Guerre en Ukraine | Poutine refuse la proposition de rencontre de Zelensky

(Saint-Pétersbourg et Kyiv) Le président Vladimir Poutine a rejeté vendredi l’idée d’une rencontre en tête-à-tête proposée par son homologue ukrainien tant qu’un accord final n’aura pas été négocié en amont pour mettre fin à la guerre en Ukraine.
Publié à
6 h 19
Mis à jour à
13 h 44
« Je ne vois pas l’intérêt d’une rencontre. Cela n’a d’intérêt que pour la partie ukrainienne afin d’arrêter l’avancée de nos forces armées », a affirmé M. Poutine depuis le Forum économique international, où il était attendu sur les difficultés économiques rencontrées par son pays sanctionné par les Occidentaux à cause du conflit en Ukraine, dans lequel le front est en réalité en grande partie figé.
Le président russe répondait à une question sur la proposition de son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky d’une rencontre en tête-à-tête afin de négocier une sortie du conflit, faite la veille dans une lettre ouverte.
« L’Ukraine propose de mettre fin à cette guerre via un contact direct entre vous et nous. Je propose une rencontre », y a écrit Volodymyr Zelensky.
PHOTO TETIANA DZHAFAROVA, AGENCE FRANCE-PRESSE
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky
Le président ukrainien a réagi dans la soirée aux déclarations de M. Poutine, affirmant que « la partie russe a encore choisi la guerre ».
« Tout le monde a entendu la réponse d’aujourd’hui. Une réponse faible. Il ne veut tout simplement pas mettre fin à la guerre », a-t-il critiqué dans un message sur les réseaux sociaux.
« Un jour »
La guerre en Ukraine, entrée dans sa cinquième année, a fait des centaines de milliers de morts et des millions de réfugiés, et causé des dégâts immenses, particulièrement dans l’est de l’Ukraine partiellement sous contrôle de Moscou.
Selon le président russe, « les hostilités prendront fin un jour », lorsque la Russie aura « atteint les objectifs » qu’elle s’est fixés.
PHOTO ANASTASIA BARASHKOVA, REUTERS
Le président russe, Vladimir Poutine
Le pouvoir russe exige du gouvernement ukrainien des concessions politiques et territoriales, notamment un retrait complet de la région de Donetsk, dans l’Est. Des exigences rejetées par Kyiv, qui les assimile à une capitulation.
Pour sa part, l’Ukraine demande de longue date un cessez-le-feu prolongé pour favoriser des négociations. Mais Moscou rejette cette idée, arguant, entre autres, qu’une pause plus longue permettrait à l’armée ukrainienne de se renforcer.
Ces derniers mois, plusieurs cycles de négociations sous l’égide des États-Unis n’ont pas réussi à rapprocher les belligérants d’un accord pour arrêter les combats, le processus s’enlisant davantage à mesure que l’attention de Washington s’est déplacée vers l’Iran.
Le président russe a rejeté l’idée d’une rencontre avec son homologue ukrainien tant qu’un accord n’aura pas été finalisé au préalable, rejetant toute négociation entre les deux hommes.
Il faut « laisser les spécialistes travailler, développer des solutions, et ensuite nous pouvons nous rencontrer », a dit M. Poutine, tout en appelant les troupes russes sur le front à continuer les combats.
Le président Zelensky souligne qu’une rencontre entre les deux chefs d’État est indispensable pour négocier les points les plus épineux, dont la question territoriale.
Sept morts dans des frappes russes
Au moins sept personnes ont été tuées vendredi dans des frappes russes sur plusieurs régions d’Ukraine, dont sur une entreprise fabriquant des produits laitiers pour enfants près de Kyiv, ont annoncé les autorités locales.
PHOTO SERVICES D’URGENCE UKRAINIENS, FOURNIE PAR L’AGENCE FRANCE-PRESSE
Sur cette photo fournie et diffusée par les services d’urgence ukrainiens le 5 juin 2026, des secouristes ukrainiens interviennent sur le site d’une attaque aérienne dans un lieu non divulgué de la région de Kyiv.
Dans le district de Brovary, dans la région de la capitale ukrainienne, « quatre personnes ont été tuées et quatre autres blessées à la suite de l’attaque menée ce matin par la Russie », a indiqué sur Telegram le service ukrainien des situations d’urgence.
« Un bâtiment administratif d’une usine agroalimentaire a été pris pour cible », a-t-il ajouté, publiant des photographies montrant une structure éventrée avec l’enseigne de la marque de produits laitiers pour enfants appartenant à un gros producteur national.
« L’opération de secours est toujours en cours », a ajouté le parquet régional dans un communiqué. « Des personnes pourraient encore se trouver sous les décombres », a-t-il ajouté.
Au cours de la nuit, d’autres frappes russes avaient fait deux morts dans les régions méridionales de Zaporijjia et de Kherson et un autre dans celle de Dnipropetrovsk (Centre-Est), ont indiqué leurs autorités respectives.
Selon l’armée de l’air ukrainienne, la Russie a tiré au cours de la nuit 2 missiles et 216 drones longue portée, dont 198 ont été abattus.
Le ministère russe de la Défense a lui rapporté avoir abattu 123 drones ukrainiens au cours de la même période, y compris au-dessus de la région de Moscou.
PHOTO SERVICES D’URGENCE UKRAINIENS, FOURNIE PAR L’AGENCE FRANCE-PRESSE
Une frappe a été menée sur une entreprise fabriquant des produits laitiers pour enfants près de Kyiv, ont annoncé les autorités locales.
Échange de prisonniers
L’Ukraine et la Russie ont procédé vendredi à un nouvel échange de prisonniers de guerre impliquant 185 personnes dans chaque camp, ont annoncé Moscou et Kyiv.
PHOTO ALINA SMUTKO, REUTERS
Des prisonniers de guerre ukrainiens descendent d’un autobus après un échange dans un lieu tenu secret en Ukraine, le 5 juin 2026.
« 185 militaires russes ont été rapatriés depuis le territoire contrôlé par le régime de Kyiv. En échange, 185 prisonniers de guerre des forces armées ukrainiennes ont été remis », a indiqué le ministère russe de la Défense dans un communiqué, précisant que les Émirats arabes unis ont servi de médiateurs.
Selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky, les militaires revenus en Ukraine sont « des combattants des forces armées, de la garde nationale, du service des gardes-frontières ». Un civil est aussi revenu.
Certains se trouvaient en captivité depuis 2022, soit le début de la guerre en Ukraine, a précisé M. Zelensky.
Ce domaine est l’un des derniers secteurs de coopération entre la Russie et l’Ukraine, et le seul résultat tangible des négociations entre les deux pays.




