Golden Knights 3 – Hurricanes 4 (P) | La bête s’est réveillée

Pendant 50 minutes, il a été permis de croire que la bête avait été domptée. Que les Golden Knights de Vegas avaient trouvé la recette pour contenir les Hurricanes de la Caroline, dont les tentatives d’étouffer l’adversaire fonctionnaient drôlement moins bien que la semaine dernière contre une opposition plus faible.
Publié à
0 h 28
Mis à jour à
5 h 32
L’histoire de l’étouffeur étouffé s’écrivait toute seule. Or, la bête s’est réveillée. Un retard de 0-2 s’est transformé en avance de 3-2. Ça a ensuite été un peu plus compliqué que souhaité, mais les Canes l’ont finalement emporté 4-3 en prolongation, créant ainsi l’égalité 1-1 dans cette série finale.
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C’était l’euphorie, dans le Lenovo Center de Raleigh, mais il s’en est fallu de peu pour que la soirée se finisse dans le silence embarrassant de la défaite. Les locaux, en effet, faisaient de leur mieux, mais rien ne leur souriait.
Ils semblaient seuls sur la glace en première période, mais ont retraité au vestiaire avec un de retard 1-0. Au deuxième vingt, ils ont joué sur les talons et ont vu les Knights doubler leur avance. Puis, dans les 10 premières minutes du dernier tiers, seuls quatre tirs ont atteint le gardien Carter Hart, une misère quand on sait combien cette équipe adore envoyer des rondelles vers le filet adverse.
Rien ne semblait fonctionner, mais, disions-nous, la bête s’est réveillée.
Logan Stankoven, en inscrivant enfin son club au pointage, est devenu le troisième joueur des séries éliminatoires 2026 à atteindre le plateau des 10 buts, après Brett Howden (13) et Pavel Dorofeyev (10), des Knights.
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Logan Stankoven (22) déjoue le gardien Carter Hart (79).
Plus personne ne peut désormais ignorer à quel point ce petit attaquant carbure à la pression. Depuis le début de sa jeune carrière, il marque des buts à une cadence 50 % plus élevée en séries qu’en saison.
« Quelqu’un devait se lever et faire un jeu. C’est ce qui est arrivé », a commenté l’entraîneur-chef Rod Brind’Amour lors de son point de presse d’après-match, que La Presse a suivi de Montréal.
Il y a aussi les Hurricanes eux-mêmes, en tant qu’équipe, qui se sont levés, apparemment transformés par ce but. Mark Jankowski a créé l’égalité 86 secondes plus tard, et soudain, on a revu l’équipe qu’on connaissait. Celle qui a fait tant de mal aux Sénateurs d’Ottawa, aux Flyers de Philadelphie et au Canadien de Montréal, et celle qui avait amorcé le premier match de la finale en puissance avant que les Knights aient semblé avoir trouvé des solutions à leur pression.
L’autre réveil a été celui de l’avantage numérique. Contre le Canadien, il s’est agi du seul département dans lequel les Ouragans avaient réellement peiné (2 en 19). Ça ne s’était pas bien amorcé mardi contre Vegas (0 en 2), et ça n’allait pas mieux avec cinq minutes à jouer en troisième période jeudi (0 en 2, avec un seul tir cadré).
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Mark Jankowski (77) célèbre son but.
Une occasion en or s’est présentée, et cette fois, les Hurricanes ne l’ont pas ratée. C’est plutôt la manière dont elle s’est présentée qui a marqué les esprits…
But refusé
Avec une marque de 2-2, les Knights ont cru s’être de nouveau emparés de l’avance lorsqu’Ivan Barbashev a saisi son retour de tir à la suite d’un arrêt quasi miraculeux de Frederik Andersen. L’arbitre posté derrière le filet n’a pas hésité un instant : pas de but.
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Le but refusé d’Ivan Barbashev (49) des Goldens Knights
Le gardien, en effet, semblait avoir immobilisé la rondelle, et on peut même se demander si l’officiel n’avait pas sifflé avant que l’objet franchisse la ligne rouge.
Or, John Tortorella, entraîneur-chef des Knights, a contesté le verdict. Un choix osé s’il en est, puisque son club allait être pénalisé s’il perdait son pari. Et c’est exactement ce qui s’est passé.
Dans une courte communication écrite, la ligue a rappelé que la décision sur la glace ne sera infirmée que s’il est déterminé de manière « irréfutable » qu’elle n’était pas la bonne. Après une révision vidéo étonnamment longue dans les circonstances, on a donné tort au vétéran pilote, jugeant que Barbashev avait commis de l’obstruction sur Andersen – ce qui n’est pas forcément évident sur la séquence non plus, mais bon…
Dans tous les cas, l’avantage numérique des Canes en a profité pour se réveiller, et Jordan Staal a lancé les chandails noirs en avance. Un but tardif de Mark Stone a envoyé tout le monde en prolongation, puis l’attaque à cinq locale a eu une autre chance de s’illustrer, après que Tomas Hertl eut rendu la vie facile aux arbitres en faisant trébucher Staal sous leurs yeux.
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Mark Stone (61) des Golden Knights envoie son équipe en prolongation.
Cette fois, c’est Seth Jarvis qui a joué les héros en battant Carter Hart d’un tir sur réception qui a figé le quatuor défensif de Vegas.
Après coup, Tortorella, qui n’est pas réputé pour s’épancher sur ses regrets, a insisté sur le fait qu’il contesterait la même séquence « dix fois sur dix ». « J’ai vu une rondelle libre devant [Andersen], notre joueur l’a frappée, ça n’a pas affecté le gardien et la rondelle a passé la ligne », a-t-il résumé au cours d’une adresse aux journalistes qui a duré moins de deux minutes.
Voilà pour sa vérité, comme le dirait son dauphin Martin St-Louis. Une autre vérité, c’est que même s’ils ont eu chaud, les Hurricanes ont repris le plein contrôle de leur destinée. Si on a pu croire pendant un instant que la série serait plus courte qu’on n’avait pu l’imaginer, il semble désormais clair que la bataille sera longue.




