L’écrasement des libéraux commence

On appelle ça « la question de l’urne »: le dossier, l’idée ou le problème qui domine les esprits au moment d’aller voter.
Ça donne lieu à un vote « pour » ou « contre » quelque chose et, la plupart du temps, ça décide du résultat.
Plus de 70 % des Québécois ne veulent rien savoir d’un autre référendum, et encore moins des bouleversements liés à la souveraineté.
Les prochaines élections, en octobre, porteront sur cette question : qui peut battre le Parti Québécois (PQ) et éviter un autre référendum sur la souveraineté ?
Avec seulement 17 % du vote francophone, les libéraux de Charles Milliard n’auraient aucune chance d’être la réponse à cette question.
MOUVEMENT DE FOULE
Je l’ai vécu en 2015, lors de l’élection fédérale.
La question de l’urne était : « Qui peut battre Stephen Harper ? »
Après neuf ans au pouvoir et trois gouvernements conservateurs successifs, le public avait décidé qu’il voulait du changement. Ça, c’était clair.
Mais qui, entre les libéraux fédéraux de Justin Trudeau et le Nouveau Parti démocratique (NPD), dont j’étais le chef, allait gagner cette bataille de faveur publique ?
Dans les dernières semaines de la campagne, lorsque le dossier du niqab nous a fait très mal dans les intentions de vote au Québec, les libéraux nous ont dépassés dans les sondages nationaux.
Leur avance s’est accélérée au fur et à mesure que les libéraux de Trudeau devenaient la réponse à la question de l’urne. Seuls eux pouvaient battre les conservateurs.
Il y avait un mouvement de foule et un vote stratégique qui favorisaient les libéraux, lesquels ont remporté une victoire décisive.
UN VOTE STRATÉGIQUE CONTRE LE PQ
L’idée fixe du chef du PQ Paul St-Pierre Plamondon de nous catapulter dans le chaos d’un référendum commence à dominer l’attention des électeurs.
Il est fascinant de voir comment l’énergie exceptionnellement positive de la cheffe caquiste, Christine Fréchette, réussit à capter l’attention favorable du public, tout en faisant oublier qu’elle était au premier plan du gouvernement incompétent de François Legault.
Le chef du PQ a beau parler contre elle, les gens ne l’écoutent pas. Il est tellement obnubilé par la séparation du Québec qu’il a réussi à en faire l’enjeu majeur de la campagne, tout en effaçant les souvenirs du gouvernement Legault.
En même temps, il devient cruellement évident que PSPP n’a aucune expérience réelle en administration. Avec le PQ, le carambolage de Legault serait remplacé par la catastrophe d’un gouvernement qui promet la destruction du Canada comme seule solution aux problèmes en santé, en éducation et en justice.
La dernière chose que les Québécois veulent, c’est davantage d’instabilité et de bouleversements. Pourtant, c’est exactement ce que PSPP promet.
Dans les dernières semaines de la campagne, le public sera confronté à un choix : qui, entre la CAQ de Christine Fréchette et les libéraux de Charles Milliard, peut battre le PQ et empêcher la tenue d’un autre référendum ?
Malheureusement pour le Parti libéral du Québec, la réponse semble de plus en plus être Christine Fréchette.




