Les médecins spécialistes rejettent l’offre «finale» de Québec et la qualifie de «déclaration de guerre»

Québec a présenté une offre «globale et finale» aux fédérations médicales, mercredi, assortie de 190 millions$ pour l’ajout de ressources. «De l’argent recyclé», disent les médecins spécialistes, qui y voient «une déclaration de guerre».
Le gouvernement Legault avait accordé à peine 24 heures pour répondre à sa nouvelle proposition.
La réplique est venue de la bouche de l’ex-premier ministre Lucien Bouchard. «On a reçu ce matin une proposition qui est une déclaration de guerre, qui est un ultimatum», a dénoncé celui qui est désormais négociateur pour la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ).
À ses côtés, le président de la fédération a également rejeté la main tendue de Québec.
Dans une ultime tentative pour éviter l’affrontement, il propose un arbitrage non exécutoire.
«On demande qu’il y ait quelqu’un d’expérience […] qui fasse des recommandations claires en tenant compte de l’ensemble des arguments qui sont apportés», a déclaré le Dr Vincent Oliva.
La Fédération des omnipraticiens du Québec n’a pas souhaité réagir.
190 millions$
En matinée, le gouvernement Legault a mis sur la table 190 millions$ annuellement pour s’entendre avec les deux fédérations médicales.
Ainsi, 50 millions$ serviraient à embaucher jusqu’à 500 professionnels de la santé, comme des infirmières et des travailleurs sociaux.
Les sommes, explique-t-on, proviennent de l’enveloppe du Guichet d’accès à la première ligne, voué à disparaître.
Blocs opératoires
Un autre montant de 100 millions$ est proposé pour permettre une plus grande disponibilité des salles d’opération, notamment avec l’ajout de huit blocs opératoires.
À Québec, on estime que la mesure permettra de pratiquer environ 30 000 chirurgies de plus chaque année.
Mais la FMSQ affirme que l’argent provient des économies qu’elle a elle-même consenties à travers l’Institut de la pertinence des actes médicaux en 2019.
Finalement, 40 millions$ est prévu annuellement, sur 10 ans, pour optimiser le centre des répartitions des demandes en spécialités.
Négos difficiles
Les négociations entre Québec et les deux fédérations médicales sont au point mort depuis la semaine dernière.
Tant les omnipraticiens que les spécialistes dénoncent la volonté de lier 15% de leur rémunération à l’atteinte de cibles de performance, tel que prévu dans le projet de loi 106.
Cette mesure a fait achopper les négociations qui se déroulent, en parallèle, pour renouveler leur accord-cadre.
Tout en s’opposant au principe, la FMOQ et la FMSQ soulignent, depuis plusieurs semaines, l’absence de ressources supplémentaires pour atteindre ces objectifs.
Rémunération
Par ailleurs, Québec souhaite aussi lier la rémunération des hauts dirigeants de Santé Québec (présidente, VP et PDG) à l’atteinte des cibles établies pour les médecins.
Il s’agissait d’une autre doléance des fédérations médicales.
Le gouvernement Legault s’engage également à geler le règlement sur le mode de rémunération des médecins pendant deux ans.
Ainsi, le pourcentage de 15% lié à des cibles de performance demeurerait inchangé durant cette période.
Urgence d’agir
Lors d’une brève mêlée de presse, le ministre de la Santé a déclaré qu’il y a présentement «urgence d’agir».
«Je pense que c’est le temps pour les deux fédérations de bien considérer les avancées que nous avons faites, autant durant les négociations que dans le sprint de médiation», estime Christian Dubé.



