Revendications de Donald Trump | Mark Carney défend l’intégrité territoriale du Groenland

(Ottawa) Le premier ministre Mark Carney affirme que « l’intégrité territoriale du Danemark, notamment du Groenland » doit être respectée conformément au droit international, rejetant du même coup les prétentions du président américain Donald Trump qui soutient que le Groenland doit faire partie des États-Unis.
Publié à
11 h 19
De passage à Paris, où il participe à un sommet sur l’avenir de l’Ukraine, M. Carney a ainsi endossé une déclaration sans équivoque des leaders européens dans laquelle ils accordent leur soutien au Danemark face aux revendications territoriales du locataire de la Maison-Blanche.
Mark Carney a d’ailleurs rencontré la première ministre du Danemark, Mette Frederiksen, avant de participer à la réunion de la Coalition des volontaires dans la capitale française.
« Le premier ministre Carney a rappelé le soutien du Canada à la souveraineté et à l’intégrité territoriale du Danemark, notamment du Groenland, lesquelles doivent être respectées conformément au droit international. Le premier ministre a affirmé que le Canada appuie la déclaration commune que les dirigeants du Danemark et de l’Europe ont faite aujourd’hui au sujet du Groenland », a indiqué le bureau du premier ministre dans un compte rendu diffusé après la rencontre avec son homologue danoise.
« L’avenir du Groenland appartient au Groenland et au Danemark. Le Canada continuera de collaborer avec le Danemark, le Groenland et d’autres partenaires dans le cadre de notre responsabilité commune à l’égard du renforcement de la sécurité et de la résilience dans l’Arctique », ajoute le bureau du premier ministre dans la déclaration.
Après la publication de cette déclaration du premier ministre, la ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, a fait savoir que le Canada va ouvrir sous peu un consulat dans la capitale du Groenland.
« En tant que nation arctique, le Canada continue de jouer un rôle de chef de file dans la défense et la protection de l’Arctique, en collaboration avec les peuples autochtones et les autres pays de l’Arctique. C’est le cœur de notre politique étrangère pour l’Arctique et la raison d’être de l’ouverture officielle d’un consulat canadien à Nuuk, au Groenland, dans les prochaines semaines », a annoncé la cheffe de la diplomatie canadienne.
Mme Anand compte se rendre au Groenland pour l’ouverture officielle de ce nouveau consulat « dans les prochaines semaines » – un geste qui, selon elle, se veut un appui « à la souveraineté et à l’intégrité territoriale du Danemark, y compris du Groenland. »
Le président des États-Unis Donald Trump a provoqué une commotion dimanche soir en réaffirmant son souhait de voir le Groenland passer sous la coupe américaine.
M. Trump a évoqué à nouveau cette menace après avoir ordonné une intervention militaire au Venezuela qui a mené à la capture spectaculaire du président Nicoas Maduro. En fin de semaine, le président a dit vouloir exploiter les vastes ressources pétrolières du pays et a par la suite ravivé les craintes pour le Groenland, qui dispose d’importantes ressources minières et représente un emplacement stratégique.
« Nous avons besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale, et le Danemark ne sera pas en mesure de s’en occuper, a déclaré le président américain aux journalistes à bord d’Air Force One dimanche soir.
« Nous nous occuperons du Groenland dans environ deux mois… parlons du Groenland dans 20 jours, a-t-il ajouté.
Les réactions des leaders européens ont été vives. Plus tôt en journée, mardi, la France, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne, l’Espagne et le Royaume-Uni ont déclaré leur soutien au Danemark face aux revendications de Donald Trump sur le Groenland.
« Il revient au Danemark et au Groenland, et à eux seuls de décider des questions concernant le Danemark et le Groenland », ont déclaré les dirigeants européens, soulignant que le royaume fait « partie » de l’OTAN comme les États-Unis, eux-mêmes liés à Copenhague par un accord de défense.
« Le Royaume du Danemark – y compris le Groenland – fait partie de l’OTAN. La sécurité dans l’Arctique doit donc être assurée collectivement, en coopération avec les alliés de l’OTAN, y compris les États-Unis », affirment-ils dans une déclaration publiée notamment par la chancellerie allemande.
Selon Emmanuel Macron, Friedrich Merz, Giorgia Meloni, Donald Tusk, Pedro Sanchez, Keir Starmer et Mette Frederiksen, cette coopération doit respecter « les principes de la Charte des Nations unies, notamment la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’inviolabilité des frontières ».
« Ce sont des principes universels, et nous ne cesserons pas de les défendre », ajoutent les dirigeants des principaux pays européens.
Avec l’Agence France-Presse




