La TVQ abolie sur certains produits: «une dépense qui est avant tout politique», dit Emmanuelle Latraverse

L’abolition prochaine de la taxe provinciale sur certains produits à l’épicerie est une mesure davantage électoraliste que structurante, selon l’analyste politique Emmanuelle Latraverse.
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Le gouvernement de Christine Fréchette doit annoncer lundi l’abolition permanente de la TVQ sur certains produits comme les muffins, les fruits et légumes coupés, les mouchoirs et le papier hygiénique, notamment.
Cette mesure devrait priver l’État de 100 millions $ de revenus par année et pourrait faire économiser jusqu’à 50 $ par année aux Québécois.
« C’est supposé nous montrer qu’on se soucie du coût de la vie pour les gens, mais ça va coûter 100 millions $ [pour faire économiser] 1 $ par semaine », avance Mme Latraverse, lors de son commentaire à l’émission Le Québec matin, lundi.
« Je comprends la logique de détaxer, mais on s’entend, ce n’est pas structurant comme dépense, ajoute-t-elle. C’est une dépense qui est avant tout politique, pour montrer que c’est un gouvernement qui agit et qui se préoccupe du portefeuille des Québécois, mais ça ne va pas résoudre les problèmes de coût de la vie d’une famille moyenne à 1 $ par semaine. »
Cette annonce est en phase avec le discours de clôture prononcé par la cheffe caquiste lors du Conseil général du parti qui s’est tenu au cours de la fin de semaine.
« C’était de dire “regardez ce qu’on a fait en 40 jours, imaginez ce qu’on peut faire en 4 ans”. Donc ça résume un peu l’espèce de proposition qu’elle essaie de mettre en jeu pour regagner la faveur de l’électorat », mentionne l’analyste politique.
« C’est aussi de dire “regardez, moi, je ne suis pas monsieur Legault, jugez-moi à partir de ce que moi j’ai fait, puis regardez comme j’agis énormément, comme je suis hyperactive, comme je suis en place de mettre de nouvelles mesures, de donner ma propre saveur à ce gouvernement-là” », ajoute-t-elle.
La première ministre doit également annoncer en après-midi une diminution des coûts d’immatriculation et une aide financière pour les moins bien nantis.
« Au lieu d’avoir le courage de faire quelque chose de pas mal moins sexy et de peut-être beaucoup plus structurant en faisant un ménage dans nos taxes, nos impôts […] on est encore dans des petites actions pointues pour donner l’illusion dans les faits à monsieur et madame tout le monde qu’on met en place des mesures qui vont vraiment changer l’équilibre de leur budget à la fin du mois », déplore Emmanuelle Latraverse.
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