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Sabres de Buffalo | Séance d’autoflagellation, deuxième partie

Les athlètes se font généralement un point d’honneur d’avoir une mémoire de poisson rouge. Que ce soit vrai ou pas, on affirme que la performance de la veille, bonne ou mauvaise, ne compte plus et que la prochaine est désormais la plus importante de toutes.


Publié à
16 h 13

Les Sabres de Buffalo ont invoqué ce principe, lundi, au lendemain d’une correction de 6-2 subie dans un Centre Bell survolté. Or, malgré leur bonne volonté, leurs interventions laissaient plutôt l’impression d’assister à la deuxième partie de leur tournée d’autoflagellation.

En fin de soirée, dimanche, l’entraîneur-chef Lindy Ruff et l’attaquant étoile Tage Thompson n’avaient pas été tendres envers leur équipe.

Ruff : « [Le Canadien] est une bonne équipe. […] Si on ne le réalise pas maintenant, quand le réalisera-t-on ? »

L’amphithéâtre était très animé, ça nous a dégonflés. […] Nos émotions ont pris le dessus.

Tage Thompson

PHOTO WINSLOW TOWNSON, ARCHIVES IMAGN IMAGES, FOURNIE PAR REUTERS CONNECT

Tage Thompson

Après une bonne nuit de sommeil, tout le groupe s’est apparemment parlé dans le blanc des yeux en matinée. Pas d’entraînement punitif, contrairement à samedi après le match numéro deux. Séquences vidéo à l’appui, on a repassé une foule de détails qui ont fait défaut dans les deux derniers duels, à commencer par la prise de décisions en possession de la rondelle.

On aurait pu croire que le sujet a alors été vidé… mais non. En début d’après-midi, devant une quinzaine de représentants des médias, Lindy Ruff en avait encore sur le cœur.

Interrogé sur la possibilité de remplacer Alex Lyon devant le filet, après que le gardien eut accordé neuf buts en deux départs, l’entraîneur a répété que le vétéran n’avait « rien à voir avec cette défaite ».

Il a fait de beaux arrêts, notamment sur des tirs à bout portant. J’aurais bien changé quelques attaquants et défenseurs, mais ce n’était pas possible…

Lindy Ruff, entraîneur-chef des Sabres de Buffalo, à propos de la performance du gardien Alex Lyon

PHOTO JEFFREY T. BARNES, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

L’entraîneur-chef Lindy Ruff et son équipe après le premier match de la série Sabres-Canadien

Alex Tuch, qui connaît un début de série pitoyable sur le premier trio en compagnie de Tage Thompson, a estimé avoir disputé son « pire match défensif des séries éliminatoires ». Ensemble, Thompson et lui cumulent un différentiel de -13 en trois rencontres contre le Tricolore.

« Je ne pense pas que l’on veuille oublier ce qu’on a ressenti hier soir, a-t-il soufflé. Nous ne cherchons pas d’excuses. Nous devons être meilleurs. »

Tuch a avancé que ce qui est arrivé aux Sabres était « auto-infligé ». Leurs prises de décisions, leur volonté de vaincre et leur niveau de compétition ont fait défaut. Une bonne liste, en somme.

On doit se regarder dans le miroir et revenir au style de jeu qu’on connaît.

Alex Tuch

PHOTO KAMIL KRZACZYNSKI, ARCHIVES IMAGN IMAGES, FOURNIE PAR REUTERS CONNECT

Alex Tuch

L’expérience en cause ?

On peut analyser les premiers matchs de cette série sous toutes leurs coutures, mais l’un des éléments qui séparent les deux clubs ne se mesure pas dans le déroulement du jeu.

On a abondamment parlé de la jeunesse des équipes en présence. Il n’empêche qu’en dépit de cet état de fait, lorsqu’on s’attarde à l’expérience de manière plus pointue, on constate que les Montréalais sont moins verts que leurs vis-à-vis.

Dans la formation déployée par Martin St-Louis vendredi et dimanche, seul Joe Veleno joue en séries pour la première fois de sa carrière, ce printemps. L’expérience de plusieurs de ses coéquipiers est modeste… mais elle existe.

Dans le camp adverse, neuf patineurs, tous des membres du top 9 offensif ou du top 4 défensif, sont dans cette situation. Leur expérience de la « vraie saison » se résume à six matchs de premier tour contre les Bruins de Boston et à ces trois rencontres contre le Canadien.

Matchs d’expérience en séries*

  • Sabres : 266
  • Canadien : 359

*Parmi les joueurs en uniforme dimanche, excluant la présente saison

Par ailleurs, les deux équipes ont des vétérans dans leur manche qui doperaient immédiatement ces données : Tanner Pearson (59 matchs), Luke Schenn (58) et Brendan Gallagher (76). Pearson et le défenseur Michael Kesselring n’ont pas patiné avec les réservistes des Sabres, lundi, signe qu’ils pourraient potentiellement disputer le prochain match.

Dans tous les cas, malgré ce qui ressemble drôlement à des douleurs de croissance pour ce club en émergence, on rejette spontanément l’argument de l’inexpérience.

On joue tous au hockey depuis longtemps. On doit être meilleurs et on le sera.

Zach Benson

PHOTO ERIC BOLTE, IMAGN IMAGES, FOURNIE PAR REUTERS CONNECT

Zach Benson (à droite)

« Tous les matchs sont différents et offrent une occasion d’apprendre, surtout en séries, a abondé Alex Tuch. Chaque gars a maintenant des matchs derrière la cravate. On sait à quoi s’attendre. »

« À mes yeux, nous avons acquis bien assez d’expérience contre Boston et dans ces trois premiers matchs, a tranché Lindy Ruff. Ce n’est pas le moment de trouver des excuses. C’est notre niveau de compétition contre le leur. »

« On doit se réinitialiser, a conclu le pilote. En séries, c’est le prochain match qui compte. »

Sans doute. Le plus récent, toutefois, semble avoir laissé des traces.

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