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Accidents impliquant des aînés: «on ne peut pas rester les bras croisés»

L’enquête policière n’a pas encore révélé les causes de la tragédie, mais celle-ci s’ajoute à un bilan de plus en plus lourd: les accidents mortels impliquant des aînés (65 ans et plus) ont explosé dans la région de Québec au cours des dernières années.

Selon les données de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), ils sont passés de quatre en 2023, à sept en 2024, avant de grimper à 22 en 2025 — une hausse de 450 % en deux ans.

«C’est vraiment une grosse augmentation. Il y a une tendance à la hausse dans les dernières années et il va falloir s’interroger là-dessus», réagit Simon-Pierre Poulin, porte-parole de la SAAQ.

La tendance est observée à la grandeur de la province, mais elle est particulièrement marquée sur les routes de la capitale. «Le gros de l’augmentation c’est vraiment dans la ville de Québec et plus spécifiquement dans les zones de 50 km/h», détaille le porte-parole.

Ces données de la SAAQ incluent tout accident dans lequel un aîné est impliqué, que ce soit comme instigateur ou comme victime.

La plupart de ces collisions sont causées par des «erreurs humaines», selon la SAAQ, comme la distraction, la vitesse ou l’alcool. Les malaises et les problèmes cognitifs peuvent aussi mener à des accidents.

Des preuves médicales à 80 ans

Au Québec, les conducteurs de 80 ans et plus doivent fournir une preuve médicale de leur aptitude à conduire tous les deux ans.

Le règlement concernait autrefois les conducteurs de 75 ans et plus, mais l’âge a été repoussé en 2021, à la suite d’une diminution des accidents impliquant les aînés entre 2015 et 2020.

«Quand on a fait l’analyse, on a constaté que nos aînés sont plus en forme, plus longtemps, plus vieux. La règlementation a été modifiée en conséquence», explique Simon-Pierre Poulin.

Maintenant, les citoyens de plus de 75 ans doivent plutôt déclarer leur état de santé chaque année à l’aide d’un formulaire qu’ils peuvent remplir eux-mêmes, sans évaluation médicale.

Toutefois, les récentes hausses des accidents relancent la réflexion sur l’âge minimum de vérification médicale obligatoire. «On regarde le bilan routier. On a vu une augmentation de décès chez les aînés, non seulement chez les piétons, mais surtout chez les occupants des véhicules. On ne peut pas rester les bras croisés», affirme M. Poulin.

Plusieurs pistes

Les preuves médicales pourraient donc être exigées plus tôt dans le futur. «Pour beaucoup d’aînés, la conduite, c’est leur autonomie. Mais si on voit une tendance toujours à la hausse, ça pourrait être évalué», indique le porte-parole de la SAAQ.

Des résidents de Beauport rencontrés mardi lors d’un hommage au cycliste de 11 ans happé la veille estiment que des attestations médicales devraient être obligatoires dès 70 ans.

Toutefois, d’autres solutions peuvent être explorées avec la Ville de Québec avant cette mesure, soulève Simon-Pierre Poulin, comme une augmentation de la surveillance policière et une reconfiguration des endroits accidentogènes.

«Si on est capable de les nommer, de cartographier et d’avoir une implication plus concrète de la police, ça pourrait aider à renverser la tendance», estime Simon-Pierre Poulin.

«Avant d’imposer un fardeau règlementaire et un poids sur le réseau de la santé, on va évaluer toutes nos options», ajoute-t-il.

Un frein

Surtout que plusieurs aînés peinent déjà à obtenir des attestations médicales, selon M. Poulin. «Un des plus gros enjeux qu’on voit, c’est l’accès aux médecins. Beaucoup de gens n’ont pas de médecin de famille», soulève-t-il.

Lorsqu’ils n’arrivent pas à obtenir une consultation à temps, les conducteurs de 80 ans et plus peuvent obtenir un délai de courtoisie. Les professionnels de la santé sont également tenus de signaler à la SAAQ tout problème de santé chez leurs patients qui peuvent influencer leur aptitude à conduire.

Simon-Pierre Poulin rappelle aux citoyens qui ont des proches plus âgés qu’il est important de rester vigilants. «Si vous avez des doutes sur la capacité de conduire d’un proche, un formulaire anonyme peut être rempli. Avec la SAAQ, on va faire des vérifications», assure-t-il.

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