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Rondelle libre | Avalanche : une dynastie morte dans l’œuf ?

L’Avalanche du Colorado a patienté longtemps avant de remporter une première Coupe Stanley sous l’ère MacKinnon, en 2022.


Publié à
11 h 05

Il y a eu les années de reconstruction, entre 2008 et 2013, trois années de misère qui leur ont permis de repêcher Nathan MacKinnon, Gabriel Landeskog et Matt Duchene dans le top 3.

L’envol a tardé, comme l’essor de MacKinnon d’ailleurs. L’Avalanche a raté les séries trois années consécutives entre 2014 et 2017. Mais on a pu ajouter deux pièces maîtresses, Mikko Rantanen et Cale Makar, en obtenant d’autres hauts choix au repêchage.

Après l’acquisition des pièces maîtresses, un club parvient généralement à se qualifier régulièrement en séries, mais il faut « apprendre à perdre ». Ainsi, le Colorado a participé aux éliminatoires chaque année entre 2018 et 2021 et a atteint trois fois le deuxième tour, sans jamais être du carré d’as.

La Coupe Stanley de 2022 constituait l’aboutissement d’un long processus, entamé… 14 ans plus tôt. On avait été patient, mais il allait y en avoir d’autres, avec un noyau aussi puissant et encore très jeune.

Nous voici en mai 2026. L’Avalanche a perdu dimanche un troisième match consécutif contre les Golden Knights de Vegas en finale de l’Association de l’Ouest. Le Colorado menait pourtant 3-0 après la première période.

L’Avalanche n’est pas morte. Mais seuls quatre clubs dans l’histoire ont comblé un déficit de 0-3, les Maple Leafs de Toronto en 1942, les Islanders de New York en 1975, les Flyers de Philadelphie en 2010 et les Kings de Los Angeles en 2014.

C’était pourtant l’année de la rédemption. L’Avalanche n’a jamais franchi le second tour en trois printemps après sa conquête de 2022, malgré des saisons de 109, 107 et 102 points. Il y avait un goût d’inachevé dans ce vestiaire.

Ils viennent de connaître la meilleure saison régulière de leur histoire avec 121 points, en vertu d’une fiche de 55-16-11 et le premier rang au classement général. Nathan MacKinnon a amassé 127 points, Martin Necas, 100 points et Cale Makar est encore finaliste au titre de défenseur par excellence avec 79 points en 75 matchs. On a salué le retour de Gabriel Landeskog après trois ans d’absence.

PHOTO MARK J. TERRILL, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Nathan MacKinnon, Martin Necas et Cale Makar

Le DG Chris MacFarland, finaliste au titre de directeur général de l’année, a sacrifié deux choix de premier tour et deux choix de deuxième tour pour obtenir du renfort à la date limite des transactions.

L’Avalanche affrontait un club en apparence vulnérable. Malgré la qualité de ses effectifs, les Golden Knights ont déçu cet hiver avec 95 points et le 13e rang au classement général. Ils ont remporté seulement 39 matchs, autant que les Sharks de San Jose, un de plus que les Predators de Nashville, mais ils doivent leur participation aux séries à leurs 17 points obtenus pour des défaites en surtemps.

Les Golden Knights ont même eu à congédier leur entraîneur-chef Bruce Cassidy en fin de saison pour le remplacer par l’acariâtre John Tortorella. On a eu l’électrochoc escompté.

Vegas doit sa place dans le carré d’as à des victoires contre des adversaires parmi les plus faibles des qualifiés en séries. Seuls les Kings de Los Angeles avaient une pire fiche que le Mammoth de l’Utah et les Ducks d’Anaheim. Le Mammoth a terminé au 15e rang du classement général, les Ducks au 18e. L’Avalanche s’est frottée au redoutable Wild du Minnesota dès le deuxième tour.

La blessure au défenseur Cale Makar n’a pas aidé. Il a raté les deux premiers matchs de la série contre les Golden Knights et n’était probablement pas rétabli lors du troisième. Quand l’entraîneur déclare publiquement que la balle est dans le camp du joueur pour un retour au jeu, il met une pression indue sur le blessé en question. MacKinnon s’est par ailleurs blessé à la jambe en bloquant un tir lors de cette rencontre.

Tout ne sera pas perdu pour l’Avalanche si elle ne remporte pas les quatre prochains matchs. MacKinnon a seulement 30 ans, Makar et Necas, 27 ans. Il n’y a pas de joueurs autonomes sans compensation d’importance dans la prochaine année. Mais il y a aussi de nombreux mi-trentenaires, ou proches de l’être, Brock Nelson, Gabriel Landeskog, Nazem Kadri, Devon Toews, Josh Manson.

On observera sans doute certains changements si l’Avalanche ne parvient pas à réaliser l’improbable dans les prochains jours.

Il n’y a rien de dramatique à perdre en finale d’association. Mais pour un aspirant à une dynastie, cet échec pourrait avoir des conséquences importantes.

Le chiffre du jour : 21

PHOTO DAVID ZALUBOWSKI, ASSOCIATED PRESS

Mitch Marner

Voilà maintenant Mitch Marner rendu à 21 points en 15 matchs avec les Golden Knights. On l’a harcelé jusqu’à son domicile à Toronto parce qu’on était insatisfait de sa production en séries avec les Maple Leafs.

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