News CA

Dossier | Course à la direction de la CAQ | Dernière ligne droite pour Fréchette et Drainville (2 articles)

(Québec) Ne vous fiez surtout pas aux sondages, implore Christine Fréchette. Même s’ils montrent la Coalition avenir Québec (CAQ) dans les bas-fonds des intentions de vote, elle assure que « les Québécois reconsidèrent » son parti, et ce, grâce à son leadership.


Publié à
5 h 00

En cette fin de course à la direction, l’aspirante cheffe caquiste dit que « ça sent bon » pour sa candidature, elle qui pourrait devenir la deuxième femme de l’histoire à accéder au poste de premier ministre du Québec. Mais attention, prévient-elle : « chaque vote va faire une différence » dans cette lutte à deux contre son rival Bernard Drainville.

Les quelque 20 500 membres caquistes ont jusqu’à 15 h, dimanche, pour choisir qui de la députée de Sanguinet ou de son collègue de Lévis guidera le parti vers les élections générales d’octobre prochain. Pour la CAQ, les enjeux sont gros : certains prédisent que la formation politique fondée par François Legault pourrait ne faire élire aucun député.

« Plusieurs considéraient que les dés étaient joués, mais quand je suis sur le terrain, je constate que c’est tout à fait différent. Les gens sont ouverts à ce qu’on arrive avec une offre renouvelée », affirme Mme Fréchette. Cette dernière peut compter sur une centaine de bénévoles qui s’activent ces jours-ci pour faire « sortir le vote » des membres en sa faveur.

Protéger l’unité du parti 

Si elle l’emporte, il faudra aussi assurer l’unité du parti, conçoit-elle, dans le contexte où les deux débats de la course ont divisé les candidats sur un ton parfois houleux. L’aspirante cheffe utilise un autre qualificatif pour illustrer ses échanges avec M. Drainville : elle a été une « lionne », particulièrement dans le second débat. « Et les gens en redemandent », remarque-t-elle.

Malgré tout, « on est une grande famille politique et on va le demeurer », assure Mme Fréchette. Pour elle, la quarantaine de députés qui appuient sa candidature, provenant de milieux urbains comme ruraux, témoignent qu’elle incarne un ralliement.

Mais dans les derniers jours, un appui de taille lui a échappé : celui de Simon Jolin-Barrette, qui considère François Legault comme son mentor et qui a rendu un hommage poignant au premier ministre sortant la semaine dernière au salon Rouge.

Le ministre de la Justice, qui mène un combat ultime pour faire adopter sa constitution controversée d’ici juin, a choisi d’appuyer Bernard Drainville. Le rival de Christine Fréchette n’exclut pas de recourir au bâillon, si nécessaire, pour que le projet de loi soit adopté.

« Je pense qu’il faut de l’adhésion et ça ne peut pas passer par le bâillon », réplique Mme Fréchette. Elle avait déjà informé le ministre Jolin-Barrette de sa position.

Ses priorités d’ici juin 

Si elle est choisie par les membres de la CAQ pour être leur nouvelle cheffe, Christine Fréchette aura peu de temps pour laisser sa marque au gouvernement. En entrevue avec La Presse, elle dresse ses priorités pour son bref mandat.

En haut de la liste, Mme Fréchette cite l’urgence de s’attaquer à la crise en matière d’habitation.

Elle s’est engagée à ce que l’État rembourse les droits de mutation immobilière (la « taxe de bienvenue ») aux acheteurs d’une première résidence. « On a besoin d’une économie de propriétaires », lance l’aspirante cheffe caquiste.

Selon elle, sa proposition pourrait aussi aider à freiner l’explosion de l’itinérance, en libérant des logements locatifs.

« J’ai appris il y a quelques jours que 40 % des itinérants [sont] des itinérants économiques, c’est-à-dire des gens qui ont déjà un appartement, mais qui n’arrivent plus à se le payer. C’est important de faire en sorte qu’on ait davantage de logements pour ce type de personnes, pour qu’ils retournent dans un cadre de vie adéquat et qu’ils sortent de l’itinérance », dit-elle.

Priorité aux infrastructures existantes

En matière économique, elle promet un plan spécifique pour les PME. Mme Fréchette, qui se dit désespérée par l’état des routes, propose de remettre à niveau les infrastructures existantes avant de développer de nouveaux projets. Elle voit dans ce rattrapage d’entretien un « défi générationnel ».

« Ça ne fait pas les plus beaux rubans à couper en ville, mais c’est ça qu’il faut faire et on va le faire », dit-elle.

Aux Québécois qui s’inquiètent de la qualité des services publics, elle indique qu’elle veut donner un coup de barre et que « ça se sente assez rapidement ». Mme Fréchette propose de « protéger le budget » en éducation, pour « qu’il n’y ait plus de coupes d’une année à l’autre », ainsi que d’instaurer une salle d’attente virtuelle aux urgences pour que les patients non prioritaires retournent à la maison pour attendre leur tour d’être vus par un médecin.

Related Articles

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Back to top button