Les Québécois refusent de payer le prix pour les produits locaux en quincailleries

Les Québécois valorisent les marteaux et les scies fabriqués au Canada, mais ils refusent d’en payer le prix, s’inquiète l’Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de construction.
Selon le dernier coup de sonde de la firme Léger, 69 % des répondants disent que la certification « Fait au Canada » est importante, mais seulement 57 % choisiraient un produit canadien plutôt qu’un produit importé moins cher en quincaillerie.
En contrepartie, 35 % des répondants n’hésiteront pas à choisir un produit des États-Unis ou de la Chine s’il est moins cher.
« Les consommateurs souhaitent encourager les produits locaux et dans une quincaillerie tu peux acheter 100 % des produits québécois et canadiens, mais le portefeuille ne suit pas les babines », résume le président de l’Association, Richard Darveau.
L’exercice révèle également que les consommateurs ne paieront pas plus de 6 % d’écart pour acheter un marteau fabriqué au Canada.
Richard Darveau, président de l’Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de construction (AQMAT).
Photo PIERRE-PAUL POULIN
Service à la clientèle
M. Darveau souhaite que le message véhiculé dans ce sondage soit clair pour ses membres : le service à la clientèle, c’est primordial.
« Quand tu vas à la quincaillerie, ce n’est pas comme aller à l’épicerie avec des produits que tu connais et achètes souvent, dit-il. Si t’as un problème ou un projet, ça te prend quelqu’un pour te conseiller […] Le produit est peut-être plus cher, mais il respecte le code du bâtiment, il est de meilleure qualité, etc. »
Le président s’oppose d’ailleurs au prolongement des heures d’ouverture, de nouvelles règles instaurées dernièrement par le gouvernement du Québec qui, selon lui, nuisent aux entreprises locales.
« Depuis cinq ans, on a dénombré que 100 quincailleries ont fermé leurs portes définitivement au Québec et il y en a eu trois ou quatre seulement qui ont vu le jour. Les 100 qui ont fermé, c’est parce qu’ils ont la langue un peu à terre », dit-il
Fossé des générations
La façon de consommer en quincaillerie est aussi très différente entre les générations.
Dans la tranche d’âge entre 18 et 34 ans, seulement 45 % des répondants vont acheter un pinceau fabriqué au Canada même s’il est plus cher. Ce chiffre grimpe à 64 % chez les 55 ans et plus.
Le fossé des générations est aussi évident pour l’achat des produits américains.
Selon le sondage, 47 % des jeunes évitent le « Made in USA », contre 74 % chez les plus vieux, qui ne veulent rien savoir d’un marteau en provenance du pays de Donald Trump.
Le programme « Bien fait ici », fondé en 2018 de l’initiative de l’AQMAT, pourrait aider les jeunes à faire de meilleurs choix.
« Pour “Aliments du Québec”, le gouvernement du Québec a été derrière, sinon le programme n’existerait pas. Je lance le message au gouvernement canadien, qui devrait nous aider », demande M. Darveau.

