Azeb Wolde-Giorghis prend la relève de Céline Galipeau au Téléjournal

Celle qu’on a vue comme correspondante à Washington durant les dernières années revient donc pour de bon à Montréal comme cheffe d’antenne du bulletin de fin de soirée, un poste qu’elle a occupé en remplacement à plusieurs reprises déjà.
«J’entreprends ce défi avec beaucoup d’humilité, mais extrêmement enthousiaste. Succéder à une figure aussi emblématique, qui a fait ça pendant 18 ans avec brio, qui a toujours été très constante, impose un standard. Je vais essayer d’être à la hauteur», m’a-t-elle confié tout de suite après l’annonce officielle, mercredi matin.
Azeb Wolde-Giorghis a fait son entrée à Radio-Canada vers la fin des années 80, d’abord à Winnipeg, à la radio.
«C’était juste après tout le débat autour de l’accord du lac Meech. Ensuite, j’ai travaillé en Saskatchewan, puis en Atlantique, à Montréal, en Afrique, avant de revenir à Montréal. Je reviens toujours à Montréal.»
Durant ses séjours à l’étranger, la journaliste a notamment ouvert le premier bureau de Radio-Canada en Afrique, à Abidjan, en Côte d’Ivoire, avant de prendre le poste de correspondante à Londres de 2001 à 2010 pour les réseaux anglais et français.
Elle assure que le poste de cheffe d’antenne n’était pas un vieux rêve pour elle.
«Je le vois comme un rôle de journaliste, là pour mettre les autres en valeur. Je pense qu’être proche des gens, avoir une diversité d’opinions, de voix, c’est un peu ma façon de ramener mon expérience de terrain en studio.»
Azeb Wolde-Giorghis arrive d’années mouvementées à couvrir l’administration Trump.
«Tout ce qu’on considérait comme une vache sacrée, on est en train de le remettre en question, la liberté de presse, le premier amendement, tout le débat sur le droit à l’avortement. Je pense que ça nous fait encore plus apprécier le Canada.»
«On est encore très chanceux ici, entre autres à la télévision publique. Je vois des réseaux comme CBS et l’émission 60 Minutes, qui sont en train de se débarrasser de journalistes chevronnés. Témoigner de tout ça, c’est très difficile.»
— Azeb Wolde-Giorghis
La journaliste y voit la démonstration d’une fragilité et des failles du système en place, mis en lumière par le deuxième mandat de Donald Trump.
«Pour nous, ça devrait être une leçon, de regarder ça et de se dire: “C’est aussi un avertissement pour les autres pays.”»
En quittant son poste, Céline Galipeau, née d’une mère vietnamienne, a souligné l’importance d’une meilleure diversité à l’écran.
D’origine éthiopienne, Azeb Wolde-Giorghis poursuit cet engagement de la part du diffuseur public.
«Je suis fière de ce que je suis. C’est important la représentation. Je suis très contente de la confiance de la direction ici», affirme-t-elle.
Même si Le téléjournal va rester le même, la nouvelle cheffe d’antenne souhaite lui insuffler une plus grande diversité d’opinions.
Pour la directrice générale de l’information de Radio-Canada, Crystelle Crépeau, le choix d’Azeb Wolde-Giorghis pour succéder à Céline Galipeau allait de soi.
«Elle a une compréhension de ce qui touche les gens, un enthousiasme et une motivation à raconter leur histoire. C’est tout naturel, après un parcours aussi impressionnant sur le terrain, de prendre un tel mandat.»
Céline Galipeau, qui animera son dernier Téléjournal le 18 juin prochain, prendra la barre cet automne d’un nouveau magazine consacré à l’actualité internationale et diffusé le vendredi à 20 h sur ICI RDI et le dimanche à 17 h sur ICI Télé et ICI Tou.tv.




