Bye bye 2025 | Un très bon Bye bye de transition

Une enfilade de sketchs courts et punchés, moins de gros effets spéciaux, plus de perruques et de prothèses siliconées, des imitations réussies ainsi que des médailles d’or à Pierre-Yves Roy-Desmarais et Anne Dorval, le Bye bye 2025 a été juste assez nono et rigolo, pas trop méchant, ce qui a assuré une douce transition entre l’ancienne garde et la nouvelle, qui a pris les rênes de la populaire revue de fin d’année de Radio-Canada.
Publié hier à
15 h 32
Et ça paraissait que les auteurs principaux de ce Bye bye 2025, Suzie Bouchard (Gâtées pourries) et Julien Corriveau (Les Appendices), qui ont succédé à la troupe de Simon-Olivier Fecteau après neuf ans aux commandes, aiment la culture populaire et y baignent : leur émission de 49 minutes a été truffée de références à des téléréalités très connues et à de gros films à succès, qui ont été croisées avec des éléments d’actualité, une technique efficace et éprouvée.
Cette émission compacte a été clippée et nerveuse pour éviter de larguer des téléspectateurs qui n’auraient pas toutes les références, les fameuses « refs ». La parodie des « documentaires » Luc le milliardaire ? et Vie$ de rêve, rebaptisée Luc le plein de cash, a débouché sur les meilleures imitations de la soirée, à commencer par Luc Poirier lui-même, dont Stéphane Rousseau a reproduit le rire niais à la perfection.
PHOTO FOURNIE PAR RADIO-CANADA
Anne Dorval dans le rôle d’Isabelle Gauvin
En Pierre-Yves McSween, Pierre-Yves Roy-Desmarais a été bluffant, c’était hallucinant. Même constat pour Anne Dorval dans les vêtements à logos criards de l’épouse Isabelle Gauvin : elle a repris chacun de ses tics charmants (ou pas) avec un souci du détail épatant.
D’ailleurs, Anne Dorval a brillé à chacune de ses apparitions mercredi soir. Elle a lancé la soirée dans la peau d’une France Beaudoin ultra investie à la barre d’En direct du 50e Bye bye avec Mariana Mazza (Sinem Kara), le hockeyeur Ivan Demidov (Pierre-Yves Roy-Desmarais) et le premier ministre Mark Carney (Stéphane Rousseau).
Les pots-pourris super rapides, les artistes nichés, Luce Dufault (Katherine Levac), les hommages éclairs aux disparus et Antoine Bertrand en choriste principale, tout ça a filé à la vitesse de l’éclair dans nos écrans. Du bonbon.
La fusion entre Les traîtres et le scandale SAAQclic a été un sapré bon flash. Kim Lévesque-Lizotte en Geneviève Guilbault, Pierre-Yves Roy-Desmarais en Éric Caire et Christian Bégin en François Legault, tout fonctionnait, sans oublier les tenues de plus en plus impossibles de Karine Vanasse, campée par une Anne Dorval vêtue d’une housse à barbecue.
À l’inverse, le maillage entre OD Chypre et la crise humanitaire à Gaza n’a pas été aussi efficace. Sur papier, l’idée marchait. À l’écran, on ne faisait que rire des excellentes imitations de Cindy la « polyplotte » (Katherine Levac), Deymien le barbu (Patrick Emmanuel Abellard) et Arnaud le goûteur (Stéphane Rousseau) et on se fichait pas mal de la présence de l’activiste Greta Thunberg (Mégan Brouillard) en route vers la Palestine. Et le gag de Boules de nuit ne vieillira jamais.
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Virginie Fortin, méconnaissable, dans le rôle d’Éric Lapointe
Virginie Fortin a eu son moment de gloire dans le faux documentaire sur Éric Lapointe, qui se gâtait dans le CBD et le café au fond de sa taverne d’Ali Baba. Le pastiche musical du mâle alpha et de la « trad wife » a aussi visé au centre de la cible.
Après un premier bloc très fort, la drôlerie a légèrement diminué avec Paul St-Peter-Pan (Pierre-Yves Roy-Desmarais), qui a été racheté par les apparitions surprises d’Yves Jacques en Capitaine Crochet Bouchard et de l’écrivaine Kim Thúy.
Dans la (moyenne) comédie musicale sur Donald Trump (Antoine Bertrand, qui a été sous-utilisé), j’aurais pris davantage de Melania Trump, qu’Anne Dorval ne rate jamais.
Le bout sur « Québec solitaire », où Stéphane Rousseau a incarné Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois, a été corrosif et baveux comme on aime. Mention spéciale à Fabien Cloutier en Sol Zanetti le saltimbanque.
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Katherine Levac dans le rôle d’Éric Duhaime
Le conte du petit Éric Duhaime aux allumettes a été correct, sans plus. En fait, Katherine Levac y ressemblait davantage à Peter Pan qu’au chef du Parti conservateur du Québec.
La bande-annonce fictive du prochain James Bond de Denis Villeneuve renfermait une foule de références québécoises bien précises, dont le Rateau de Jean-Michel Anctil et la tente à cul de Loft Story, et ça valait la peine de la visionner deux fois pour toutes les attraper.
Le faux film Menteuses, avec Guy A. Lepage en Gilbert Rozon, est tombé à plat. Tout comme Mike chez RONA et le premier ministre ontarien Doug Ford (Antoine Bertrand) qui courtisait les médecins québécois.
Par contre, c’était délicieux de voir De marde 24/7 à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont avec le très cerné Dr François Marquis (Stéphane Rousseau) et l’ex-ministre Christian Dubé (Antoine Bertrand). Encore ici : mariage réussi entre un sujet chaud et une émission grand public.
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Patrick Emmanuel Abellard dans le sketch sur la K-pop
Évidemment, impossible de passer à côté de la bombe planétaire Golden du film Les guerrières de la K-pop, reprise par Rafaëlle Roy et Patrick Emmanuel Abellard. On a tous viré sur le top avec la K-pop et les crop-tops en 2025.
Dans la vignette sur la SAQ, on a reconnu la signature des jeux de mots classique d’Arnaud Soly avec la Tequiloud, la Bière-Luc Funk et la Charlotte Sambucardin. Merci pour ça.
Le segment sportif avec BMP Sports, Jici en libarté et KAO Sports a été du pur délire, notamment avec Louis Morissette (Arnaud Soly) évaché dans son fauteuil et le très explosif José Théodore (Pierre-Yves Roy-Desmarais) qui hurle dans son micro.
Ce Bye bye 2025 a été nettement supérieur à celui de l’an dernier. L’arrivée d’une nouvelle cuvée de scénaristes et de réalisateurs a rafraîchi la formule, sans la dénaturer. Avec un peu plus de mordant et de piquant l’an prochain, on se rapprochera certainement d’une recette classique, avec toujours une Anne Dorval en accompagnement, s’il vous plaît.




