«Un certain soulagement»: les Cataractes répliquent au Phœnix

La formation de Shawinigan a empoché un premier gain, au compte de 2 à 1, dans cet affrontement 4 de 7.
«Il y a un certain soulagement», admet Daniel Renaud, entraîneur des Cataractes, qui avaient gagné les 12 dernières parties contre le Phoenix avant de s’incliner deux fois de suite dans les présentes séries.
Olivier Charron a joué les héros mardi au Palais des sports en passant la gratte devant le gardien Labbé alors qu’il restait un peu plus de trois minutes au cadran: «Le sentiment est incroyable! J’étais vraiment content. On a travaillé tellement fort cette saison, donc ce but gagnant est ma récompense.»
«Souvent dans les séries, c’est la première victoire qui est la plus dure à obtenir, poursuit Daniel Renaud. Naturellement, il y a un certain buzz dans le vestiaire actuellement, j’encourage les gars à apprécier la victoire et à avoir du fun à gagner en équipe. Mais demain matin, tout sera à recommencer. Ce n’est pas facile de gagner une période ou une partie contre Sherbrooke présentement, mais nos joueurs comprennent ce que ça prend pour avoir du succès demain.»
Les deux équipes se retrouveront mercredi soir à Sherbrooke pour la quatrième rencontre de ce duel.
Un capitaine mal en point
Les Cataractes avaient amorcé le match en lion avec un retard de 2 à 0 dans cette série, et malgré une nette domination en première période, la marque était toujours de 0-0 après 20 minutes.
Il aura fallu attendre un lancer de la ligne bleue de Jean-Félix Lapointe en deuxième période pour voir l’égalité de 0-0 être brisée.
«On était trop confortables en première période, explique Gilles Bouchard, entraîneur du Phoenix. On ne jouait pas comme à l’habitude. On est revenus fort en deuxième période et ensuite, il est arrivé toutes sortes de choses. Mais c’est ça, les séries.»
Parmi ces «toutes sortes de choses», on peut compter un violent double-échec dans le cou d’un attaquant du Phoenix durant un avantage numérique, un geste resté impuni menant au premier but des Cataractes.
Une séquence qui a poussé les quelque 2600 spectateurs à faire connaître leur mécontentement.
«Je ne suis pas là pour critiquer les décisions des arbitres, même si on est pas tout le temps d’accord, rappelle Gilles Bouchard. Mais en fin de compte, c’est toujours eux qui décident. C’était un double-échec, c’est certain. On en a parlé, mais même si on en parle longtemps, il est trop tard. On le sait ce qui est arrivé. Normalement, on aurait dû bénéficier d’un autre avantage numérique, mais ç’a viré autrement. On doit rester fort mentalement.»
La robustesse s’est ensuite invitée à la fête et Olivier Dubois a été plus souvent victime de ces coups, allant jusqu’à quitter la patinoire sur une jambe, visiblement ennuyé par une blessure.
Le capitaine du Phœnix a effectué un retour au jeu en troisième période, à la surprise de tous, pour ensuite être victime d’un coup à la tête.
«C’est inspirant de le voir revenir. Il est comme ça. Je n’étais pas surpris. On est une équipe, il faut se tenir, donc je trouve le comportement de mes joueurs normal, quand vient le moment de défendre leur capitaine», estime Gilles Bouchard
Le Phœnix n’a pas su profiter de cet avantage numérique et l’égalité persistait en troisième période.
Avec un deuxième effort, en sautant sur un retour de lancer alors que la rondelle était libre dans le demi-cercle de Kyan Labbé, Olivier Charron a fait la différence dans ce match.
En retirant son gardien dans la dernière minute, le Phœnix a vu le disque toucher le poteau alors que Mathys Fernandez était battu, mais les Cataractes ont quitté le Palais des sports avec un peu plus d’espoir que la veille.
Ce qu’ils ont dit
Kyan Labbé, gardien du Phoenix:
«Je ne pense même plus à la partie de ce soir, je pense déjà à celle de demain. La victoire aurait pu aller dans les deux sens. Même lors des derniers matchs. Ce sera serré comme séries. Ils ont commencé en force, mais on devra amener du trafic devant leur filet aussi. Ça va aider. Sinon, notre capitaine a montré qu’il avait du coeur. Il est revenu dans le match, on le suit, c’est un bon leader. Je le savais qu’il allait revenir.»
Gilles Bouchard, entraîneur du Phoenix:
«Il faut tourner la page. Il ne fallait pas croire que tout allait être beau, qu’on allait gagner tous nos matchs. Il y a une bonne équipe de l’autre côté. On ne se fera pas de cachette. Maintenant on doit se relever et être prêt pour demain.»
Jean-Félix Lapointe, défenseur du Phoenix:
«On a manqué de constance. On tenait à avoir un bon départ, ça n’a pas été le cas. Il faut travailler plus fort. On doit revenir en ayant la mentalité de vouloir les battre dans chaque aspect du jeu, dans tous les détails, et être plus combattifs. On le savait qu’ils n’allaient pas nous donner la série dans les mains. (…) On est un bon groupe, on se tient ensemble, l’important c’est de regarder en avant et on se retrouve encore devant nos partisans, en espérant avoir le plus de spectateurs possible. En semaine, c’est peut-être plus difficile, mais l’aide du septième joueur est toujours appréciée.»
Olivier Charron, auteur du but gagnant pour les Cataractes:
«L’effort de tous les gars devait être meilleur. Notre éthique de travail aussi. On affronte un bon club, ils travaillent fort, c’était une belle partie aujourd’hui. Il fallait se rapprocher du gardien, le déranger en étant dans son demi-cercle. Il a été excellent dans cette série.»
Daniel Renaud, entraîneur des Cataractes:
«Quand même les officiels viennent nous voir pour nous dire que c’est toute une partie de séries, ça démontre que le jeu est serré et physique. Contre un Labbé en feu comme présentement, il faut bûcher pour un rebond et c’était le cas sur le but gagnant. On doit payer le prix en allant au filet et en obstruant sa vision. Ça prenait un sentiment d’urgence en troisième période. S’il n’était pas présent, dans le contexte du 0-2 dans cette série, je ne sais pas ce que ç’a aurait pris.»




