De nombreux bâtiments rasés par le feu à Bicolline

Dès que l’appel a été lancé aux services d’urgence, à 22 h 43, le directeur de la Régie incendie de la MRC de Maskinongé, Dave Carrier, a demandé l’intervention d’une autopompe du service incendie de Shawinigan.
À l’arrivée des pompiers, au moins cinq bâtiments étaient en proie à un embrasement généralisé. Pour ceux-là, il était déjà trop tard.
La proximité des chalets de style médiéval est telle sur le site, que l’enjeu a tout de suite été d’éviter que les flammes se propagent aux structures voisines, explique le chef Carrier.
L’intensité était telle à l’arrivée des pompiers que les premiers tuyaux déployés au sol ont brûlé sous la chaleur des flammes.
Une épaisse colonne de fumée, teintée d’ambre et de rouge, était visible depuis le centre du village. Des explosions ponctuaient la scène.
Une deuxième alarme a été lancée, puis dès son arrivée sur les lieux, Dave Carrier a sonné l’alarme générale.
Tous les pompiers de la Régie des services de sécurité incendie regroupés de la MRC de Maskinongé – Saint-Paulin, Charette, Saint-Boniface, Saint-Mathieu-du-Parc et Saint-Étienne-des-Grès – ont joint l’effort, en plus de ceux de Saint-Élie-de-Caxton, et des effectifs de Shawinigan. Vers 23 h, un camion-citerne de Trois-Rivières a même été appelé en renfort.
Comme des allumettes
Dès l’arrivée des pompiers, une évacuation de masse a été ordonnée. Plusieurs étaient déjà plus loin sur le site, où un rassemblement avait lieu. On ne déplore d’ailleurs aucun blessé.
Les pompiers se sont donc rapidement attelés à la tâche d’arroser en continu les bâtiments voisins du brasier. Plusieurs auront tout de même subi des dommages, malgré l’effort. Le chef Carrier se félicitait néanmoins qu’on ait évité le pire.
«Si ça traversait la rue, c’était une dizaine de bâtiments de plus, facile. C’est des boîtes d’allumettes… On a réussi quand même, les gars ont fait une super belle job. Ça aurait pu être beaucoup pire et il y a des bouteilles de 100 livres de propane un peu plus loin.»
— Dave Carrier, directeur de la Régie des services de sécurité incendie regroupés de la MRC de Maskinongé
Au-delà de la chaleur, c’est le manque d’eau qui aura donné du fil à retordre aux pompiers. «On n’est pas loin de huit ou neuf citernes sur la route, qui charrient sans arrêt, pointe Dave Carrier, des 3000 gallons, des 2500 gallons, des 1500 gallons.»
C’est dans la rivière à proximité du mont SM que les camions faisaient le plein. La route avait des allures d’autoroute en état de siège, tant les gyrophares scintillaient partout dans la nuit.
«Ça va être un deuil»
Plus loin, au chalet principal, le propriétaire de Bicolline, Olivier Renard, encaissait le coup.
Les chalets médiévaux qui viennent de partir en fumée sont à la fois le décor des jeux grandeur nature qui animent le site et le refuge de joueurs qui y ont investi amour et économie.
Les structures rasées par les flammes sont toutes des propriétés privées, qui jouissent d’un bail emphytéotique – à l’exception ironique d’un bâtiment qui servait de caserne pour la brigade de pompiers volontaires qui intervient parfois sur le site, semble-t-il. «Pour les joueurs, ça va être un deuil», souffle M. Renard.
La fin de semaine marquait par ailleurs le début de saison pour le site grandeur nature.
«C’est la première Ducasse, on avait 800 participants, explique Olivier Renard. C’est tous des responsables de groupe, les 200 chefs de guilde qui étaient là, ils représentent quasiment 3000 joueurs sur le terrain.»
L’expérience des joueurs présents sur le site aura facilité l’évacuation, estime le propriétaire. Ce dernier se réjouit d’ailleurs que les pertes se limitent aux dégâts matériels.
Les responsables devaient se rencontrer dimanche pour planifier les activités de l’année à venir. On comprend que l’ordre du jour risque d’être modifié par les événements.
Au total, le site compte quelque 260 bâtiments. Ceux qui viennent d’être réduits en cendre étaient parmi les plus anciens du domaine, qui aura 30 ans l’an prochain. Olivier Renard fait valoir que Bicolline est une communauté tissée serrée. «On va s’organiser. Les coups de fil vont commencer…»
Une cause humaine
Il était trop tôt samedi soir pour déterminer la cause exacte de l’incendie, mais le chef Carrier évoquait déjà «une cause humaine».
Le directeur de la Régie ne cache d’ailleurs pas que la configuration des lieux, avec la proximité des bâtiments, tous construits en bois, a toujours été source de préoccupation.
«C’était à prévoir que le jour où il y aurait un incendie, il y aurait plus qu’un bâtiment d’impliqué», laisse tomber le chef pompier.
Du côté de Bicolline, on fait valoir que l’accent est mis sur la prévention. On assure que des extincteurs sont «en très grande quantité» sur le site et dans les bâtiments, que les espaces à feu sont inspectés chaque année.




