Menaces visant la communauté musulmane: le maire de Trois-Rivières appelle au calme

Quelques dizaines de musulmans se sont rassemblés mercredi à l’aube à l’hippodrome de Trois-Rivières. Ils avaient loué le lieu à l’occasion de l’Aïd al-Adha, une des fêtes les plus importantes du calendrier musulman.
Bien que cette fête, tenue dans un lieu privé – contrairement aux prières de rue –, ait été tout à fait légale, elle a engendré une multitude de commentaires menaçants sur le web.
«Faudrait un Bissonnette», écrit un internaute, en référence selon toute vraisemblance à l’auteur de la tuerie à la mosquée de Québec.
«On ferme les barrières et on met le feu?», demande un autre, avec un bonhomme sourire.
«Crisser moi le feu là-dedans calisse [sic]», dit un autre.
Ces commentaires ont été laissés sous une publication d’un animateur de radio, qui a partagé sur Facebook une affiche pour cet évènement à l’hippodrome.
Mis au courant de ces commentaires, le maire Jean-François Aubin indique que «les propos haineux, les menaces et les appels à l’intimidation n’ont d’aucune façon leur place dans notre société, que ce soit en ligne ou ailleurs».
«Trois-Rivières est une ville où le vivre-ensemble repose sur la coexistence pacifique et le respect des différences. Les évènements qui se déroulent légalement doivent pouvoir avoir lieu sans que des citoyens soient visés par de tel messages», ajoute le maire de Trois-Rivières, dans un courriel à La Presse.
Le Service de police de Trois-Rivières a indiqué être au courant de l’existence de ces commentaires. «On prend tout ça en considération», a indiqué l’agente aux relations publiques Stéphanie Côté. Mais elle ajoute qu’aucune plainte formelle n’a été reçue pour l’instant.
La police note que l’évènement s’est déroulé sans anicroche mercredi. Selon Radio-Canada quelque 200 fidèles se sont réunis pour prier.
En entrevue à la station 106,9, l’organisateur de l’évènement s’est dit surpris de l’ampleur des réactions sur les réseaux sociaux. «Ça fait presque 15 ans que je suis à Trois-Rivières, j’ai jamais vu autant de haine», déplorait Mehdi, dont le nom de famille n’était pas précisé dans le reportage.




