Hurricanes de la Caroline | William Carrier, seul contre tous (même son épouse)

(Raleigh) Le téléphone de William Carrier n’a pas arrêté de sonner, lundi. Alex Newhook venait de délivrer les siens avec un but gagnant, au septième match. Carrier allait affronter le Canadien – l’équipe de son enfance – en finale de l’Est.
Publié à
14 h 06
Alors, tous ces messages textes, étaient-ils des mots d’encouragement ? Pas tout à fait.
Je ne le cacherai pas, tous mes amis votent pour Montréal. Et d’après moi, ma femme aussi !
William Carrier en riant, jeudi matin
Il s’agit d’un deuxième duel contre le Canadien en demi-finale pour le Montréalais. Il avait subi l’élimination en 2021 lorsqu’il portait les couleurs des Golden Knights.
L’ambiance était tout autre à l’époque, en pleine pandémie. Les enfants de Carrier n’avaient alors pas vécu la fièvre printanière du Centre Bell.
J’aimerais ça leur expliquer que ça va être beaucoup plus bruyant qu’au T-Mobile Arena [de Las Vegas]. Je leur ai dit de ne peut-être pas porter leur chandail de la Caroline quand ils viendront à Montréal.
William Carrier
Portés par la jeunesse
La série sera aussi spéciale pour William, qui n’a soit dit en passant aucun lien de parenté avec Alexandre Carrier. Il a grandi en suivant étroitement le Canadien.
« Je vous regardais, quand j’étais plus jeune », a-t-il dit aux journalistes aux cheveux grisonnants, présents dans le vestiaire des Hurricanes.
Durant ses derniers jours, Carrier a continué de scruter le Canadien, cette fois, on le devine, avec un œil bien différent.
Il ne faudra leur laisser aucune chance : dès que tu leur en donnes une, ils la mettent dedans.
William Carrier
Entre les styles de jeu orchestré par Rod Brind’Amour et Martin St-Louis, il voit des similitudes.
« J’adore ce qu’ils font », louange-t-il. « Je crois que c’est une nouvelle génération, c’est du beau hockey. On est plus dans le temps de la trappe contre la trappe », ajoute-t-il.
PHOTO JAMES GUILLORY, ARCHIVES IMAGN IMAGES FOURNIE PAR REUTERS CONNECT
Taylor Hall (71), Alexander Nikishin (21), Shayne Gostisbehere (4), Logan Stankoven (22) et Jackson Blake (53)
Au centre des succès des Hurricanes, il y a le deuxième trio, composé de Logan Stankoven, Jackson Blake et Taylor Hall. Deux jeunes et un vétéran qui portent les Hurricanes sur leurs épaules. Les trois joueurs ont inscrit 31 points, en seulement huit matchs.
« Ça fait douze jours que je cours après eux dans les pratiques. Je comprends pourquoi ce n’est pas agréable de les affronter : ils sont vites », assure Carrier.
Sagesse partagée
Dans le vestiaire, William Carrier est assis entre Jackson Blake et Logan Stankoven, respectivement âgés de 22 et 23 ans.
« C’est bien d’avoir un gars comme lui dans le vestiaire. Il est passé par là : il a su jouer un million de matchs dans les séries », évalue Jackson Blake, qui, on l’espère, ne fait pas partie de l’équipe responsable du recensement au Canada.
Reste que Blake a un point : dans le vestiaire des Hurricanes, seul Jordan Staal compte plus d’expérience que Carrier en séries. Avec Alex Newhook et Jordan Staal, Carrier est l’un des seuls participants de cette série à avoir remporté la Coupe Stanley.
PHOTO MATT SLOCUM, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS
Jordan Staal
Il en est à sa sixième finale d’association.
« Je commence à être plus vieux. J’ai moins de papillons quand arrivent les prolongations. La pression tombe un peu », partage-t-il.
Frapper sans relâche
Depuis le début des séries, William Carrier est l’attaquant ayant distribué le plus de mises en échec par minute jouée, hormis son coéquipier Nicolas Deslauriers. Par son style, Carrier peut faire trembler les défenseurs adversaires.
Toutes les équipes aimeraient l’avoir, parce qu’il est très constant dans tout ce qu’il fait. « Il joue dur et lourd. Il cadre parfaitement partout et ne demande aucune maintenance ».
Rod Brind’Amour, entraîneur-chef des Hurricanes
PHOTO KARL B DEBLAKER, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS
Rod Brind’Amour, entraîneur-chef des Hurricanes
Le système hermétique, la pression constante exercée par les Hurricanes est au centre des analyses depuis les derniers jours. Cela passe par un échec avant soutenu, et s’il y a un trio qui puisse l’exercer sans relâche, c’est bien la quatrième unité dont fait partie le Montréalais.
Le Canadien ne sera pas en reste contre ce trio, sur lequel Carrier est accompagné de Mark Jankowski et Eric Robinson, deux monsieurs au fort gabarit, ne limitant aucunement la qualité de leur coup de patin.
Dans une équipe où les attaquants défensifs pullulent, ce trio a le mandat clair d’amener de l’énergie, d’exercer un échec avant soutenu.
Mais il devra en faire plus, foi de Carrier.
« On le voit en séries, ça change tout quand les gars de troisième et quatrième trio contribuent. Les autres gars ont notre derrière depuis le début, on espère pouvoir leur marquer un gros but dans les prochains matchs », conclut-il.




