mme Gibbons a eu de formidables modèles et mentors pendant son enfance. Des personnes qui lui ont montré que rien, pas même l’espace, n’était hors de sa portée.

« Je savais simplement que c’était une possibilité », a avancé Mme Gibbons.

Sa mère a contribué à semer cette graine en l’emmenant écouter la légendaire astronaute canadienne Roberta Bondar.

L’astronaute a toujours été attirée par la résolution créative de problèmes et les sciences. La combinaison de ces intérêts l’a conduite vers l’ingénierie. Elle a obtenu un diplôme en génie mécanique à l’Université McGill avant de réaliser un doctorat au Jesus College de Cambridge.

« Quand le Canada a annoncé qu’il recrutait des astronautes, je me suis souvenue de toute cette curiosité et de toutes ces expériences de jeunesse, a témoigné Mme Gibbons. Et je me suis dit : ce serait tellement génial de faire partie de ça ! »

Elle a été sélectionnée par l’Agence spatiale canadienne en 2017, à l’âge de 28 ans – devenant ainsi la troisième femme à rejoindre les rangs des recrues astronautes canadiennes – et s’est rapidement installée à Houston pour suivre une formation.

Une mission fondamentale 

Le rôle du Canada dans la prochaine mission lunaire est essentiel, estime Mme Gibbons. Le pays compte de nombreux experts dans les domaines technologiques qui soutiennent l’exploration spatiale, comme la robotique.

Investir dans ces technologies révolutionnaires fait progresser l’expertise spatiale du Canada, mais a également un impact économique en créant des emplois et en stimulant l’innovation, selon Mme Gibbons.

Les missions spatiales aident également les Canadiens à mieux comprendre leur propre vaste territoire.

« L’exploration spatiale est fondamentale et importante pour le monde entier, mais surtout pour le Canada, car nous sommes un pays immense, où tant de nos ressources naturelles et, en réalité, le cœur même de notre paysage ne peuvent être observés et appréciés que depuis l’espace, a-t-elle déclaré. Il est donc particulièrement important pour nous d’investir dans les ressources spatiales. »

Compte tenu de la situation géopolitique mondiale morose, Artemis II « est un exemple brillant de ce que l’on peut accomplir lorsque l’on collabore, que l’on coopère et que l’on partage une mission commune », a précisé Mme Gibbons.

Elle a ajouté que cette mission emmènera les humains plus loin de la Terre que quiconque ne l’a jamais fait, et permettra aux astronautes de voir de près des parties de la Lune que l’œil humain n’a jamais observées auparavant.

L’équipe travaille avec des géologues qui souhaitent recueillir les descriptions des astronautes concernant les couleurs et les textures de la face cachée de la Lune.

« Ils s’intéressent également beaucoup à ce que ces caractéristiques nous font ressentir en tant qu’êtres humains et à notre réaction face à elles », a-t-elle souligné.

Ce sentiment d’émerveillement très humain relie les astronautes dans l’espace aux personnes qui les regardent depuis le sol.

« Combien de personnes sortent dans leur jardin pour regarder la Lune et passent du temps à observer ses reliefs ? Ou peut-être, si vous avez la chance d’avoir un télescope ou des jumelles, vous pouvez en voir un peu plus, a-t-elle mentionné. C’est tout simplement génial de savoir que l’équipage d’Artemis II fera la même chose. »

Avec des informations de Sidhartha Banerjee

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